A la uneSur la braise

POURSUITE DU MOUVEMENT POUR LA REHABILITATION DES ROUTES AU MALI

Attention à ne pas trop tirer sur la corde !

Effet domino du mouvement social pour la réhabilitation des routes au Mali, déclenché récemment dans le Sud-Ouest, dans la région de Kayes : cette fois-ci, c’est aux populations de Ménaka et de Tombouctou de donner de la voix, pour crier leur ras-le-bol du mauvais état de leurs routes.  Depuis vendredi dernier, en effet, un collectif a décidé de bloquer l’accès à l’aéroport de Tombouctou, empêchant tous les véhicules, qu’ils soient militaires ou civils, de circuler ou de patrouiller dans la ville. Après Ménaka et la « Cité des 333 saints », à quelle ville, le tour d’entrer aussi en ébullition d’autant qu’il se susurre déjà que la ville de Gao n’entend pas non plus être en reste ?  En tout cas, les autorités maliennes auraient tort de prendre la menace à la légère, et surtout, de jouer avec le feu.  Car, des promesses gouvernementales, comme celle du ministre porte-parole, Yaya Sangaré qui assure que le chantier pour relier Tombouctou au Centre du Mali, reprendra en décembre prochain, à l’effectivité du bitume, il risque d’y avoir très loin, comme le craignent ces populations qui ont décidé de monter au créneau. La promesse ne faisant pas l’asphalte, c’est en citoyens avertis qu’ils n’entendent pas se laisser conter fleurette et réclament du concret. En tous les cas, à travers leur grogne, ils ont été on ne peut plus clairs. Il appartient aux autorités maliennes, d’en tirer toutes les conclusions et au plus vite, si elles ne veulent pas que ce vaste mouvement d’humeur continue à impacter davantage négativement la pesante et douloureuse marche du Mali déjà en proie aux démons de l’insécurité. 

 

L’instabilité engendre le désordre, voire le chaos qui pourrait constituer un véritable bouillon de culture pour la vermine terroriste

 

Cela dit, il faut saluer cette action citoyenne visant à exiger  des dirigeants maliens, des routes praticables et moins tueuses, d’autant qu’au-delà du fait qu’elle jette une lumière crue sur un pan de la gouvernance au Mali, cette initiative témoigne d’un éveil de consciences des populations en droit d’attendre des infrastructures routières de qualité, de ceux-là qu’ils ont portés au pouvoir par les urnes. Le développement d’une nation se mesurant également à l’aune de la qualité de ses infrastructures routières, il ne fait pas de doute que le combat engagé vaut la peine d’être mené. Mais attention à ne pas trop tirer sur la corde ! Autant, il est du devoir de l’Etat malien, de prendre ses responsabilités, autant ces populations déchaînées, devraient se garder de franchir la ligne rouge au risque de fragiliser encore plus la Nation, en ce moment, à la peine et, par ricochet, de se faire du mal à elles-mêmes. Car, c’est connu, l’instabilité engendre le désordre, voire le chaos qui pourrait constituer un véritable bouillon de culture pour la vermine terroriste. Du reste, on la voit déjà boire son petit lait du fait de l’impossibilité, pour les véhicules des forces de l’opération Barkhane, de la Police des Nations unies ou encore des Casques bleus, de patrouiller dans la ville de Tombouctou. Toute chose que les manifestants pourraient payer très cher ; on touche du bois.

 

« Le Pays »

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer