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MUTINERIE A LA PRISON DE LOME

Le coup de sang compréhensible des détenus!

Même maîtrisée, la mutinerie qui a éclaté, le 12 mai 2020, à la prison de Lomé, mérite que l’on y porte un regard attentif. En effet, redoutant une contamination à grande échelle du Covid-19 dans la prison dont la triste renommée dépasse les frontières, les détenus ont refusé d’accueillir de nouvelles personnes déférées. Ont-ils tort ? Assurément, non! Car, faut-il le rappeler, 19 d’entre eux sur 283 testés ont été déclarés positifs au Covid-19. De quoi susciter la peur-panique chez les prisonniers qui réclament, à défaut d’une libération, d’être relocalisés. Surtout que, rappelons-le, la prison de Lomé qui date de l’époque coloniale, censée accueillir 600 détenus, en compte aujourd’hui 1 500. Jugez-en la promiscuité! C’est dire si le coup de sang des prisonniers est, somme toute, compréhensible au regard de leurs conditions de détention. En effet, comment comprendre qu’au moment où dans bien des pays du continent, l’heure est au désengorgement des prisons à travers l’élargissement de plusieurs détenus pour cause de Covid-19, il en soit autrement au Togo ? Surtout que des cas positifs sont signalés dans certaines prisons comme celle de Lomé qui a déjà même fait l’objet de plusieurs rapports accablants de la part d’organisations des droits de l’Homme.

On croyait que les autorités togolaises allaient profiter du Covid-19 pour gracier certains détenus

Le dernier en date est celui du Comité des Nations unies contre la torture, qui estimait que cette prison ne répond pas aux standards internationaux. On croyait pourtant que les autorités togolaises allaient profiter de l’avènement du Covid-19 pour redorer le blason de ladite prison en graciant certains détenus. Rien n’y fît quoiqu’ y soient apparus des foyers de Covid-19. C’est à n’y rien comprendre, surtout quand on sait que c’est dans cette même prison que le demi-frère du président, Kpatcha Gnassingbé, purge, depuis une dizaine d’années, une peine de 20 ans de réclusion pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce dernier, à la faveur de la mutinerie d’hier, a été exfiltré, à ce qu’on dit, vers une destination inconnue. Quid alors des autres détenus qui n’en demandaient pas plus ?

B.O

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