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PR ABDOULAYE SOMA, PRESIDENT DU SOLEIL D’AVENIR : « Je veux conquérir la présidence du Faso »

 

Le mouvement politique Soleil d’avenir (SA) a officiellement lancé ses activités, le 5 mai 2019 à Ouagadougou. Comme idéologie, le Soleil d’avenir veut expérimenter une nouvelle voie appelée « dualisme », c’est-à-dire pratiquer à la fois libéralisme ou socialisme, en fonction du besoin du moment. Son président qui n’est personne d’autre que le Pr Abdoulaye Soma, a aussitôt annoncé sa candidature au poste de président du Faso en 2020.

Le Pr Abdoulaye Soma est candidat à l’élection présidentielle de 2020 ! Il défendra les couleurs du nouveau mouvement politique Soleil d’avenir (SA) dont il assure la présidence. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse animée le 5 mai 2019 à Ouagadougou, soit un jour après la création du mouvement politique. « Je crois en moi. Je crois que je peux exercer la présidence du Faso d’une façon qui donne espoir. C’est pourquoi je veux conquérir la présidence du Faso », a-t-il dit en réaction à une question d’un journaliste. En plus de l’élection présidentielle, le parti présentera des candidats aux autres scrutins à venir sur l’ensemble du territoire national. Le parti se veut indépendant et n’entend pas s’enregistrer dans la mouvance présidentielle ni systématiquement dans l’opposition politique. Sur le plan idéologique, le Soleil d’avenir se réclame du « dualisme », c’est-à-dire une voie qui allie à la fois libéralisme et socialisme, en fonction du besoin du moment. « Notre idéologie, c’est du dualisme idéologique, c’est-à-dire que nous n’allons pas faire du libéralisme pur ni du socialisme pur. Il y a des questions, au Burkina Faso, pour lesquelles il faut une réponse socialiste parce qu’il y a des domaines dans lesquels le Burkina Faso n’a pas atteint le stade du libéralisme », a expliqué le Pr Abdoulaye Soma. Il s’agit, entre autres, de l’éducation, de la sécurité, de la santé, pour ne citer que celles-là. Mais en cas de besoin, précise Abdoulaye Soma, le Soleil d’avenir aura recours aux actions traditionnellement reconnues aux libéraux. D’ailleurs, pour régler la question de l’insécurité, le Soleil d’avenir entend couper le mal à la racine, c’est-à-dire couper la source de ravitaillement des groupes extrémistes. Ce travail consistera à occuper sainement la jeunesse en lui confiant des postes de responsabilité dans les instances du parti d’une part, et des postes de responsabilité dans l’Exécutif s’il accède à la magistrature suprême, d’autre part. Si le Soleil d’avenir accède au pouvoir, a laissé entendre son président, il mettra en place un gouvernement de 13 membres, soit un représentant par région, en prenant le soin de faire la parité femme/ homme et adulte et jeune. Comme il fallait s’y attendre, la question des relations entre Abdoulaye Soma et l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida s’est invitée dans les débats.

« Les inimitiés n’ont pas place dans la gestion des affaires publiques »

Interrogé sur la question, le président du Soleil d’avenir a laissé entendre qu’il a eu des relations avec Yacouba Isaac Zida pour « nécessité de la République » et que ce n’était que des relations professionnelles. « Je n’ai pas de relations particulières avec Yacouba Isaac Zida mais, si pour l’intérêt du Burkina Faso, il faut le rechercher pour avoir des relations avec lui, je le ferai », a-t-il dit. A la question de savoir si la création du mouvement n’est pas liée à la démission de son premier responsable du poste de directeur de cabinet du Médiateur du Faso, le Pr Abdoulaye Soma répond par la négative. « Nous travaillons sur cette idée depuis 7 ans. Nous avons accordé une interview en novembre 2011, où nous avons clairement exprimé l’idée que nous allions proposer quelque chose de nouveau au Burkina, mais nous n’étions pas prêts. Cette nouvelle offre politique est prête. Les sentiments, les préférences personnelles, les inimitiés n’ont pas place dans la gestion des affaires publiques. C’est ce que nous venons régler au Burkina, parce que nous avons dit que c’est un des grands problèmes du Burkina Faso. Tant que ces problèmes ne sont pas réglés, tant que nous sommes dans des oppositions et inimitiés systématiques personnelles et non pas en idées, le pays restera bloqué. Ni le pays, ni aucun de nous n’avancera. Il faut qu’on règle cela ; et le Soleil d’avenir est là pour régler cela », a-t-il expliqué. Sur la question de la chefferie traditionnelle, le candidat du Soleil d’avenir croit dur comme fer qu’elle regorge de ressources pour la stabilité, la moralité et la prospérité du pays des Hommes intègres. Pour cette raison, il aura un traitement de « haut niveau » par rapport à la chefferie traditionnelle. « Les chefs traditionnels, on ne s’amuse pas avec », clame-t-il.  En rappel, le Pr Abdoulaye Soma est constitutionaliste, enseignant à l’Université Ouaga 2. Il a été le conseiller spécial du Premier ministre Yacouba Isaac sous la Transition, puis directeur de cabinet du Médiateur du Faso, Saran Séré/Sérémé, avant de démissionner de ce poste pour convenance personnelle.

Issa SIGUIRE

Le passage à une nouvelle République ne peut s’adopter honnêtement que par référendum

Dans un pays démocratique, celui qui peut adopter une nouvelle constitution est le peuple. C’est le peuple qui est souverain. Pour adopter la Constitution, c’est soit le peuple, soit un organe mandaté par le peuple exactement pour cette mission d’adopter une nouvelle Constitution. Dans le cas du Burkina Faso, le peuple peut adopter la Constitution par référendum. Si on veut qu’un autre organe adopte la Constitution à la place du peuple, il faut que le peuple délègue clairement sa compétence d’adopter la Constitution à cet organe. C’est pourquoi, dans un pays, la Constitution est adoptée soit par une Assemblée constituante, soit par un organe appelé conférence souveraine ; on peut même l’appeler autrement. Il suffit que cet organe bénéficie d’un mandat du peuple. Aucun organe aujourd’hui au Burkina Faso, n’a ce mandat du peuple. L’Assemblée nationale actuelle a été élue pour voter des lois et non pas pour voter une Constitution. Elle est aussi élue pour modifier les Constitutions et non pas donner au pays une nouvelle Constitution. Si on veut lui donner ce pouvoir, il faut que le peuple revoie pour lui transférer ce pouvoir ; ce qui revient à un référendum. Dans la situation juridique, politique et démocratique actuelle du pays, une nouvelle Constitution pour le passage à une nouvelle République, ne peut s’adopter honnêtement que par référendum.

Propos recueillis par IS

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Un commentaire

  1. les chefs coutumiers, « on ne s’amuse pas avec ». voilà qui est bien dit. Nous Africains en général et Burkinabé en particulier oublions souvent que nous avons des valeurs positives incarnées par nos chefs coutumiers, mais que nous ignorons ou dénigrons. Nous avons été colonisés par la France et avons hérité du colonisateur Français, mais nous ne serons jamais Français. Ecoutons la sagesse de nos chefs coutumiers et y abreuvons-nous.

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