SORTIE DE MACRON  SUR LA DEMOGRAPHIE EN AFRIQUE : Ces vérités mal assenées  

SORTIE DE MACRON  SUR LA DEMOGRAPHIE EN AFRIQUE : Ces vérités mal assenées   

 

Interrogé sur le développement de l’Afrique au cours d’une conférence de presse lors du sommet du G 20 à Hambourg en Allemagne, le président français, Emmanuel Macron, a  déclaré ceci  : « Le défi de l’Afrique, il est civilisationnel aujourd’hui ». Puis, énumérant les problèmes auxquels se trouve confronté le continent, il cite « les Etats faillis ou les transitions démocratiques complexes, la transition démographique » avant d’ajouter  : « Dans un pays qui compte  encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien.»  Et c’est bien cette phrase de trop qui lui vaut  une volée de bois vert de la part de nombre d’Africains et d’africanistes qui estiment que ces mots portent non seulement des relents coloniaux, mais aussi qu’ils s’attaquent aux ventres des femmes africaines. Mais Emmanuel Macron a-t-il vraiment tort ? Ce n’est un secret pour personne que la démographie, en Afrique, est des plus galopantes. La natalité sur le continent est très forte et cela s’explique, entre autres, par les conceptions traditionnelles et religieuses qui font de l’enfant un don de Dieu, les progrès de la médecine et de l’hygiène,  le fort taux de natalité, la valeur économique de l’enfant qui, dans des sociétés encore majoritairement rurales, constitue une importante main d’œuvre, etc.

Le continent africain est de loin le moins peuplé

Il en résulte un fort accroissement naturel de la population, qui pose de nombreux problèmes, notamment l’insuffisance des infrastructures sanitaires et éducatives, l’explosion urbaine, la pression sur les ressources environnementales, les problèmes d’emplois avec, entre autres corollaires, les migrations et le terrorisme. Le président français a donc dit des choses vraies quand il fait de la fécondité en Afrique, un facteur du sous-développement du continent. L’avis est d’ailleurs partagé par de nombreux spécialistes, même s’il faut revoir à la baisse le chiffre avancé par le locataire du palais de l’Elysée. Selon, en effet, une étude de l’ONG Population Reference Bureau, le taux de fécondité en Afrique s’élevait en 2016 à 4,7 enfants par femme et serait d’ailleurs en forte baisse.  Mais, gardons-nous bien des fausses évidences. Le continent africain est de loin le moins peuplé et la forte démographie africaine n’est pas forcément un handicap. Celle-ci offre au continent de puissants atouts en termes de ressources humaines et un fort marché de consommation. C’est d’ailleurs ces atouts comparatifs qui en font aujourd’hui l’une des destinations privilégiées des investisseurs européens et asiatiques. La question qui se pose n’est donc pas celle de la forte croissance démographique, mais celle de la répartition des richesses mondiales.  Les Etats se retrouvent démunis face aux immenses besoins des populations, en raison du pillage des ressources africaines à travers le déséquilibre des termes de l’échange quand ce n’est au cours de conflits meurtriers souvent financés par les grandes multinationales occidentales, notamment françaises, fréquemment citées en la matière. C’est en cela que l’on pourrait dire que les vérités « macroniennes » sont mal assénées. Car, au-delà du débat scientifique, il faut tout aussi déplorer la vision idéologique qui sous-tend cette sortie du président français que d’aucuns n’ont pas hésité à taxer de « vision colonialiste» et « raciste ». Faire des « 7 à 8 enfants africains » un problème civilisationnel, c’est les ravaler au rang de  bêtes de reproduction n’obéissant qu’au simple instinct naturel.

