SIMON COMPAORE, à propos du dossier du putsch manqué « Il y a des gens qui font des pieds et des mains pour que le procès n’ait pas lieu »

SIMON COMPAORE, à propos du dossier du putsch manqué     «  Il y a des gens qui font des pieds et des mains pour que le procès n’ait pas lieu »

 

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a tenu, le 8 février dernier à son siège au quartier Ouidi à Ouagadougou, une conférence de presse en vue d’échanger avec les Hommes de médias sur le récent remaniement ministériel et d’autres sujets d’actualité, notamment le procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 dont le début est prévu pour le 27 de ce mois. Au cours de cette conférence à laquelle ont pris part certains ministres et responsables du MPP, le président par intérim dudit parti, Simon Compaoré, a réaffirmé la volonté de la nouvelle équipe gouvernementale à œuvrer pour le bien-être des Burkinabè.

 

Sauf report, le procès relatif au putsch manqué du 16 septembre 2015 débutera le 27 février prochain. Une programmation dont se réjouit le président par intérim du MPP, Simon Compaoré, car selon lui, on a beaucoup attendu et il fallait que ce dossier soit enfin prêt pour être jugé.  A ceux qui craignent une partialité de la Justice, notamment la Nouvelle alliance du Faso (NAFA), Simon Compaoré estime qu’il n’y a pas matière à fouetter un chat. «C’est leur propre dessein qui les inquiète. Puisqu’on sait que c’était une façon de se soustraire à la justice en faisant en sorte que l’autre (ndlr : Djibrill Bassolé) puisse sortir et ne plus revenir. C’est cela le fond de la question », a-t-il expliqué. Et de poursuivre en ces termes : «Il y a des gens qui font des pieds et des mains pour que le procès n’ait pas lieu ». A son avis, il y a des gens qui, depuis que la procédure semble s’accélérer, ont tenté de faire retarder la tenue du procès en usant du dilatoire. Or, a-t-il fait remarquer, tous étaient unanimes qu’il fallait juger ce dossier parce qu’on avait beaucoup attendu. S’agissant d’immixtion des autorités politiques dans le dossier du putsch que certains dénoncent, Simon Compaoré soutiendra qu’il ne voit pas ce qu’on peut appeler immixtion dans ce dossier,  qui peut entacher la crédibilité du procès.  Pour lui, le départ du juge Jean Marie Ouattara que la NAFA invoque comme argument pour justifier son inquiétude, n’est qu’une rotation. Le moment était venu d’opérer des changements. Du reste, le ministre de la Justice, a-t-il dit, s’est suffisamment prononcé sur la question. De son point de vue, cet argument est une fuite en avant, mais qui ne va pas empêcher le droit d’être dit. «Si la justice trouve qu’il n’est pas coupable, eh bien, ça le sera. S’il est coupable, ça le sera aussi. Donc, ne soyons pas pressés », a-t-il martelé tout en affirmant que la NAFA peut dire tout ce qu’elle veut, car c’est son droit.

 

« Nous souhaitons que les témoins et les acteurs puissent être présents au moment où le procès s’ouvrira »

 

Quid de la gestion de la liberté provisoire accordée au Général candidat de la NAFA à la présidentielle de 2020, Djibrill Bassolé? Sur cette question, Simon Compaoré dira que si on devrait interroger les populations sur le sujet, sur 100 personnes, on ne trouverait pas plus de 10 à 15 qui comprendraient le sens de cette liberté provisoire accordée à ce prévenu. « Parce qu’au début, on nous a dit que c’est pour cause de maladie. Mais depuis qu’il est en résidence surveillée, on n’a pas appris qu’il est couché sur un lit et qu’il est mourant. Mieux, il reçoit régulièrement et quand on reçoit régulièrement, c’est que le minimum, on est quand même bien portant. Sinon, quand on est couché, on ne reçoit pas ». Ce qui signifie, pour lui, qu’ils ont eu raison, parce que rien ne pouvait les rassurer qu’une fois de l’autre côté, Djibrill Bassolé reviendrait devant le juge. Or, si cette situation arrivait, «certains d’entre vous n’hésiteraient pas à décocher des flèches au pouvoir en disant : c’est des arrangements. Ils savaient qu’il n’allait plus revenir… Comme ce sont des arrangements, voilà pourquoi les choses se sont passées ainsi. Or, nous souhaitons que les témoins et les acteurs puissent être présents au moment où le procès s’ouvrira ». Pour lui, les informations qui leur parvenaient montraient qu’il y avait un gros risque et ils ne tenaient pas à être responsables devant le peuple par rapport à une éventuelle fuite de celui-là qui doit répondre devant les juges. C’est pourquoi cette décision a été prise. « Si c’est ça l’immixtion, je crois que c’est une bonne immixtion parce que ça nous rassure que le 27 février prochain, il pourra se présenter devant le juge», a-t-il lancé.  Il a révélé que de l’argent a été distribué à des jeunes dans un secteur de la ville  de Ouagadougou afin qu’ils perturbent le déroulement du procès à travers des manifestations, notamment des barricades sur les voies publiques. Mais ce projet sera éventré a-t-il promis.  Répondant à une question relative à la reconduction du Premier ministre Paul Kaba Thiéba alors que certains estiment que son bilan est insufissant, le président par intérim du MPP dira que la réponse est simple : «Comme le président ne vous a jamais consulté, Thiéba I, j’ai au moins l’information que vous n’avez pas été consulté, Thiéba II, vous n’avez pas été consulté ; donc, c’est tout à fait normal que Thiéba III, vous ne soyez pas consulté », a-t-il lancé à l’auteur de la question. Selon Simon Compaoré, c’est le pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat de choisir qui il veut, qui il juge capable, à même de mettre en œuvre avec une équipe son programme pour qu’il soit au rendez-vous de 2020.  Et le Secrétaire exécutif national du parti, Lassané Sawadogo, et le vice-président du MPP, Clément P. Sawadogo, de signifier qu’aucun indicateur burkinabè n’établit un bilan insatisfaisant ou insuffisant du gouvernement. Bien au contraire, le taux de  croissance réalisé en 2017, 6,4% est supérieur à ceux enregistrés en 2016, 2015 et 2014 qui sont respectivement, a-t-il révélé, de 5,6% ; 3,9% et 4%.

