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PAUL ROBERT TIENDREBEOGO, MINISTRE DE L’INTEGRATION AFRICAINE ET DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR, A PROPOS DES BURKINABE DE L’EXTERIEUR : « Nous avons des estimations qui varient entre 9 et 10 millions »

Paul Robert Tiendrébéogo, ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, est aujourd’hui l’invité de votre rubrique « Mardi Politique ». Cet entretien a été réalisé le 14 mars dernier lors de la visite du ministre aux Editions « Le Pays ». Face aux journalistes de la rédaction, le ministre Paul Robert Tiendrébéogo n’a pas fui les questions qui ont porté sur plusieurs sujets en lien avec les missions de son département. Lisez plutôt !

« Le Pays » : Quelles sont les passerelles qui existent entre votre département et celui des Affaires étrangères et de la coopération ? Peut-on croire que le clivage est net entre les deux ministères en termes de domaines de compétence ?

Paul Robert Tiendrébéogo : Je pense que l’intégration africaine et le volet protection des Burkinabè de l’extérieur, sont des aspects de politique étrangère. Pour des raisons de mise en œuvre de son programme, le chef de l’Etat a estimé, depuis l’année dernière, qu’il était nécessaire de créer un ministère plein qui s’occuperait de l’intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur. C’est pour dire que les deux ministères sont les deux jambes d’un même corps. Nous contribuons tous à la mise en œuvre de la politique étrangère définie par le chef de l’Etat. Nous sommes, tous les deux, des instruments de diplomatie. Il n’y a pas de clivage en tant que tel. Du reste, pour prouver que nous travaillons pour la même cause, nous avons mis en place un cadre de concertation permanent, permettant aux deux ministères d’échanger sur les questions d’intérêt commun parce que, que vous le vouliez ou non, il y a des questions transversales, des chevauchements et pour éviter des discussions inutiles, contreproductives, nous avons créé ce cadre. C’est pour vous dire que l’esprit est à la collaboration, à la coopération puisque nous visons les mêmes objectifs.

En tant que ministre des Burkinabè de l’extérieur, avez-vous une idée du nombre de nos compatriotes à l’extérieur ?

Nous avons des estimations qui varient entre 9 et 10 millions. Notre travail, depuis que nous sommes là, c’est de faire en sorte que nous puissions peaufiner ces chiffres. Donc, nous sommes en train de travailler avec les ambassades et les consulats pour avoir des chiffres pas réels, parce qu’on ne pourra jamais avoir de chiffres non réels, mais ceux qui seront le plus proche possible de la réalité. Tout simplement parce que tous les Burkinabè qui vont à l’extérieur ne s’enregistrent pas auprès des ambassades et consulats ; ce qui fait qu’on ne peut que demander aux communautés d’essayer d’évaluer. Ce sont ces évaluations qui nous donnent ces chiffres qui ont été communiqués par nos ambassades et consulats, depuis 2017 et que nous travaillons à peaufiner, surtout dans le cadre des perspectives électorales et même de protection. Toutefois, j’insiste pour dire que ce sont des estimations parce que les Burkinabè n’aiment pas trop se signaler auprès de leurs autorités consulaires ou diplomatiques à l’extérieur.

Mais par ordre d’importance, dans quel pays avons-nous le plus grand nombre de Burkinabè ?

Je pense que c’est en Côte d’Ivoire que nous avons le plus de compatriotes pour des raisons historiques, culturelles, géographiques, etc. Là-bas, le nombre varie entre 3,500 et 4 millions.

Selon vous, pourquoi est-ce qu’ils ne se signalent pas. Ne faut-il pas mettre une politique visant à les encourager à se manifester ?

C’est notre travail justement et je dois dire que cela a commencé déjà à porter fruit. Le fait d’aller vers eux et de leur proposer de faire des pièces d’identité, fait que beaucoup viennent. Il ne faut pas oublier que lorsque vous partez clandestinement quelque part, vous avez l’impression qu’en vous signalant auprès des autorités, on vous dénoncera. Quand ils arrivent, ils ont peur et pensent que l’ambassade ou le consulat est en complicité avec l’autorité nationale pour les dénoncer alors que nous faisons tout pour leur faire comprendre que c’est le contraire. Le fait de venir se signaler permet à l’ambassade ou au consulat, de leur donner un document qui va leur servir de protection. C’est un travail de changement de mentalités dans lequel nous sommes engagés.