Les Africains ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes

De ce fait, le discours de Macron n’est pas trop loin de cet autre discours, tenu lui aussi par un autre président français, Nicolas Sarkozy, il y a de cela une décennie à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar et qui stipulait en substance que « L’homme noir n’est pas assez entré dans l’Histoire ».  Macron fait pire cependant, en s’en prenant au maillon faible en Afrique  qui, paradoxalement, est reconnu comme créateur de développement, c’est-à-dire la femme. Cela dit, les Africains ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Et  pour cause. D’abord, parce qu’ils sont prompts à tendre la sébile aux Occidentaux. Il n’y a donc pas de quoi piquer une colère noire quand ceux qui « baillent » s’arrogent le droit de remontrances au point d’interférer dans l’intimité des couples en Afrique.  En tout cas, cette douche froide de Macron met les dirigeants africains devant leurs responsabilités. « Gouverner, dit-on, c’est prévoir »,  mais le constat en Afrique en matière de population, c’est le pilotage à vue. C’est en cela que cette cinglante déclaration de Macron, au lieu de faire mal, doit constituer un  électrochoc pour les consciences africaines. Mais, il ne s’agit point de se précipiter pour apporter la réplique. L’Afrique doit se poser les bonnes questions pour trouver les bonnes réponses.  Lorsque l’on établit un classement des nations les plus puissantes économiquement en Afrique, les 5 premières sont celles qui ont les plus fortes démographies. Le problème n’est donc pas tant la démographie galopante que le manque de vision.

« Le Pays »

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4 Commentaires

  1. Sheiky

    Les occidentaux ont cette manière à eux de jouer avec le psychique des africains. le défi actuel c’est d’avoir des élites qui savent dépasser ce formatage pour savoir se dresser contre leur manipulations et à leur prouver le contraire de tout le mal qu’ils pensent de l’Afrique. La base de la civilisation est africaine et l’occident y à tirer beaucoup de connaissances et de matières qui leur ont permis d’évoluer et de créer leur nouveau monde. Ils ont également utiliser le respect que l’africain avait de la nature pour lui soutirer ses matières premières. Mais fondamentalement, ils savent que l’africain est plus intelligent et plus valeureux que l’occidental qui est plus malin, fourbe et surtout doté d’un esprit d’aventurier plus accentué. Si on a comme baromètre un système qu’ils ont mis en place, qu’ils contrôlent sur tous les plans et auquel ils veulent forcément nous faire adhérer pour mieux nous maîtriser, on sera effectivement permanemment en retard. Mais si on prend conscience de notre force dont une des composantes est la population, on saura émerger, à long terme, mais on saura. Là ou le bât blesse est qu’ils fustigent nos démocraties et nos gouvernances alors que cet échec a été scientifiquement et techniquement préparé en cautionnant, depuis des indépendances, des élites qui étaient et sont des cancres et en anéantissant/neutralisant systématiquement et sans pitié les bonnes graines.
    Tout ceci a été maintes fois démontré par des éminents intellectuels et leaders africains. Mais apparemment ils ont presque réussit à nous laver le cerveau. Au lieu de se plaindre, ces types d’interventions doivent être la bienvenue et permettre à nos intellectuels d’organiser des débats et de nourrir le cerveau de notre jeunesse.
    A QUAND L’AFRIQUE

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  2. Sacksida

    Voyez-savez, nos tares sont les causes internes de notre sous-développem ent: L’ingratitude, l’égoïsme, la méchanceté, la jalousie, la cupidité en somme la mal gouvernance dans beaucoup de domaines et annihilent nous efforts de progrès et qui minent notre existence sociale. Et également ces tares constituent la perte de nos valeurs sociétales. Et quand, l’étranger comme le Président Emmanuel Macron nous les renvoie à notre figure et à nos responsabilités , nous sommes pressés de crier haro sur le baudet. Même si au plan externe nos sociétés souffrent également de l’exploitation injuste de nos potentialités économiques. Du reste, tant que les africains ne vont pas changer positivement de mentalité et savoir que tout développement commence d’abord dans la tête ; nous risquons après des siècles de demeurer dans le sous-développement mental et matériel. Prenons donc, l’exemple réussi des asiatique qui en l’espace de trente années sont devenus des pays économiquement émergents : Le Japon, la Chine, l’Inde, Singapour etc. Alors, si nous voulons nous en sortir, il faut mettre à la place de l’émergence individuelle et personnelle égoïstes, le travail et la bonne gouvernance pour l’émergence collective. J’ai la conviction établit que sans une Révolution Démocratique et Sociale nos pays demeurons à la traîne. Courage et Salut !

