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PROCES DE PRO-GBAGBO : La catharsis a eu lieu

Le procès de l’ex-première dame de la Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo et ses co-accusés vient de connaître son épilogue, et ce après plus de deux mois de plaidoiries faites de diatribes au palais de justice d’Abidjan-Plateau. Même si certaines organisations de défense des droits humains dénoncent un manque de preuves de la part de l’accusation, on peut dire que dans la forme, le procès s’est déroulé dans les règles de l’art. La catharsis a eu lieu. Car, faut-il le rappeler, les prévenus ont eu droit à des avocats qui, après les réquisitions du parquet général, la semaine dernière, ont eu l’occasion de prendre la parole pour défendre leurs clients. Et ce n’est pas tout. La Cour, avant de délibérer, a donné la parole aux accusés pour se défendre. Ce qui n’est pas évident sous d’autres cieux, surtout quand on sait qu’il s’agit là d’un procès politique contre des gens qui ont mis à feu et à sang un pays, laissant en sus 3 000 morts sur le carreau, si l’on en croit les chiffres avancés par les Nations unies. C’est tout à l’honneur de la justice ivoirienne qui, faut-il le souligner, jouait sa crédibilité dans cette affaire, elle qui, dans la foulée, a fait contre mauvaise fortune bon cœur, en abandonnant la charge d’attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat pour tous les accusés ; tant il était difficile d’en apporter les preuves. En tout cas, loin d’être interprété comme un signe de faiblesse, cette reculade, s’il en est, traduit à tous égards le souci de la Cour de dire le droit, tout en évitant toute forme de précipitation qui pourrait apporter de l’eau au moulin de ceux-là qui ne voient dans ces assises qu’une volonté du président Alassane Ouattara de solder ses comptes avec ses adversaires. Dès lors, on comprend pourquoi, fidèles à leur mentor Laurent Gbagbo, qui avait fait de la dénégation une  vertu et le mensonge un art, tous les prévenus ont nié en bloc tous les faits qui leur sont reprochés à la barre.

Et c’est l’attitude de Simone Gbagbo qui aura retenu l’attention de plus d’un ; elle qui, avec une désinvolture à nulle autre pareille, a repété à l’envi que son camp était légitime à l’époque des faits ; niant ainsi toute responsabilité directe ou indirecte dans la grave crise sociopolitique qu’a connue la Côte d’Ivoire.

 

La condamnation de Simone Gbagbo ne sera pas sans conséquence sur le processus de réconciliation

 

Plutôt que la componction, Simone Gbagbo a préféré la défiance, allant jusqu’à proférer parfois des propos peu amènes à l’endroit du régime en place. C’est sans doute ce qui explique aussi qu’elle ait reçu la plus lourde peine. Il ne pouvait d’ailleurs pas en être autrement. Cela dit, on en vient à se demander ce que fera maintenant la Cour pénale internationale (CPI) qui, à maintes reprises, a demandé le scalp de l’ex-première dame aux autorités ivoiriennes. Va-t-elle finalement se contenter de ce verdict ? Difficile d’y répondre pour l’instant. Toujours est-il que cette condamnation ne sera pas sans conséquence sur le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire ; surtout qu’elle intervient au moment où le Front populaire ivoirien (FPI), l’ex-parti au pouvoir, est en proie à des dissensions profondes. La fracture semble désormais consommée entre les radicaux et les  modérés, ces derniers étant  incarnés par Pascal Affi N’Guessan. En effet, un comité central tenu le 5 mars dernier, a tenté de débarquer l’ancien Premier ministre de Gbagbo de la présidence du parti, pour le remplacer par le sieur  Abou Drahamane Sangaré, très proche de l’ancien président, Laurent Gbagbo. Une démarche qui n’est pas de nature à faire baisser la tension au sein du parti qui, naguère, a été obligé de recourir à la justice pour régler ses différends internes. C’est peu dire qu’avec la condamnation de Simone Gbagbo, le FPI risque de voler en éclats.

 

Boundi OUOBA

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Un commentaire

  1. Salut. De quelle réconciliation les gens parlent? RDR/FPI ? Ou bien OUATTARA/GBAGBO. En réalité la population Ivoirienne vit en parfaite symbiose. Les gens se marient se soutiennent dans les baptèmes et autres décès. Mme Gbagbo prie . Elle croie en DIEU. Chacun suit son schéma divin. On récolte toujours ce qu’on a semé. Mille morts a gauche, Mille morts a droite Mme Gbagbo passe mais va droit en prison

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