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PRESIDENTIELLE TUNISIENNE

Quelles chances pour Ennhada ?

Ça y est ! Le parti d’inspiration islamiste tunisien a fini par se décider. Ennahda, puisque c’est de lui qu’il s’agit, présentera un candidat à la présidentielle du 15 septembre prochain. C’est le président par intérieur du parlement, Abdelfallah Mourou, qui défendra les couleurs du parti. L’annonce a été faite dans la nuit du 6 au 7 août 2019, à travers un communiqué. Pour un événement, c’en est un. Car, c’est la première fois de son histoire qu’Ennhada présente un candidat à la présidentielle. Majoritaire à l’Assemblée nationale, le parti préférait toujours jouer les faiseurs de roi. Mais l’appétit venant en mangeant, il décide maintenant de viser gros en briguant la magistrature suprême. A-t-il des chances de succès ? Difficile d’y répondre pour l’instant. Pour le moins, on sait que la disparition du président Béji Caïd Essebsi, qui a bouleversé le calendrier électoral, entraînera inévitablement une recomposition du paysage politique tunisien. En tout cas, pour de nombreux observateurs, le jeu reste ouvert.

Le combat promet d’être rude

C’est ce qui explique qu’à la vieille de la date limite de dépôts de dossiers, 27 candidats se sont déjà bousculés à la porte du siège de l’Instance indépendante chargée des élections (ISIE). C’est dire donc que le combat promet d’être rude d’autant que dans les starting-blocks, l’on compte des candidats très sérieux comme l’homme d’affaires et magnat des médias, Nabi Karoui, par ailleurs présenté comme un adversaire de taille pour le Premier ministre Youssef Chahed, porte-étendard du parti au pouvoir. Ennahda est donc prévenu. Ses adversaires ne lui feront pas de quartier ; lui que l’on présente comme un parti théocratique dont les idéaux sont contraires aux aspirations du peuple tunisien. C’est pour cela que depuis qu’il avait cédé sa place à un cabinet de technocrates en 2014, le parti avait pris du recul pour travailler à redorer son blason. Excluant toute activité de prédication religieuse, il avait annoncé avoir opéré sa mue en devenant une « force civile ». Cela suffit-il pour rallier à sa cause de nombreux Tunisiens ? Rendez-vous de 15 septembre prochain à l’issue du verdict des urnes.

B.O

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