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  3. Koffi

    Qui cherche trouve ohhh Macron!Les Africaine….?
    APPRECIEZ LE COMMENTAIRE D’UN BURKINABÈ A MACRON *

    MON CHER MACRON

    Ma mère a eu au total neuf enfants dont huit sont encore en vie. Elle et mon père n’ont pas fait un jour de classe dans une école ni française, ni catholique, ni coranique, encore moins évangélique. Mes parents ont aujourd’hui respectivement 78 et 76 ans. Ils pourraient être tes grands-parents. Ils n’ont jamais travailler dans une administration publique. Le système français importé de chez toi n’a jamais prévu leurs places. Mon père a arrêté de travailler avec moins de 30000 cfa comme revenu mensuel et ma mère n’a jamais eu de bulletin de solde. Aujourd’hui, grâce à leurs efforts, à ceux de la grande famille et toute la COMMUNAUTÉ les 8 enfants comptent parmi eux 1 ingénieur, 1 infirmier, 1 technicien supérieur, 1 administrateur d’établissement, 1 administrateur culturel, 2 communicateurs et 1 journaliste. Tous participent du mieux qu’ils peuvent à la construction de notre pays le Burkina Faso. Je passe sous silence le fait qu’ils manipulent avec aisance la langue de tes ancêtres et prolongent de ce fait ta culture et l’influence de ton pays. Ils paient des impôts et taxes qui permettent à notre président de venir de temps en temps écouter tes balivernes en Europe là-bas, ils utilisent et font circuler ton franc CFA que tu imprimes et distribues à ta guise à partir de La Chamalières​ chez toi en France là-bas. Mes frères et moi avons formé de très nombreux autres burkinabè qui travaillent pour la stabilité, le confort et le prestige de ton pays : certains travaillent dans tes entreprises de commerce et de construction ici et renflouent tes caisses là-bas , d’autres cultivent le coton que tu viens emporter pour la mode de tes concitoyens, etc… Il y a en même que tu as fait venir chez toi en France parceque tu nous trouvais indignes de leurs savoirs. Peut-être devrais-je ajouter qu’aucun de mes frères et moi, aucun de ceux que nous avons formés n’a jamais manqué du respect envers toi ou tes concitoyens qui se sentent bien chez nous même si c’est toujours la croix et la bannière quand nous essayons de vous rendre visite. Quant à mes parents, ils ne peuvent même pas prononcer ton nom puisqu’ils ne savent pas qu’après ton grand père POMPIDOU, il y a eu encore un dirigeant dans ton pays.
    Ce que je viens de te dire, c’est si banal en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier que je n’ai jamais pensé qu’il faille le rappeler un jour à un de chez toi, qui plus est le Président. Mais comme tu sembles vouloir faire porter le chapeau de notre sous-développement à nos mères et avant elles à nos grands mères, il me semble aujourd’hui indispensable de te dire pourquoi ma mère a eu 9 enfants et pas 2 ou 3 comme la tienne. Quand tes aïeux Voulet et Chanoine prenaient de force les terres de nos ancêtres, ils ont abattu beaucoup parmi les nôtres. Puis avec vos travaux forcés, d’autres bras valides sont encore tombés. Ensuite, il y a eu vos deux stupides guerres que vous avez qualifiées de mondiales pour encore venir ponctionner des milliers d’enfants chez nous pour vous aider. Et si j’ajoute les sales maladies que vous avez transposées chez nous et qui decimaient les enfants, tu pourrais peut-être comprendre pourquoi il fallait à la mère Africaine le maximum d’enfants pour espérer en garder le minimum? 1 pour la colonne Voulet, 1 pour les travaux forcés, 2 pour vos guerres, 2 pour la diphtérie, la variole, la tuberculose ou la coqueluche et voilà, nos mères respectives sont à égalité.
    Tu vois, ce n’est pas si compliqué à comprendre que si vous EUROPÉENS nous promettez de nous coller la paix, si vous nous promettez de vous occupez de vos oignons désormais, le «problème de nombre d’enfants» qui freine le développement sera un sujet au conseil des sages sous le grand baobab de mon village car l’accouchement est tellement difficile que je ne connais pas une seule femme africaine qui veuille prendre le risque de 10 aller-retour entre la vie et la mort. J’espère que c’est clair maintenant.

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