Pouvez-vous nous certifier que tous les Burkinabè à l’extérieur en âge de voter, pourront disposer de leurs documents de votation que sont la CNIB et le passeport ?

En tout cas, nous y travaillons. Comme vous le savez, depuis le 30 juillet 2018, le Code électoral a été révisé et nous travaillons à ce que le maximum puisse disposer de la CNIB et du passeport ordinaire. Ce n’est pas seulement pour les élections, mais ce sont également des éléments de protection. Nous travaillons pour que le maximum puisse en disposer. Cela va même au-delà de ces pièces car il ne faut pas oublier que pour constituer ces pièces, il faut d’autres pièces. De manière régulière, le ministère organise des missions consulaires en dehors de ces missions exceptionnelles que nous sommes en train de faire pour leur permettre d’avoir des actes de naissance, des jugements supplétifs, etc. Mais vous savez que le vote n’est pas obligatoire au Burkina. Donc, nous allons tout faire pour qu’ils aient les documents maintenant, et il leur appartiendra de se faire enrôler.

Plusieurs fois annoncé, le vote des Burkinabè de l’extérieur n’a jamais eu lieu si bien qu’il ressemble aujourd’hui à une arlésienne. Etes-vous certain qu’en 2020, ce vote sera effectif ?

Encore une fois, nous y travaillons. Je pense que déjà, contrairement aux années passées, vous voyez des éléments concrets. La loi a été votée, nous avons déjà engagé les missions consulaires spéciales et vous avez suivi le lancement officiel à Niamey, lequel lancement visait à rassurer. Depuis que le président a pris l’engagement, les gens disaient qu’ils ne voyaient rien de concret mais là, on voit quelque chose maintenant. Je puis vous assurer que tout sera mis en œuvre pour que cela se fasse. En tout cas, le ministère jouera sa partition pour qu’à partir de 2020, nos compatriotes à l’étranger puissent effectivement exercer ce droit citoyen.

Vous donnez la certitude que le processus ira jusqu’à son terme alors que plusieurs fois, nous avons vu des initiatives du genre mais qui n’ont jamais abouti.

Je pense qu’on n’a jamais vu d’initiative de ce genre. Il a toujours été dit que les Burkinabè de l’extérieur ont le droit de vote mais on n’a jamais posé un seul acte.

Nous avons vu qu’en Côte d’Ivoire, il y a quelques années, une opération avait été lancée pour la confection de documents mais cela n’est jamais allé jusqu’au bout ?

Ces documents dont vous parlez, c’est la carte consulaire. Elle n’était pas destinée aux élections mais elle était censée être une pièce d’identité délivrée par les ambassades pour permettre à nos compatriotes à l’extérieur, d’être sécurisés. Ce n’était pas dans l’intention de les faire voter avec, sauf s’il y avait d’autres intentions cachées derrière, que j’ignore. Mais je ne pense pas que c’était un acte de promesse de les faire voter. Tout cela pour vous dire qu’il y a des actes qui permettent de certifier que cette fois-ci, ce sera le cas et déjà, nous avons un chronogramme pour aller jusqu’au bout du processus qui relève de notre ressort. Toute l’année, vous verrez ces missions qui vont sortir jusqu’en 2020.

Justement, monsieur le ministre, est-ce que ces cartes consulaires n’auraient pas permis à un grand nombre de Burkinabè, de voter ?

Je dirais que ce débat est un peu dépassé parce que maintenant, en tant qu’Exécutif, nous sommes en train de mettre en œuvre ce que le législateur a décidé. Vous avez suivi le débat et la décision finale prise par les députés, était basée sur le fait qu’il fallait un peu d’équité, traiter tous les Burkinabè sur un pied d’égalité ; ce qui fait qu’on a estimé que les deux pièces, à savoir la CNIB et le passeport, étaient les documents qui permettaient d’avoir les mêmes données partout. Parce que les cartes consulaires n’ont jamais été délivrées partout ; ce qui veut dire que si on s’en était tenu à ces cartes, nombre de nos compatriotes seraient restés hors du processus. Ensuite, les cartes consulaires, lorsqu’elles sont produites, n’ont pas le même contenu, format, la même qualité partout. Vous avez des endroits où c’est biométrique, des endroits où c’est juste des photos qu’on agrafe ou même des manuscrits dans certaines ambassades. Convenez avec moi qu’en termes de fiabilité, d’équité, on avait quand même un petit problème. Fallait-il utiliser cela étant sûr d’exclure beaucoup de nos compatriotes parce qu’il y a des endroits où ces cartes n’étaient pas délivrées, ou fallait-il privilégier une des pièces qui permettaient d’avoir partout les mêmes données et mettre tout le monde sur le même pied ? Je pense que la 2e option a été la plus sage et la plus équitable.

