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REPRISE DE MANIFS CONTRE UN TROISIEME MANDAT DU PRESIDENT GUINEEN

Que peut encore le FNDC ?

Après quelques mois de trêve pour cause de Covid-19 et des examens scolaires, la rue a repris du service hier, en Guinée Conakry. En effet, les opposants au président Alpha Condé qui est dans les starting-blocks pour briguer un troisième mandat, ont, sur initiative du Front national de défense de la constitution (FNDC), battu le macadam pour s’opposer à toute confiscation du pouvoir. Et comme il fallait s’y attendre, les forces de l’ordre ont encore fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants dont certains ont été blessés par balles et d’autres interpellés. Même si la mobilisation a été timide à cause, pourrait-on dire, de l’absence des militants de Dalein Diallo dont le parti, l’UFDG n’est plus membre du FNDC, il n’en demeure pas moins que le FNDC aura tenu promesse en bravant l’interdiction des manifestations décrétée par le pouvoir Condé à cause dit-il,  de la campagne électorale en cours. Avec cette reprise des manifs en Guinée, il faut craindre que le pays ne renoue avec les violences qu’on a connues de par le passé, d’autant qu’on a le sentiment que les deux camps sont déterminés à aller jusqu’au bout. En tout cas, avec la validation de sa candidature, Alpha Condé qui bat déjà campagne, aura fait un pas de plus sur le chemin de la patrimonialisation du pouvoir. Et tout laisse croire qu’il n’est pas prêt à reculer devant une opposition qui, en dépit d’assauts répétés, peine à le faire plier. Toujours est-il que le locataire du palais Sékhoutoureya semble avoir pris une longueur d’avance sur ses opposants. On est d’autant plus fondé à le penser qu’après s’être fait tailler une Constitution sur mesure, il semble avoir réussi la prouesse de mettre toutes les institutions sous sa botte y compris la Grande muette. Mais pouvait-il en être autrement quand on sait que l’armée guinéenne n’a jamais été républicaine?  Pour autant, faut-il désespérer de cette opposition qui est vent debout depuis plusieurs années pour contraindre Condé au respect de la loi fondamentale ? Assurément, non ! Car, comme le dit l’adage, « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ».

 

L’entêtement de Condé pourrait le conduire à sa perte

 

Condé a certes réussi par la force et la ruse, à lever presque tous les obstacles sur le chemin d’un troisième mandat, mais l’opposition guinéenne n’a pas encore dit son dernier mot. Et même s’il réussissait à se faire élire, il risque d’avoir un mandat difficile. C’est dire si l’octogénaire président devrait savoir raison garder ce d’autant que la jeunesse guinéenne qui aura payé un lourd tribut dans cette bataille pour le respect de la Constitution, semble plus que jamais déterminée à prendre son destin en main. Ce serait faire preuve de naïveté de la part du camp Condé, que de croire que tout est déjà plié. Le troisième mandat dont il rêve tant, est un projet risqué. Et si le pouvoir guinéen n’y prend garde, il pourrait bien y laisser des plumes. En tout cas, bien des princes régnants qui ont cru que ce genre de projet passerait comme une lettre à la poste, l’ont appris à leurs dépens.  C’est dire si cet obstination de Condé pourrait le conduire à sa perte. Il risque, et c’est peu de le dire, de vendanger les acquis engrangés durant ses deux mandats. En choisissant de foncer tête baissée, Condé risque de sortir de la scène par la petite porte. Cela dit, est-il encore possible que le professeur entende la voix de la sagesse ? Tout porte à croire que non. Les dés sont jetés et l’opposition gagnerait à changer son fusil d’épaule. Si malgré le nombre important de cadavres dans ses placards, Condé continue comme si de rien n’était, c’est qu’il est prêt à brûler le pays pour obtenir son troisième mandat. L’on en vient alors à se demander que peut encore le FNDC ?

 

Dabadi ZOUMBARA

 

 

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