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NTD/ BANFORA

Vincent Dabilgou déclaré persona non grata par des militants

Des militants du Nouveau temps pour la démocratie (NTD) de l’aile Souleymane Soulama, du nom de l’ex- ministre des Transports, se sont réunis en Assemblée générale (AG) le 2 novembre 2019 à leur siège, sis au secteur 3 pour dire non à la venue annoncée de Vincent Dabilgou au siège que l’aile Aboubakar Héma a aménagé au secteur 4 de Banfora. Pour ces militants, le NTD ne saurait avoir deux sièges dans la même ville. A les entendre, Vincent Dabilgou a décidé d’étouffer son propre parti dans la région des Cascades.

 

La crise au sein du NTD/ Banfora semble avoir de beaux jours devant elle. Cela, au regard des récents développements. On se rappelle qu’aux lendemains de l’élection de son candidat comme maire de la commune de Banfora alors que le parti n’a pourtant pas la majorité au sein du Conseil municipal, un bicéphalisme est né au sein de ce parti de la mouvance présidentielle. Depuis lors, plusieurs crises se sont succédé et les militants se retrouvent divisés entre le maire Aboubakar Héma et l’ex-ministre des Transports, Souleymane Soulama. La venue annoncée du président Dabilgou à Banfora n’est pas du goût de ceux-ci (les militants mobilisés derrière Souleymane Soulama). Ils l’ont fait savoir le 2 novembre 2019 à leur siège sis au secteur 3 de Banfora, au cours d’une assemblée générale. Au présidium, il était aisé de reconnaître Issiaka Fayama et Soumaîla Soma, tous deux membres du Bureau politique national (BPN) du NTD et principaux animateurs des débats. En  face d’eux, se trouvaient des militants visiblement remontés contre la direction nationale du parti, car pour eux, leur leader, Souleymane Soulama, est payé en monnaie de singe après avoir fait beaucoup pour le rayonnement du NTD dans les Cascades. En effet, fait noter Soumaïla Soma à sa prise de parole, il est de plus en plus question, ces jours-ci, de la venue, à Banfora, de Vincent Dabilgou, président national du NTD. La date du 3 novembre 2019 était, selon lui, celle retenue pour cette visite. Mais pourquoi cette venue de Vincent Dabilgou déplaît-elle tant à ces militants ? Pour Soumaïla Soma, secrétaire national adjoint chargé de l’organisation du parti et du suivi des personnes spécifiques, c’est parce que suite à la crise que traverse le NTD Comoé, les militants pro-Souleymane Soulama se sont rendu compte que le président du parti a pris fait et cause pour le clan de Aboubakar Héma. Et cette venue de Dabilgou prouverait, selon ces militants, qu’il a résolument choisi son camp puisqu’à les entendre, le président sera reçu au siège d’Aboubakar Héma. Et pour justifier cette thèse, Soumaïla avance que depuis sa désignation comme coordonnateur régional du NTD des Cascades, Aboubakar Héma travaille en solitaire. Il n’a jamais convoqué de rencontre de concertation. Pire, il met les structures du parti en place sans souffler mot aux autres membres de la coordination et du BEN qu’ils sont, lui et Issiaka Fayama. A plusieurs reprises, ils disent avoir attiré l’attention du BEN et de son président sur les manquements du coordonnateur régional, Aboubakar Héma. Mais c’est avec consternation qu’ils s’aperçoivent que rien n’a été fait pour l’en dissuader. « Nous avons adressé plusieurs correspondances dans ce sens, organisé des déplacements à Ouagadougou pour rencontrer le BEN au sujet de ces manquements mais la situation a été gérée avec laxisme », dira Soumaïla Soma pour qui c’est ce qui a ouvert un boulevard  à Aboubakar Héma et ses soutiens pour trouver un second siège au parti dans la même ville de Banfora après s’être eux-mêmes interdits de mettre les pieds