Les missions consulaires sont installées dans les capitales. Ne pensez-vous pas qu’elles doivent aussi se rendre dans les villes moyennes pour ne pas exclure des Burkinabè ?

Si vous regardez le chronogramme, on ne va pas que dans les capitales. Déjà, l’opération pilote lancée au Niger, nous a permis de quitter Niamey pour aller dans une autre ville, Banga, où nous avons beaucoup de compatriotes. C’était justement pour montrer qu’on ne resterait pas que dans les capitales. Si vous prenez la Côte d’Ivoire, nous aurons dix équipes qui vont quadriller le pays aussi bien en 2019 qu’en 2020. Ces dix équipes ne resteront pas qu’à Abidjan. Il est évident que nous ne pourrons pas ratisser tous les villages, toutes les petites contrées, mais nous ferons le maximum parce que ces missions restent deux ou trois semaines en fonction des lieux. Donc, nous pensons qu’en trois semaines, ceux qui sont vraiment décidés à avoir ces documents, feront le déplacement pour rejoindre les équipes en attendant peut-être que plus tard, si on a des moyens conséquents, on puisse peut-être, dans les années à venir, voir d’autres dispositifs pour permettre d’être plus proche d’eux.

Une des sources d’inquiétudes est de savoir si, au-delà de ces missions spéciales, d’autres opérations suivront dans ces pays pour permettre la délivrance de ces documents.

Ces missions sont des missions consulaires spéciales pour vraiment donner suite à la loi, au Code électoral. Mais le ministère continuera de faire son travail ordinaire normal. On a toujours organisé des missions consulaires dans les pays pour aider nos compatriotes à avoir les documents.

Peut-on connaître le nombre de pays visés par ces missions spéciales et pourquoi le choix de ces pays ?

Le choix s’est imposé par le Code électoral. Nous avons une vingtaine de pays, de juridictions qui seront concernées, tout simplement parce que je vous ai parlé tantôt d’immatriculation, d’identification. Le Code dit qu’on ne peut ouvrir un bureau de vote que là où il y a au moins 500 immatriculés. C’est sur cette base, avec les chiffres de 2017, que nous avons essayé de peaufiner, que ces pays se sont imposés. On continue de peaufiner parce qu’il y a des chiffres qui arrivent toujours.

Tout cela doit coûter beaucoup d’argent, monsieur le ministre ? Quel est le budget alloué à ces opérations spéciales ?

Je dirais qu’il n’y a pas de prix à ces opérations du genre et le gouvernement a décidé de mettre les moyens qu’il faut. Je pense que ces opérations vont nous coûter autour d’un milliard de FCFA mais c’est un budget partagé entre le ministère et l’Office national d’identification (ONI). Il est vrai que c’est le ministère qui coordonne mais les opérations effectives sur le terrain sont réalisées par l’ONI.

Parlant justement de l’ONI, d’aucuns ont estimé que les missions effectuées à tour de rôle par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et cette institution, constituent un doublon. Quel commentaire en faites-vous ?

J’allais dire aucun commentaire. C’est une polémique normale puisque chacun est dans son rôle. Je pense que nous travaillons à permettre à la CENI d’organiser les élections et pour ce qui nous concerne, nous sommes en train de faire notre travail en tandem avec l’ONI, pour mettre, à partir de février, les informations que nous allons recueillir à la disposition de la CENI.

Dans l’opinion, ces missions sont considérées comme des doublons. Vous, en tant que responsable, devriez avoir un commentaire à faire…

Il appartient, peut-être, à la CENI de vous expliquer pourquoi elle est sortie. Elle pense aussi être dans son rôle de sortir expliquer à nos compatriotes le processus électoral. Quand nous sortons, nous expliquons, donnons les informations. Lorsque la loi a été votée, nous l’avons communiquée aux ambassades et consulats et actuellement, nous sommes dans la phase d’opérationnalisation.

