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RENFORCEMENT DES TROUPES FRANÇAISES AU SAHEL

Seuls compteront les résultats

Lors du sommet de Pau tenu le 13 janvier dernier, Emmanuel Macron et les chefs d’Etat du G5 Sahel se sont dit la vérité sur la présence militaire française au Sahel. La décision phare qui en était sortie, portait non seulement sur l’envoi d’un renfort de   soldats français, mais aussi sur le fait que les actions de Barkhane et celles de la Force conjointe du G5 Sahel, vont désormais se concentrer dans la zone des trois frontières, Mali- Burkina – Niger.  C’est désormais chose faite. Puisqu’après un premier renfort de 220 soldats en janvier dernier, la France vient de déployer 600 hommes supplémentaires au Sahel. L’annonce a été faite le 2 février dernier par la ministre française des Armées, Florence Parly.  La force Barkhane passera donc de 4500 à 5100 militaires d’ici à fin février 2020. Parallèlement, les  forces spéciales européennes débarqueront aussi au Sahel avec pour mission principale d’accompagner les armées locales au combat, d’ici à l’automne prochain.  Les populations du Sahel, meurtries aujourd’hui par les attaques terroristes au quotidien, peuvent se réjouir de toutes ces bonnes nouvelles. Et pour cause : cette zone des trois frontières encore appelée « triangle de la mort », est le sanctuaire de l’Etat islamique au grand Sahara. A partir de ce haut lieu du crime, les terroristes montent des opérations quand ils veulent et comme ils veulent contre le Burkina, le Mali ou encore le Niger. Et les terroristes sont davantage à l’aise dans cette région qu’ils ont réussi le tour de force de faire en sorte qu’aucune armée des trois pays n’y soit présente.

 

Les populations ne veulent pas autre chose aujourd’hui que la paix

 

De ce fait, ils ont réussi l’exploit de faire de la zone, une sorte de mini-califat à partir duquel ils dictent leur loi aux populations riveraines. L’on peut donc se réjouir que la France et les pays du G5 Sahel aient ciblé ce vaste endroit comme zone à traiter de manière urgente et prioritaire. L’autre annonce qui ne manque pas d’intérêt pour les populations du Sahel, est liée à la volonté ferme de la France de faire en sorte que ses troupes soient en permanence sur le terrain. Pour une stratégie militaire, c’en est une. Et cerise sur le gâteau, la France compte y engager ses troupes les plus aguerries, à l’image des légionnaires qui constituent le renfort de 220 soldats. Tout cela peut faire naître l’espoir au Sahel : celui  de faire basculer le rapport de forces de manière significative en faveur de l’axe du bien. En tout cas, seuls compteront les résultats. Et dans les meilleurs délais car, les populations ne veulent pas autre chose aujourd’hui que la paix. Si elle doit venir du renforcement par la France, de sa présence militaire au Sahel, elles ne cracheront pas  dessus, tant elles sont traumatisées ; en témoigne le nouveau massacre d’une vingtaine de civils dans le Nord du Burkina Faso, le week-end écoulé. Tout en saluant l’annonce faite par la France de concentrer ses efforts dans le « triangle de la mort », l’on peut aussi lui suggérer d’ouvrir l’œil et le bon sur cet autre triangle de la mort en gestation, c’est-à-dire celui qui est en train de se dessiner à la frontière Burkina – Bénin – Niger dans le Parc W. Dans la traque aux terroristes, l’on doit également mettre un point d’honneur à s’attaquer à ce que l’on peut appeler le terrorisme local ou domestique. En effet, les populations, de plus en plus, paient un lourd tribut à cette forme de terrorisme. Et elle est d’autant plus difficile à combattre qu’elle semble ne pas avoir de visage. En tout cas, cette forme de terreur diffuse et ambiante est en train de faire très mal dans les villages et les hameaux de culture du Sahel.  En attendant que les grands moyens soient mobilisés pour la combattre, l’on peut déjà saluer le recrutement annoncé par le Burkina, de volontaires pour aider les forces de l’ordre à combattre le phénomène.

 « Le Pays »

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