dans le siège du secteur 3. Selon les principaux animateurs de cette AG, ce second siège devait être inauguré avec la bénédiction du président Dabilgou. Plusieurs fois programmée et reportée, cette inauguration aura finalement lieu le 7 septembre 2019 mais, précisent-ils, en l’absence de Vincent Dabilgou qui, très certainement, ayant pris la mesure, n’est pas venu lui-même et a préféré se faire représenter par le député Karim Lankoandé. Après le député Karim Lankoandé, poursuit Soumaïla Soma, c’est Zalissa Koumaré, membre du BEN, qui a été envoyée également pour sonder le terrain. « Aujourd’hui, nous apprenons que Vincent lui-même sera là le 3 novembre 2019. Nous avons estimé qu’il a envoyé ses deux émissaires pour venir tâter le terrain. Et comme nous n’avons pas réagi, il vient lui-même en personne. Franchement, nous disons que nous ne pouvons pas contenir nos militants face à tout ce qui se passe. Nous avons tout fait, depuis les premiers moments, pour les contenir mais à présent, cela devient difficile. Alors si Dabilgou s’aventure à venir, ce qui va arriver, nous n’en serons  pas responsables ». Selon lui, lorsque le clan d’Aboubakar Héma a décidé d’ouvrir un autre siège du NTD à Banfora, ils ont adressé une lettre d’interpellation au BEN, le 24 août 2018. « Nous avons reçu une réponse équilibriste parce que, nous basant sur les textes du parti, nous avons proposé des sanctions à l’égard du coordonnateur régional, Aboubakar Héma, qui était en train de fouler au pied lesdits textes. Si malgré notre interpellation, Aboubakar Héma a persévéré, c’est parce que la réaction du BEN n’avait aucun effet. En effet, pour toute réponse, le BEN a dit que le NTD est fortement enraciné dans les Cascades et qu’il souhaite que nous puissions travailler la main dans la main pour relever des défis. Pourtant, nous, dans notre correspondance, nous parlions de crise. C’est pourquoi nous disons que c’est une réponse équilibriste. Dans la poursuite de ses actions, le coordonnateur régional a programmé l’ouverture de son siège ». Quand nous avons appris cela, explique Soumaïla Soma aux militants, nous nous sommes rendus à Ouaga où nous avons été reçus par la camarade Zalissa Koumaré qui nous a rassurés que même si l’aile Aboubakar Héma inaugurait 1 000  sièges, le seul siège reconnu par le BEN est celui créé par Souleymane Soulama et qui est au secteur 3. Nous avons été naïfs, a-t-il poursuivi, de croire que le BEN cernait la crise et qu’il allait y apporter une solution. A la suite de Soumaïla Soma, Issiaka Fayama a martelé qu’en œuvrant ainsi, le président du NTD, Vincent Dabilgou, travaille contre son propre parti. « C’est Souleymane Soulama qui a implanté le NTD dans la région des Cascades. Malheureusement, nous avons appris, à notre retour d’un déplacement de Ouagadougou où nous avons rencontré le BEN au sujet de la crise, que le président Dabilgou veut retirer le parti de ses mains et le confier à l’autre camp », relate M. Fayama. D’autres intervenants ont attesté que l’attitude d’autres bonzes du parti confirme tout ce qui est dit. Pour preuve, il martèle que lorsqu’il est venu à l’inauguration du second siège, le député Karim Lankoandé n’a pas daigné rencontrer les militants de Banfora qui sont membres du Bureau exécutif national. Il a préféré se rendre directement au siège de la « honte ». Toute comme lui, martèlent les militants courroucés, Zalissa Koumaré, membre du BEN et interlocuteur dans le cadre de la crise, qui a séjourné à Banfora dans le cadre d’une mission de son service, a préféré rencontrer d’autres personnes que les membres du BEN résidant à Banfora.

Mamoudou TRAORE

 

 

               

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