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PRIMAIRES AU PDCI-RDA

KKB, le poil à gratter de Bédié

Les primaires au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) risquent de fissurer davantage ce parti. En effet, l’homme aux grandes ambitions, Kouadio Konan Bertin, connu sous le nom de KKB, ne digère pas le rejet de sa candidature par le comité des candidatures. Mieux, il entend introduire un recours auprès des instances habilitées du parti afin d’obtenir gain de cause. Et comme si cela ne suffisait pas, il menace de se présenter en indépendant à la présidentielle d’octobre prochain. Preuve, s’il en est, que ce monsieur qui se rêve d’un destin national, n’entend pas ouvrir un boulevard au vieux Henri Konan Bédié (HKB). Et il faut saluer le courage et la ténacité de KKB d’autant plus que ce n’est pas la première fois qu’il fait preuve de résilience face au Sphinx de Daoukro. On se rappelle qu’il s’était présenté à la présidentielle de 2015 en indépendant, parce qu’il était farouchement opposé à l’Appel de Daoukro qui insinuait que le PDCI-RDA n’alignât pas un candidat contre Alassane Ouattara cette année-là. Ce jeune loup aux dents acérées est, sans conteste, le poil à gratter de Bédié. En tout cas, il dit haut ce que d’aucuns pensent bas au sein du parti. Et c’est tant mieux pour la démocratie interne. En fait, la loyauté dont beaucoup de cadres du PDCI-RDA, font preuve à l’égard de l’octogénaire, ne devrait pas les empêcher d’exprimer leurs points de vues. Ne dit-on pas que c’est à l’aune de la contradiction que se mesure la vitalité démocratique au sein d’un parti? C’est dire si KKB est dans son bon droit. Le seul bémol que l’on pourrait émettre, c’est qu’il aurait dû, en amont, contester les critères de désignation d’autant plus que ceux-ci semblaient déjà taillés sur mesure.

S’il garde toujours ses ivoires, il n’en demeure pas moins que le parti de l’Eléphant peine à marcher droit

En ruant aujourd’hui dans les brancards alors qu’il se savait éliminé d’office, du fait de ces critères, KKB fait preuve d’incohérence. Toutefois, cela n’enlève rien à la pertinence de son combat. On est d’autant plus fondé à le penser qu’il s’agit d’une bataille pour l’alternance au sein du PDCI-RDA. A 86 ans, Henri Konan Bédié devrait, en principe, faire valoir ses droits à la retraite et laisser la jeune génération défendre les couleurs du PDCI-RDA. Mais contre vents et marées, cet octogénaire qui aura tout gagné dans la vie, notamment pour avoir dirigé la Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, refuse de passer la main. On peut, certes, comprendre qu’un KKB face à Amadou Gon Coulibaly et à sa grosse machine, ce ne soit pas une mince affaire pour le militant du PDCI. Mais cela peut-il être suffisant pour que HKB s’oppose à l’alternance au sein de son parti ? En adoptant une telle posture, HKB court le risque de vendanger l’héritage de ce vieux parti de Côte d’Ivoire. Du reste, que reste-t-il aujourd’hui du parti de l’Eléphant? S’il garde toujours ses ivoires, il n’en demeure pas moins qu’il peine à marcher droit. C’est dire si Bédié a tout intérêt à écouter la jeunesse. Car, tout porte à croire que les secousses auxquelles l’on assiste, pourraient affaiblir davantage le parti. Et c’est peu dire que c’est le RHDP, qui promet de lui faire mordre la poussière, qui se frottera les mains. Bédié souhaite-t-il vraiment que le PDCI-RDA lui survive? C’est la question qui taraude bien des esprits.

Dabadi ZOUMBARA

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