Des avancées notables

 

Ce qui signifie qu’il y a la relance économique, a confié Clément P. Sawadogo, par ailleurs nouveau ministre de la Sécurité. Selon lui, il y a des avancées notables dans les domaines de l’eau potable, de l’énergie, de la santé, des infrastructures routières et scolaires, etc. Et la nouvelle équipe gouvernementale entend œuvrer à consolider ces acquis tout en améliorant les conditions de vie des Burkinabè à travers l’accélération de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Selon Simon Compaoré, ceux qui veulent le départ du Premier ministre estiment qu’il ne travaille pas mais de leur côté, ils  estiment qu’il travaille et qu’il peut faire leur affaire.  « where is the problem ? », s’est-il interrogé. A ceux qui qualifient la nouvelle équipe gouvernementale d’équipe de campagne pour la présidentielle de 2020, Simon Compaoré leur dira qu’elle est plutôt une équipe de combat. C’est pourquoi il y a en son sein des jeunes qui ont de l’énergie à revendre et qui auront l’occasion de montrer qu’on peut faire confiance aux jeunes, a-t-il justifié.  Et d’ironiser : « Si le combat peut être utile à la campagne, where is the problem ? »  Il a relevé que le renouvellement de l’équipe gouvernementale va insuffler une nouvelle dynamique et permettre de faire un pas de géant.  En ce qui  concerne les nouvelles fonctions qu’il occupe, il a laissé entendre ceci :  « Je me porte bien dans la nouvelle robe qui m’a été taillée ».  Pour lui, être ministre n’est pas une sinécure, c’est une mission.

 A la question : des adversaires politiques estiment que si la nouvelle équipe gouvernementale échoue, il ne restera plus au MPP qu’à dire adieu au pouvoir en 2020. Que leur répondez-vous? Simon Compaoré dira qu’il est permis de rêver. A son avis,  ce sont des déclarations péremptoires. Dans tous les cas, c’est au pied du mur qu’on reconnaît le vrai maçon, a-t-il asséné. « Ce sont des gens qui prennent leurs rêves pour des réalités. Ils ont raison, parce qu’il y a beaucoup d’efforts qui sont développés à leur niveau pour nous mettre des bâtons dans les roues », a-t-il confié. Il a souligné que l’engagement du président du Faso est une réalité, au regard de certaines réalisations et son parti n’aura pas de difficultés à assumer son devoir de redevabilité devant le peuple Burkinabè en 2020.

Les Forces vives de la nation invitées à privilégier l’intérêt supérieur du pays

 

Le président par intérim du MPP a invité l’ensemble de la classe politique, les Forces vives de la Nation, à mettre en priorité l’intérêt supérieur du pays. Car, pour lui, le Burkina qui fait face à des attaques répétées, a besoin de s’unir face à cette adversité qui influe négativement sur son essor socio-économique.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

 

    

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4 Commentaires

  1. Fréderico

    Simon Compaoré, économiste de formation a beaucoup travaillé dans la vie politique à tel point que cela a eu tendance à occulter un peu son profil d’économiste de l’Université de Dijon en France. Il constitue l’une des grandes figures politiques des 20 dernières années du Burkina Faso. C’est un stratège dans la mobilisation des foules tant au plan du développement que lors des échéances électorales. Son expérience de maire de Ouagadougou lui a permis de savoir qu’il faut allier sensibilisation et rigueur dans la réalisations des actions de développement d’une ville où les gens sont souvent réticents à sortir des cadres anarchiques d’encombrement des voiries et leurs abords. Aussi, Simon Compaoré demeure une locomotive électorale pour son parti le MPP pour les échéances électorales é venir (présidentielle et législative 2020).

