Mis en examen de Vincent Bolloré

Mis en examen de Vincent Bolloré

Ça coince pour la 10e fortune de la France

Après une garde à vue prolongée, le richissime homme d’affaires français, Vincent Bolloré a été finalement mise en examen, le mercredi 25 avril, sans contrôle judiciaire dans l’affaire de corruption concernant les activités portuaires du groupe Bolloré en Afrique notamment à Lomé au Togo et à Conakry en Guinée. Alors que d’aucuns, comme souvent c’est le cas en Afrique, présageaient le scénario d’une justice aux ordres qui allait aboutir à une relaxe pure et simple de l’homme d’affaires breton eu égard à son influences dans les milieux politiques français et compte tenu du fait que les faits sont supposés se passer dans des pays africains, voilà que les juges financiers Serge Tournaire et Aude Buresi se sont montrés plutôt intraitables. Ainsi donc, depuis hier 25 avril, la 10e fortune de la France a quitté les bureaux de police judiciaire de Nanterre pour désormais chercher à se disculper auprès du juge d’instruction. Certes, une mise en examen ne conduit pas obligatoirement à une condamnation, ni même à un procès. Mais il faut dire que les choses se compliquent pour l’industriel Bolloré en ce sens qu’il est mis en examen, c’est qu’il existe des indices graves ou concordants. Si le groupe Bolloré, en réagissant à cette mise en examen, parle « d’accusations infondées », c’est peu de dire que le puissant homme d’affaires sortira sonné  de cette affaire qu’elle qu’en soit l’issue.

Nous sommes en Afrique où l’esprit servile et la mentalité du colonisé n’ont pas encore totalement disparu, plus de 50 ans après les indépendances

Par ailleurs, il n’est pas aussi exclu que cette affaire n’éclabousse beaucoup plus de chefs d’Etat africains quand on sait le groupe Bolloré est présent dans 35 pays du continent. Toujours est-il que cette affaire de corruption a des relents des relents de néocolonialisme, et restera encore prégnante en Afrique, en tout cas, aussi longtemps que nos pays seront dirigés par des roitelets qui doivent leur trône à la puissance financière et à l’entregent de la multinationale française. Dans certains cas, la redevabilité est telle que des chefs d’Etat ultra-nationalistes dans leurs discours, se sont cru obligés d’avouer publiquement leurs relations amicales avec les patrons de Bolloré, sans se soucier de l’aspect ridicule de leurs déclarations et du doute qu’ils pourraient jeter sur la transparence de leur gestion des affaires. Mais, bon, nous sommes en Afrique où l’esprit servile et la mentalité du colonisé n’ont pas encore totalement disparu, plus de 50 ans après les indépendances. Dans les pays occidentaux où la démocratie n’est pas une vue de l’esprit, s’acoquiner avec des hommes d’affaires, fussent-ils riches et honnêtes, peut être préjudiciable, surtout pour les hommes politiques. L’ancien président français, Nicolas Sarkozy, qui avait commis l’imprudence d’aller en vacances à bord d’un yacht affrété par Vincent Bolloré, le patron du groupe éponyme, en avait eu pour son compte. Mais ici, la cupidité et le secret espoir que nos hommes politiques au pouvoir ou dans l’opposition caressent de se voir adouber par la France à travers les multinationales qui sont devenues le visage hideux de la (re)colonisation du continent, sont si grands que personne ne veut dénoncer les financements occultes et autres soutiens aux dictateurs. Le salut pourrait peut-être venir des sociétés civiles et des mouvements des jeunes de plus en plus clairvoyants et avisés sur la nécessité de mettre fin à l’appauvrissement moral et économique du continent par des entités peu soucieuses de l’avenir du continent et pour qui « l’argent n’a pas d’odeur ».

Le Pays

  

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