SCENE DE CAPHARNAÜM A LA MAIRIE DE OUAGA : Les populations méritent mieux que ça !

SCENE DE CAPHARNAÜM A LA MAIRIE DE OUAGA  :  Les populations méritent mieux que ça !

Le conseil municipal de Ouagadougou est-il en train de prendre rendez-vous avec le capharnaüm et les mauvaises pratiques qui ont pris pied dans bien  des mairies du pays ? A cette question, l’on peut être tenté de répondre par l’affirmative. En effet, l’on peut étayer cette réponse par le spectacle qui a été servi aux citoyens, pratiquement en live, à l’occasion de la première session de l’année du conseil municipal de Ouagadougou. C’était le jeudi 18 janvier dernier.  Ce jour-là, les choses ont failli virer au pugilat entre les conseillers. D’un côté, l’on avait les conseillers du MPP et alliés, et de l’autre les conseillers de l’opposition. Les questions qui ont fait monter le mercure se rapportent à trois projets de délibération. Il s’agit du projet portant sur la définition des seuils d’approbation des marchés par le maire et par le conseil municipal et deux autres portant définition du seuil pour autorisation  de conclusion de marchés de gré à gré. Pour l’opposition, ces projets, s’ils sont adoptés, ouvriront la voie à toutes sortes de dérives. Ce point de vue a été exprimé clairement par le conseiller Jean Léonard Bouda en ces termes : « Cela constitue une forme de gabegie et de népotisme qui permet au maire d’attribuer des marchés à des proches ». Pour le camp d’en face, naturellement, c’est un autre son de cloche ; les réformes envisagées visent plutôt l’efficacité. Nous n’allons pas rentrer dans ce débat pour ne pas donner l’impression que nous roulons pour un camp. Seulement, nous pouvons regretter qu’en lieu et place du choc des arguments, qui est l’essence même des structures délibérantes et de la démocratie, l’on ait privilégié l’argument des sifflets tonitruants et de la destruction des documents de travail. Ce spectacle, il faut avoir le courage de le dire, offre une très mauvaise image de la démocratie locale. Car, l’on peut ne pas être d’accord  avec les idées de quelqu’un, mais la démocratie exige qu’on lui permette de les exprimer.

Les populations attendent une amélioration significative de leurs conditions d’existence

Dans le cas d’espèce, les « insurgés » auraient été bien inspirés d’exprimer leur mécontentement en jouant la carte de la chaise vide et celle d’une déclaration prenant à témoin l’opinion nationale, dans laquelle ils prendraient le soin de consigner les raisons pour lesquelles les réformes annoncées sont inacceptables à leurs yeux. En rappel, la carte de la chaise vide avait été jouée par les députés de l’opposition, à l’occasion du vote sur le PPP (Partenariat public-privé). Ils auraient pu transformer l’hémicycle, ce jour-là, en un haut lieu de vacarme pour empêcher le vote de la loi en y introduisant des trompettes  dignes de Jéricho. Mais ils ne l’ont pas fait. L’on peut saluer en passant leur élégance. Cela dit, les conseils municipaux, dans leur grande majorité, posent rarement des actions à la hauteur des attentes des populations. Très souvent, quand ils se mettent en mouvement, c’est pour des raisons liées aux parcelles ou autres raisons qui sont à mille lieues des intérêts des pauvres populations dont les suffrages ont pourtant permis aux conseillers d’avoir cette qualité. Si les conseillers et les conseillères pouvaient mettre la même vigueur et le même engagement dans les réalisations allant dans le sens de la résolution des questions existentielles des populations, nul doute que nos communes urbaines et rurales se porteraient mieux. En tout cas, les populations attendaient mieux des conseillers et des conseillères de la mairie de Ouagadougou que le spectacle désolant qu’ils leur ont servi à l’occasion de la première session de l’année du conseil municipal de la mairie de Ouagadougou, tenue le jeudi 18 janvier 2018. Les populations attendent de manière impérative des routes bien tracées et bien construites, des infrastructures sociales de proximité, bref, elles attendent légitimement d’eux une amélioration significative de leurs conditions d’existence. A défaut  de s’inscrire dans cette logique, l’on peut au moins leur demander de ne pas en rajouter à l’incivisme ambiant, par des actes de violence. Car, le Burkina en souffre déjà trop. Et les conseillers et les conseillères de la ville de Ouagadougou sont bien placés pour le savoir. Ils devraient donc s’évertuer à donner le bon exemple aux populations.

Sidzabda   

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