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MASSACRE DE TOURISTES FRANÇAIS ET LEURS GUIDES AU NIGER

La rançon du goût du risque

Huit personnes dont six touristes français ont été tuées, le 9 août dernier, à Kouré, au Niger. L’attaque, dit-on, serait intervenue vers 11h30 dans une zone qui abrite les derniers  troupeaux de girafes d’Afrique de l’Ouest, située à une centaine de kilomètres de Niamey, la capitale. Selon des témoins, la plupart des victimes ont été abattues par balles et une femme, dit-on, qui avait réussi à prendre la poudre d’escampette, a été rattrapée et égorgée sans autre forme de procès. Une véritable boucherie humaine, s’il en est, qui n’est pas sans rappeler les autres atrocités commises par les groupes  armés au Niger où plus de 80 soldats avaient péri dans une attaque, en décembre 2019. C’est la preuve donc pour ceux qui en doutaient encore, qu’en dépit de sa voilure réduite, Boko Haram, puisque c’est vers ce mouvement islamiste insurgé que se tournent les regards, dispose toujours d’une capacité de nuisance redoutable et qu’il serait périlleux pour les dirigeants de la sous-région, de dormir sur leurs lauriers. Car, il y va même de la survie de leurs pays respectifs. En tout cas, cette nouvelle orgie sanglante doit sonner davantage la mobilisation des forces et ce, aussi bien au niveau des pays du G5 Sahel que de leurs partenaires, en l’occurrence la France à qui les terroristes veulent à tout prix faire payer un lourd tribut pour son engagement dans la bande sahélo-saharienne.

Le nouveau patron de Barkhane a compris qu’il a du pain sur la planche

 

Rappelons que le drame de Kouré intervient au moment où un changement a été opéré à la tête de la Force Barkhane. En effet, le général de division, Pascal Facon, a transmis, le 3 août dernier, le bâton de commandement à un autre général de division, en l’occurrence Marc Conruyt. Pour un comité d’accueil  sanglant, c’en est un. Car, le nouveau patron de Barkhane a, dès lors, compris qu’il a du pain sur la planche et que sa mission est loin d’être une partie de plaisir. Avec 5 100 hommes, il sait désormais à quoi s’attendre ; tant l’ennemi d’en face est imprévisible et use constamment de méthodes perfides pour ne pas dire lâches. Cela dit, quand on sait que la zone de Kouré où a eu lieu cette nouvelle attaque, était classée orange et que le Quai d’Orsay avait déconseillé aux Français de s’y rendre, on a envie de se demander ce qu’y étaient allés chercher ces touristes français. S’agissait-il d’un simple goût du risque ? Assurément, oui puisque les Occidentaux sont coutumiers du fait si bien qu’en dépit de l’insécurité ambiante, certains ne respectent pas toujours les consignes de sécurité surtout quand il sont en safari, compliquant parfois la tâche à leurs dirigeants.  

 

B.O

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