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MONTEE DES REVENDICATIONS NATIONALISTES EN ETHIOPIE

Abiy Ahmed victime de sa politique de libéralisation

Après la tentative de coup d’Etat qui avait coûté la vie au chef d’Etat-major et au président de la région d’Amhara, la violence a repris ses droits en Ethiopie. En effet, entre le 18 et 22 juillet 2019, au moins 18 personnes ont été tuées dans des manifestations réprimées par l’armée. Tout a commencé lorsque les Sidamas ont décidé d’envahir la rue, déterminés à faire entendre leur cause : former une province indépendante autonome au sein de la fédération éthiopienne. Du reste, un référendum devait, en principe, être organisé dans les cinq mois à venir pour décider si oui ou non la nation Sidama deviendrait un nouvel Etat. Selon la Constitution éthiopienne, si une nation formule une telle demande, le référendum doit être organisé au plus tard un an après. Et dans le cas d’espèce, la date butoir était le 18 juillet. Mais quelques heures avant l’expiration du délai, les autorités éthiopiennes ont décidé de le repousser de cinq mois. Chose que ne veulent pas entendre les responsables sidamas qui, depuis des années, tentent de quitter la Région des nations, des nationalités et des peuples du Sud (RNNPS). En fait, les autorités éthiopiennes, il faut le dire, marchent sur des œufs. Elles craignent l’effet domino que pourrait provoquer une indépendance des Sidamas qui, s’il est vrai qu’ils sont majoritaires dans le Sud, ne sont tout de même pas les seuls à revendiquer.

L’arrivée de Abiy Ahmed avait suscité beaucoup d’espoirs

La preuve est qu’une dizaine d’autres communautés de la même région, ont aussi demandé leur autonomie.  En fait, les revendications nationalistes ont pris une telle ampleur en Ethiopie que le chef du gouvernement fédéral, Abiy Ahmed, se trouve aujourd’hui très fragilisé. Il ne sait même plus sur quel pied danser. C’est à croire que ce dernier n’est pas victime de sa politique de libéralisation du pays qu’il a impulsée depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 2018. Or, on se rappelle, l’arrivée de Abiy Ahmed, très populaire parmi la jeunesse, avait suscité beaucoup d’espoirs au sein notamment de la communauté oromo, première ethnie du pays dont les combattants armés avaient accepté de déposer les armes. Du coup, leur mouvement qu’est le Front de libération oromo (OLP), avait été retiré de la liste des organisations considérées par Addis Abeba, comme « terroristes ». C’est dire que si le chef du gouvernement éthiopien actuel venait à jeter l’éponge, excédé par ces revendications irrédentistes, l’Ethiopie court le risque d’un basculement, surtout quand on sait que dans ce pays, les tensions communautaires ont pignon sur rue. Mais on n’en est pas là. Gageons qu’avec l’entregent qu’on lui connaît, Abiy Ahmed saura trouver la potion magique qui contentera les uns et les autres, tout en préservant l’unité nationale en Ethiopie.

B.O

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