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NOUVELLE ATTAQUE MEURTRIERE CONTRE L’ARMEE NIGERIENNE

Tant que le Mali restera une passoire…

 Le 10 décembre dernier, les forces du Mal ont encore frappé au Niger où l’armée a enregistré une lourde perte  dans l’attaque du poste militaire d’Inates, à la frontière du Mali. En effet, le bilan fait état de 71 militaires tués, une douzaine de blessés et une trentaine de disparus. Des chiffres qui font froid dans le dos au regard de l’ampleur des dégâts humains. Un vrai  carnage dont même la mort annoncée d’une cinquantaine d’assaillants, ne saurait atténuer la douleur.  En ces instants de deuil, tous les pays du Sahel doivent être solidaires du Niger, en raison du destin commun qui est visiblement le leur face à l’hydre terroriste qui frappe indistinctement tous les territoires, principalement au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Et, au-delà du choc émotionnel, il faut  rendre hommage aux soldats nigériens qui ont su faire preuve de bravoure et d’une résistance farouche pour garder le contrôle de cette position stratégique.

 

Face à l’armada des terroristes, certains se demandent si l’on peut encore parler de guerre asymétrique

 

D’autant   qu’en plus de l’effet de surprise, tout porte à croire que l’ennemi était bien renseigné et s’était préparé en conséquence en déployant les grands moyens.  A présent, il s’agit de trouver les voies et moyens pour faire face à la situation sécuritaire plus que préoccupante, surtout face à la puissance de feu déployée par l’ennemi. L’heure est d’autant plus grave que c’est la survie même de ces pays qui est ici, en jeu. En tout cas, face à l’armada des terroristes, certains se demandent si l’on peut encore parler de guerre asymétrique quand l’ennemi est capable de déployer des centaines de combattants et d’utiliser des blindés et autres mortiers pour pilonner les positions des armées régulières, comme ce fut le cas dans l’attaque de la base militaire d’Inatès.  Quoi qu’il en soit, cette attaque, la plus meurtrière qu’ait connue l’armée nigérienne jusque-là, vient rappeler la nécessité de toujours garder l’arme au pied et surtout d’avoir un œil vigilant sur cette fameuse zone des trois frontières où pas plus tard qu’à la mi-août,  l’armée burkinabè perdait 24 soldats suite à l’attaque du camp de Koutougou dans le Nord du pays. Et selon toute vraisemblance, tout porte à croire que dans les deux cas, les assaillants sont venus du Mali voisin dont le Nord, et c’est n’est un secret pour personne, échappe au contrôle de Bamako. Du reste, en mi-novembre dernier, au motif de repli tactique, l’armée malienne elle-même abandonnait, face aux assauts meurtriers répétés des groupes armés terroristes qui écument la région, certaines de ses positions jugées trop isolées au Nord du pays. Notamment celles de Labbezanga, Anderaboukane et surtout Indelimane où 54 éléments des Forces armées maliennes ont été tués lors d’une attaque, le 1er novembre dernier.  Si ce n’est pas un aveu d’impuissance, cela y ressemble fort. C’est pourquoi une opération de dératisation s’impose pour mettre hors d’état de nuire ces groupes  terroristes qui sont en passe, si ce n’est déjà fait, de mettre cette région sous coupe réglée. Or, tant que le Nord-Mali restera un nid d’abeilles où des individus sans foi ni loi pourront toujours trouver refuge après leurs forfaits,  l’insécurité au Sahel aura de beaux jours devant elle. Et ce n’est pas demain la veille que l’on viendra à bout du terrorisme dans ces contrées.

On peut se demander si  Kidal ne fait pas l’objet d’une vaste hypocrisie internationale

 

En tout état de cause, l’on ne saurait raisonnablement aborder cette question sans évoquer la question du statut de la ville de Kidal qui appelle à une clarification. En tout cas, de plus en plus, des voix s’élèvent jusque dans des palais présidentiels, pour attirer l’attention sur le cas de Kidal. Car, tout porte à croire que tant que la ville rebelle du Nord-Mali échappera au contrôle de Bamako et sera l’objet d’ambigüités de la part de la communauté internationale, les pays du Sahel ne connaîtront jamais la paix. A commencer par le Mali lui-même. A ce propos, on continue de se demander si les récents propos du représentant de la MINUSMA, ne trahissent pas sa pensée profonde et au-delà, la position de la communauté internationale qui l’a mandaté.  En rappel, lors du congrès du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) tenu en fin novembre dernier à Kidal, le représentant de la force onusienne avait, dans ses propos,  souhaité la bienvenue aux délégations « venues du Mali et de l’étranger ».  Des propos qui ont suscité un tollé général au Mali et le courroux légitime des autorités de Bamako qui lui ont donné 24 heures pour quitter le pays. Quoi qu’il en soit, c’est peu de dire que  dans la crise que vit aujourd’hui le Mali et qui a des répercussions sur l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, il y a un véritable malaise qu’est Kidal. Et à l’analyse de la situation, l’on peut se demander si  Kidal ne fait pas l’objet d’une vaste hypocrisie internationale où l’on clame de jour son appartenance au Mali, alors que de nuit, on en fait une entité à part entière. C’est dire toute la nécessité de crever  l’abcès Kidal, et de mettre fin à la situation de ni paix ni guerre qui ne fait qu’enfoncer le pays dans l’abîme, sur tous les plans. Il y va de l’intérêt du Mali et de celui de la sous-région tout entière.

 

 « Le Pays »

 

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