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MISE EN PLACE DU GOUVERNEMENT SOUDANAIS:Seuls doivent compter les intérêts du peuple

Après la mise en place du Conseil souverain composé de 11 membres, un gouvernement constitué de 14 ministres a été installé avec pour mission principale de conduire le processus de transition au Soudan. Ce gouvernement civil, à effectif réduit, est une première au Soudan et pourrait traduire la volonté des dirigeants actuels d’aller à l’essentiel. Ce qui est une bonne chose en soi, quand on sait que sous d’autres cieux, en l’occurrence en République démocratique du Congo (RDC), on a un gouvernement d’une soixantaine de ministres. Mais sitôt mis en place, le gouvernement soudanais fait l’objet de contestation. En effet, des groupes armés rejettent l’accord sur la transition et ont constitué un front commun en vue d’une négociation avec Karthoum. Les différentes factions se sont retrouvées la semaine dernière à Juba, au Soudan du Sud, afin de discuter du processus de paix dans les Etats du Darfour, du Kordofan et du Nil bleu au Sud du pays.

Selon ces groupes armés, un point qu’ils considèrent primordial, c’est le fait qu’ils se sont mis d’accord pour parler d’une seule voix autour de la table de négociations avec les autorités de la transition. Mohammed Zakaria, le porte-parole du Front révolutionnaire soudanais, qui rassemble plusieurs factions présentes à ces discussions, a estimé cela « très important, car c’est le moment d’engager le dialogue avec les autorités de la transition pour sortir définitivement des crises au Soudan ». Et de poursuivre : « Nous voudrions dialoguer sur les problèmes du Darfour, sur le partage des richesses, sur la participation aux différents niveaux de gouvernement. Tous les Soudanais ont participé à la révolution, et tous les Soudanais devraient participer de manière égale à la construction du futur Soudan. » Face à cette nouvelle, les autorités actuelles du Soudan accepteront-elles de négocier avec ces groupes armés ? Rien n’est moins sûr.

La mise en place des organes de la transition a lieu au moment où s’est ouvert le procès de Omar el-Béchir

En tout cas, l’on a envie de dire que les autorités de la transition soudanaise ont du pain sur la planche, tant elles ont de nombreux défis à relever. Ces défis pourraient se situer à trois niveaux : la pacification du territoire, la relance de l’économie qui est loin d’être florissante et la mise en place des bases d’une réelle démocratie. Pourront-elles se montrer à la hauteur de la tâche à accomplir? En tout état de cause, seuls doivent compter les intérêts du peuple soudanais.

Coïncidence ou pur hasard de calendrier, l’on fait le constat que la mise en place des organes de la transition a lieu au moment où s’est ouvert le procès de l’ex-président Omar el-Béchir inculpé pour possession illégale et utilisation frauduleuse de fonds étrangers. L’ex- président encourt, selon le juge, jusqu’à 13 ans de prison. Rappelons que Béchir est également accusé de meurtres commis lors des manifestations contre son régime, qui avaient débuté en décembre dernier. La date de ce procès n’a pas encore été annoncée. On n’oublie pas que les nouvelles autorités de Khartoum n’ont jusque-là pas exprimé la volonté de transférer l’ancien président à la Cour pénale internationale (CPI) qui entend le poursuivre pour crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au Darfour.

Kiswendsida Fidèle KONSIAM

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