Est-ce à dire qu’il n’y a pas de coordination entre vous et la CENI ?

Nous sommes dans un cadre de concertation, nous travaillons ensemble. La CENI est une structure indépendante. Je vous invite à l’approcher pour voir ce qu’elle a récolté lors de ses sorties. Peut-être que cela vous édifiera davantage.

A-t-on une idée de la fin de ces opérations spéciales ?

Le chronogramme nous amène à janvier 2020 tout simplement parce que nous devons mettre les données à la disposition de la CENI. Pour pouvoir dérouler la suite de son programme, il lui faut un certain délai pour mettre en place ses démembrements puisque lorsque nous allons communiquer les données, c’est sur cette base qu’elle va effectivement dire qu’à tel endroit, il y a tant d’inscrits qui disposent de CNIB. C’est à partir de ce moment qu’elle va sortir, mettre en place ses démembrements dans les ambassades, dans les consulats, finaliser son fichier électoral, etc. Cela nous conduit à janvier 2020.

Il y a eu récemment un forum national de la diaspora. Que deviennent les conclusions de ce forum et connaissent-elles un début d’exécution ?

Les conclusions du forum sont déjà en train d’être mises en œuvre. Une des recommandations était l’élaboration d’une politique nationale de la diaspora. Nous sommes déjà dans le processus puisqu’il fallait attendre l’endossement des recommandations par le gouvernement. Cela a été fait il y a quelques semaines. Nous sommes déjà en train de travailler à l’élaboration de cette politique. Nous sommes aussi en train d’évaluer le Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger (CSBE) puisque c’était une des recommandations du forum. Nous avons déjà mis en place le comité de suivi, une autre recommandation du forum et qui, de manière spécifique, devait comprendre des représentants de la diaspora. Parce que nous avons estimé que c’était à eux de suivre la mise en œuvre des conclusions. Cela a pris du temps parce qu’il fallait qu’ils se concertent pour désigner un représentant par continent. C’est en décembre que nous avons eu le nom du dernier représentant et aujourd’hui, nous avons le comité au complet. C’est pour vous dire que sans tambour ni trompette, on essaie d’avancer.

Quelle est la contribution de cette diaspora dans le développement socio-économique du Burkina ?

La contribution est multiforme. Nous en avons parlé en long et en large au cours du forum. Sans donner de chiffres, je peux vous dire que la diaspora contribue pour beaucoup dans ce développement. D’abord, au niveau familial, tout le monde sait que nos frères et sœurs à l’extérieur font pratiquement tout dans chaque famille, en termes de prise en charge dans le domaine de l’éducation, de l’immobilier, de la santé, etc. En termes de transfert, les grands agrégats nous donnent de gros montants. Je puis vous dire que la contribution de la diaspora est très importante au niveau de la richesse nationale. Nous avons aussi une contribution que nous voulons promouvoir qui n’est pas quantifiable, c’est-à-dire la contribution intellectuelle qui a longtemps été négligée. C’est pour cela que l’une des recommandations du forum, était de mettre en place un réseau de professionnels au niveau de la diaspora parce que nous nous sommes rendu compte qu’il y a beaucoup de nos compatriotes, à l’extérieur, qui sont dans des domaines souvent pointus et que nous n’exploitons pas. Nous souhaitons donc que par ce canal, ils puissent venir aussi contribuer, par la réflexion, à enrichir le travail que nous faisons ici pour le développement national. Tout cela pour dire que la contribution de la diaspora est multiforme, diverse et très riche.

Il est dit qu’au Sénégal par exemple, il y a un cabinet qui fait la promotion des intellectuels dans les institutions. Qu’en est-il pour le Burkina ? Est-ce quelque chose qui est envisagé ? Comment se mène cette politique de placement des Burkinabè dans les institutions stratégiques ?