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  2. Vérité

    Il est évident que les généraux Bassolé et Diendéré ont causé trop de violences contre des citoyens,indépendamment du coup d’Etat où l’on a tiré sur des gens dans la rue pour les empêcher de protester et de circuler dans les rues de Ouaga.Ils assument une part de culpabilité pour les morts liées au putsch de septembre 2015.Quant à Diendéré qui croit qu’il peut se tirer d’affaires en essayant d’accuser de complicité des personnalités civiles,militaires,coutumières et religieuses,il se trompe.Car,c’est lui chef d’Etat putschiste du CND.Il devrait avoir honte de dire qu’on l’a soutenu pour faire le putsch comme s’il était un bambin qu’on manipule contre sa volonté.Pourquoi n’accuse t-il pas son épouse vipère Fatou qui n’a jamais caché ses ambitions d’être une Première Dame du Faso.

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  3. Sacksida

    Qu’en-est-il exactement de cette autre affaire dite de « Tentative de déstabilisation du pouvoir de RMCK et du MPP», et dont les présumés comploteurs croupissent en début janvier 2018 à la MACA : Colonel Auguste Denise Barry, un jardinier, un gérant de quincaillerie et un électricien ? La troisième personne citée vient de bénéficier d’une liberté provisoire, et l’opinion publique reste de plus en plus sceptique sur la véracité de ce « présumée complot de décembre 2017 » car c’est tout à fait évident que les accessoires de quincaillerie, les arrosoirs de jardins, la pince à dénuder les fils et le Testeur de tension entre autres, ne sauront constituer des armes pouvant exécuter une telle opération, même si le présumée instigateur est un cadre supérieur militaire. Beaucoup, de Burkinabé dans l’opinion estime qu’il, s’agirait purement et simplement d’un règlement de comptes politique entre le principal accusé et le tout puissant ministre d’Etat Simon Compaoré et certains officiers du fait que sous la Transition l’ex-ministre de la sécurité Auguste D. Barry l’avait interpelé et que des Maires d’arrondissements proches du parti au pouvoir avaient également été incarcérés. Sur cette affaire confuse, si des gens auraient reçus des sommes importantes pour une quelconque sale besogne, qu’attend le parquet militaire pour les citer nommément et les confondre ? En tout état de cause, il faudrait porter l’information judiciaire et des éclaircissements utiles au peuple Burkinabé qui en a droit. Car s’il s’avère d’un éventuel règlement comptes, notre cher pays risque de ne pas sortir de l’ornière après l’insurrection populaire de 2014 et le vrai « coup d’état » de septembre 2015. Comme dit l’adage : « Le règlement de comptes est semblable aux rites d’une religion, qui semblent absurdes, mais qui façonnent les hommes dans l’avenir et leur vie terrestre » Que Dieu protège et sauve ma patrie. Courage et Salut !

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  4. Albéric

    Ecoutez, le ministre d’Etat Simon Compaoré a voulu juste rassurer l’opinion publique sur l’état réel de santé du général Djbril Bassolé en précisant qu’il n’est pas couché dans un état de mourant. Cette précision valait la peine au regard des folles rumeurs qui avaient circulé, faisant croire que le général était extrêmement malade et qu’il fallait systématiquement une évacuation sanitaire à l’étranger pour le soigner. Le secrétaire exécutif de la NAFA (parti du général Bassolé) ,M.DICKO avait lui-même déclaré par voie de presse en février 2018 ,que le général avait le moral haut grâce à sa foi religieuse et qu’il se portait bien. Cela vaudrait insinuer que les agitations fébriles de militants de la NAFA qui exigeaient la libération pure et simple de Bassolé et son évacuation sanitaire relevaient plutôt de stratégies politiciennes pour une probable évasion du général afin d’échapper au procès du putsch de 2015.Par conséquent, Simon Compaoré n’a rien dit de compromettant ni pour le général, ni pour la procédure judiciaire en cours. Il a été clair, que si le général n’a pas été reconnu coupable par la justice, il sera relaxé .Cependant, si des preuves irréfutables sont reconnues contre lui et qui méritent une condamnation, il le sera. C’est clair, les propos de Simon Compaoré ne sont nullement compromettant et ne signifient pas une quelconque immixtion du gouvernement dans le dossier judiciaire. Au contraire, les autorités judiciaires ont fait preuve d’humanisme envers le général Bassolé, en lui accordant une liberté provisoire de sortie de la prison militaire et une assignation à résidence dans une villa à Ouagadougou ,où il reçoit royalement des gens.

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