PROFANATIONS DE MOSQUEES AU TOGO

PROFANATIONS DE MOSQUEES AU TOGO

A qui profite le crime ?

Qui en veut à la communauté musulmane, au Togo ? C’est la question, pour l’instant sans réponse, qui est sur toutes les lèvres depuis que des individus sans foi ni loi ont profané des lieux sacrés, au pays des Gnassingbé. En effet, dans la nuit du 27 au 28 juillet 2018, les fidèles musulmans de la mosquée d’Agoé Assiyéyé, ont assisté à une scène pour  le moins extraordinaire : des copies du Coran déchirées, chiffonnées et accrochées à des grilles de clôture. Et comme si cela ne suffisait pas, les profanateurs des lieux sacrés ont poursuivi leur basse besogne, allant jusqu’à incendier deux autres mosquées et brûler des exemplaires du Coran au quartier camp FIR, dans la nuit du 31 juillet et celle du 3 août  2018. Que se passe-t-il donc ? Que recherchent les auteurs de ces actes d’une extrême gravité ? Autant de questions que l’on se pose. Les faits se seraient, en tout cas, déroulés au Nigeria qu’ils auraient provoqué moins de consternation, tant le pays est coutumier des scènes  aussi inimaginables que rocambolesques ; en témoignent les attaques répétées de Boko Haram contre des mosquées et des églises. Mais que de pareils actes hautement répréhensibles soient perpétrés au Togo où le vivre-ensemble religieux est une réalité, il  y a de quoi s’en inquiéter, surtout que le pays traverse une grave crise sociopolitique depuis bientôt un an. Y a-t-il un lien de causalité ? Difficile d’y répondre pour l’instant. Toujours est-il que les autorités togolaises doivent mettre tout en œuvre pour identifier et châtier à la hauteur de leurs forfaits, les auteurs de ces « actes de sabotage et de provocation », pour reprendre les termes du communiqué de l’Union musulmane du Togo.

Les autorités togolaises gagneraient à circonscrire le danger

Car, en ne le faisant pas, elles donneront raison à tous ceux qui soutiennent qu’il s’agit  d’une manœuvre orchestrée par le régime en place en vue d’envoyer un message fort à la communauté musulmane dont bien des leaders sont aujourd’hui vent debout contre un nouveau mandat du président Faure Gnassingbé. A preuve, l’imam de Sokodé, connu pour être proche de Tikpi Achadam, du nom de celui-là qui a été le fer de lance de la contestation, a été arrêté et croupit toujours en prison. Cela dit, le contexte sous-régional étant marqué par la montée de l’extrémisme violent sur fond de haine et d’intolérance religieuses, il faut craindre que ces profanations de mosquées n’invitent les djihadistes au Togo ; histoire de venger leurs coreligionnaires. Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, les autorités togolaises gagneraient à circonscrire le danger qui se dessine. Et cela passe par une enquête sérieuse pouvant aboutir à la sanction des auteurs des actes de profanations, d’où qu’ils viennent. Car, rien ne dit que l’opposition est aussi blanche comme neige dans cette affaire. Déterminée à faire partir Faure par tous les moyens, elle pourrait user de tous les coups, même les plus bas, pour lui pourrir la vie. Ce n’est pas impossible quand on sait que comme le dit l’adage, « la fin justifie les moyens ». En tout cas, pour savoir à qui pourrait profiter le crime, on attend les résultats de l’enquête ouverte par la Justice togolaise

 

B.O

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