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RENCONTRE BEDIE/GBAGBO  

Le front anti-ADO se dessine

 Maintes fois annoncée et  plusieurs fois reportée, la rencontre entre Henri Konan Bédié (HKB) et Laurent  Gbagbo a enfin eu lieu, hier, 29 juillet 2019, à Bruxelles, en Belgique. Pour les uns, il s’agit d’une « rencontre du siècle » tandis que d’autres parlent de « rencontre historique ». En tout cas, pour un évènement, c’en est un, tant les deux anciens présidents ivoiriens étaient connus pour être des ennemis jurés. Si fait qu’à la présidentielle de 2010, HKB avait pris fait et cause pour Alassane Dramane Ouattara (ADO) qu’il a finalement quitté du fait des divergences nées de l’érection du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) en parti politique. Et comme l’ennemi de mon ennemi est,  par principe, un ami, on comprend dès lors pourquoi HKB a décidé de se rapprocher de l’ex-pensionnaire de la prison de Scheveningen qui, on le sait, ne veut pas voir le président ADO même en peinture. Certes, les deux partis que sont le PDCI/RDA de HKB et le FPI de Gbagbo parlent de rapprochement idéologique mais il ne s’agit , en réalité, que d’une alliance de raison et de circonstance destinée à barrer la route au candidat du RDR qu’est Amadou Gon Coulibaly, catapulté par le président Ouattara. Seulement, ce front anti-ADO qui se  dessine,  bute contre un obstacle de taille. Il s’agit des cas de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui est aussi entré en conflit ouvert avec l’actuel chef de l’Etat, son mentor d’hier. En effet, pendant que le Sphinx de Daoukro plaide pour une coalition plus large, incluant l’ex-rebelle, le fils de Mama, lui, reste encore très circonspect.

 

Gon Coulibaly pourrait ne pas faire le poids face à une alliance Bédié-Gbagbo-Soro

 

Ce dernier garde encore en mémoire ce qu’il considère comme une trahison de la part de son ex-Premier ministre qui, au plus fort de la crise post-électorale de 2010-2011, s’était retrouvé avec son rival à l’hôtel du Golf. Et ce n’est pas tout. Pendant que Gbagbo fait de la réconciliation nationale une priorité avant les prochaines échéances électorales, Bédié et Soro ont les yeux rivés sur la présidentielle de 2020. Ceci pouvant expliquer cela, on comprend pourquoi la rencontre entre Bédié et Gbagbo a pris du retard alors qu’elle se voulait imminente, si l’on en croit les proches des deux personnalités qui jouaient les intermédiaires. Mais peu importe. Car mieux vaut tard que jamais, dit-on. Maintenant que les deux  hommes ont manifesté leur volonté de marcher main dans la main dans la perspective de la présidentielle sans pour autant dire si oui ou non ils seront candidats, que fera le  président ADO dont on dit qu’il a tenté par tous les moyens, de torpiller ce rapprochement ? Va-t-il revenir sur sa décision de renoncer au pouvoir ; lui qui a déjà choisi Gon Coulibaly comme dauphin même si d’aucuns estiment que ce dernier souffre d’un « déficit de popularité très net » ? On attend de voir. Mais une chose est certaine. Gon Coulibaly qui traîne le scandale des 418 milliards de F CFA dilapidés, du Programme présidentiel d’urgence, comme un boulet à son pied, pourrait ne pas faire le poids face à une alliance Bédié-Gbagbo-Soro. Et c’est peu dire.

B.O

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