PREMIERE SESSION DU CONSEIL DE DEFENSE ET DU SECURITE NATIONALE

PREMIERE SESSION DU CONSEIL DE DEFENSE ET DU SECURITE NATIONALE

Seuls compteront les résultats !

Le Conseil de défense et de sécurité nationale a tenu sa première session ordinaire. C’était le jeudi 17 mai dernier, à Ouagadougou. La rencontre était présidée par le président du Faso. Celui-ci était entouré d’éminentes personnalités civiles et militaires en charge des questions de défense et de sécurité. L’objectif poursuivi est de prendre des dispositions pour protéger les représentants de l’Etat dans le Sahel et mieux assurer la sécurité des populations. L’opportunité de cette session ne peut souffrir de polémique. En effet, les terroristes ont réussi le tour de force de faire du septentrion burkinabè, leur sanctuaire. La partie Nord du pays et plus particulièrement la province du Soum, leur sert pratiquement de QG (Quartier général). On n’y compte plus les attaques et autres assassinats, si fait que bien des Burkinabè en sont arrivés à se poser la question de savoir si les autorités n’ont pas purement et simplement abdiqué, face à la responsabilité qui est la leur d’assurer la sécurité des biens et des personnes dans le Sahel burkinabè.
En tout cas, le constat est amer. Tout le monde vit désormais avec la peur au ventre. Le plus récent fait d’arme des barbares est l’assassinat du préfet du département de Oursy dans l’Oudalan. Ce pied de nez des terroristes pourrait avoir un lien avec la tenue de la première session du Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN). A cette occasion, le président du Faso a tenu des propos qui peuvent être décryptés comme un aveu de culpabilité et d’échec des stratégies jusque-là mises en œuvre, contre le péril.
Extrait : « Nous avons perdu des maires, des préfets, des citoyens et le rôle des Forces de défense et de sécurité est non seulement de défendre l’intégrité du territoire, mais également de veiller à ce que les populations aient la sécurité pour vivre dans leurs zones ».

Les Burkinabè attendent de voir pour mieux apprécier

Le président du Faso n’est visiblement pas content de la manière dont la riposte est organisée dans cette partie du pays. Et il a tenu à rappeler aux uns et les autres, leur devoir. Ce constat d’échec fait, le chef de l’Etat a pris l’engagement ferme de prendre désormais « le taureau par les cornes ». Il a notamment annoncé des mesures fortes, susceptibles de permettre de relever le défi. Pour ce faire, il faut, selon lui, « réadapter les mentalités, les modes opératoires ». L’on peut déjà saluer cet exercice d’autocritique. Car, le fait de reconnaître que « les modes opératoires » employés étaient sujets à caution et s’engager à rectifier le tir, sonne comme un mea culpa. Et le message présidentiel semble avoir été reçu 5/5 par le Secrétaire général de la défense nationale. Le colonel-major Théodore Palé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a en effet donné l’assurance que les consignes du président seront observées et que des réajustements vont s’opérer sur le terrain, dans les jours à venir. Ce discours est rassurant pour les Burkinabè. Mais la chose la plus importante pour eux, seront les résultats. Car, des
discours du genre, les Burkinabè en ont déjà été servis. Le problème est qu’ils n’ont jamais été suivis d’effets observables et vérifiables. Toutes les intelligences que compte le Conseil de défense et de sécurité nationale, ont l’impératif et sacré devoir d’apporter la preuve que la patrie n’a pas eu tort de leur confier sa sécurité, à un moment où elle est particulièrement en danger. Il est vrai, la défense et la sécurité d’un pays incombent à l’ensemble de ses fils et de ses filles. Mais l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies les plus efficaces, relèvent des attributions du Conseil de défense et de sécurité nationale. C’est cela d’ailleurs qui a justifié sa mise en place. Les Burkinabè qui l’animent aujourd’hui, doivent mettre un point d’honneur à démontrer, par leurs actions au quotidien, qu’elle n’est pas une structure de trop.
Ce faisant, ils apporteront aussi un démenti cinglant à tous ceux qui croient dur comme fer que le Burkina post-insurrection souffre cruellement de manque de ressources humaines suffisamment outillées pour apporter la riposte qu’il faut au terrorisme. Bref, les Burkinabè attendent de voir pour mieux apprécier. Et dans leur évaluation, seuls compteront les résultats.

Sidzabda

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