L’une de nos attributions est de travailler justement à promouvoir l’expertise nationale au niveau international. Nous le faisons en coopération avec d’autres ministères, notamment les Affaires étrangères, la Fonction publique, etc. Mais nous nous sommes rendu compte qu’il y a beaucoup de pôles de promotion des cadres. Donc, un travail est en cours pour rationnaliser à notre niveau. On n’aura peut-être pas un cabinet mais nous sommes dans la réflexion pour voir dans quelle mesure nous pourrons avoir une structure qui pourra vraiment jouer ce rôle parce qu’il s’agit d’anticiper, d’identifier déjà les postes qui seront disponibles ou libérés dans quelques années et de travailler à préparer des candidats. Cela est un préalable. Ensuite, il faut assurer la campagne. Nous faisons ce travail ; malheureusement, on ne voit que le train qui arrive en retard. Je peux vous rassurer que lorsque le Burkina a une candidature, il met tout en œuvre pour que celle-ci passe. Généralement, on a des candidats de qualité. On n’a pas à rougir ; c’est peut-être parce qu’on ne fait pas de bruit autour de cela. Sinon, tous les jours, il y a des candidats qui se placent, des postes où le Burkina même est élu parce qu’il n’y a pas que les individus.

Il est question de député de la diaspora. Qu’en est-il aujourd’hui ; est-ce que le principe est agréé ?

Je pense que dans le cadre de la législation actuelle, cela n’a pas encore changé. Je pense que vous parlez de l’avant-projet de Constitution qui n’est pas encore adopté.

Entre le Conseil supérieur des Burkinabè de l’extérieur (CSBE) et la direction générale des Burkinabè de l’extérieur (DGBE), on a l’impression que ce sont les mêmes missions qui sont menées. Est-ce le cas ?

Je vous avais dit que nous sommes en train d’évaluer le CSBE parce que c’est une structure rattachée et nous souhaitons justement, à cause de la création de cette Direction générale, passer à une autre étape. Si vous prenez certains pays, l’équivalent du CSBE est très autonome, très dynamique parce que non rattaché, non soumis aux influences administratives. Notre vue est que ce conseil soit redynamisé, qu’il puisse vraiment être entre les mains des Burkinabè de l’extérieur et non pas entre celles de l’Administration burkinabè. Je pense que c’est leur instrument et nous souhaitons que ce soit vraiment leur instrument d’épanouissement et de contribution au développement national. Lorsque nous aurons les conclusions de cette évaluation, nous verrons dans quel sens aller et nous le ferons en collaboration avec eux. La DGBE contribuera à servir d’interface entre l’administration et eux mais ce sera un conseil supérieur qui sera à la disposition et entre les mains des Burkinabè de l’extérieur.

A côté de la question sécuritaire, une des préoccupations des Burkinabè est la question de la morosité économique. Quelles sont les actions du gouvernement en cours pour que les choses soient meilleures demain ?

Je dois vous rassurer que des mesures sont en train d’être prises pour mettre fin à ce que vous appelez morosité économique. Lorsque vous regardez les données chiffrées, nous ne sommes pas les plus mal lotis dans la sous-région ; il y a un certain dynamisme. Evidemment, la situation sécuritaire, objectivement, constitue une difficulté mais tout est mis en œuvre pour que la tendance soit inversée. Je pense aussi qu’avec la relative embellie que nous commençons à avoir de ce côté, je n’ai pas de doute que les choses rentreront dans l’ordre très prochainement.

Vous n’avez aucune crainte pour le scrutin de 2020 ?

Si nous devions avoir des craintes, on serait en danger permanent parce que si, en tant que gouvernement, nous fonctionnions sur la base des craintes, ce ne serait pas rassurant. Nous travaillons à rassurer tout le monde pour qu’on puisse se mettre dans les dispositions objectives pour travailler au niveau national pour construire le pays.

Propos recueillis par Colette Drabo

 

Qui est Paul Robert Tiendrébéogo

« Je suis, de formation, juriste spécialisé en droit international public et suis entré au ministère des Affaires étrangères. Donc, je suis conseiller des affaires étrangères aujourd’hui avec le grade de ministre plénipotentiaire. J’ai eu la chance de servir le Burkina à différents postes au niveau national et dans d’autres pays, notamment aux Nations unies où j’ai été premièrement conseiller, deuxièmement ambassadeur représentant permanent adjoint où j’ai appuyé l’équipe pendant notre mandat au Conseil de sécurité. Après cela, j’ai été ambassadeur à Vienne avant de revenir à New-York comme représentant permanent de la Francophonie et de là, le chef de l’Etat a souhaité que je vienne à ses côtés comme conseiller spécial. C’est de là que j’ai échu au gouvernement ».

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