SERIE DE DRAMES AU BURKINA : La rançon du manque d’autorité

SERIE DE DRAMES AU BURKINA  :   La rançon du manque d’autorité

Je fais un constat des plus alarmant. Le Burkina Faso, mon beau pays, est en train d’aller à vau-l’eau. Ce n’est pas moi qui le dis, mais les faits parlent d’eux-mêmes. Je veux parler de cette série de drames qui se succèdent à l’infini. Je ne suis pas personnellement serein. Voyez-vous ? On a démarré la nouvelle année  avec un massacre à Yirgou dans la région du Centre-Nord. Et pendant que l’on n’avait pas encore fini de pleurer,  survient un autre drame dans les Cascades, plus précisément à Nafona, à Soubakaniendougou. Là, on dénombre trois morts dont deux policiers et une dame. Et comme pour ne rien arranger, on a assisté pratiquement au même moment à une irruption de la violence à Orodara, dans le Kénédougou, où un affrontement entre les forces de l’ordre et la population a laissé cinq morts sur le carreau. Si l’on ajoute à tout cela les différentes attaques terroristes enregistrées ça et là, on peut dire que le Burkina Faso n’est pas loin d’un chaudron. Franchement, j’en ai assez d’entendre ce genre de choses. Cela me fait d’autant plus mal que mon pays qui était jadis présenté comme un havre de paix, envoie de plus en plus de mauvais signaux au reste du monde. Et cela ne me rassure pas. Il faut une thérapie de choc. Car, à l’allure où vont les choses, j’ai très peur pour demain. Je le dis parce que de plus en plus, on se demande si le pays est gouverné, tant la pagaille a pris de l’ampleur. Et en l’absence de l’autorité de l’Etat, certains se croient tout permis. Si fait que ce qui passait pour être un interdit, est devenu depuis peu la règle au pays des Hommes dits intègres. Personnellement, j’en appelle à la responsabilité du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

 

On ne doit pas diriger un pays avec des sentiments

 

Il faut taper du poing sur la table pour que les uns et les autres comprennent que dans un Etat de droit, il y a des limites à ne pas franchir et que, quoi qu’il arrive, force doit toujours rester à la loi. Je ne suis pas contre la palabre qui est un mécanisme traditionnel de règlement des conflits. Loin s’en faut. Mais je dis et je répète qu’en république, rien ne peut supplanter la Justice, pour autant que l’on ne veuille pas encourager l’impunité et les dérives. Cela dit, Roch doit se secouer. Il doit d’autant plus le faire que l’heure est grave. Je le dis parce qu’en vérité, j’ai l’impression que les gens n’ont pas peur de lui en tant que capitaine du navire. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Mais je crois que c’est parce qu’il n’aime pas sévir. Il fait trop dans les sentiments. Or, on ne doit pas diriger un pays avec des sentiments. Je n’encourage pas la dictature mais j’ai horreur aussi du laisser-aller. « Qui aime bien châtie bien », a-t-on coutume de dire. Et Roch doit faire sien cet adage. En tout cas, une mue s’impose dans la mesure où même l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) reconnaît dans son dernier rapport qu’en matière de gouvernance, les indicateurs sont en baisse. Peut-être était-ce ceci qui explique cela. Car, les hommes sont ainsi faits qu’ils se permettent tout en l’absence d’autorité et de sévérité.

« Le Fou »   

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