A la uneSur la braise

SOUTIEN DE LA RUSSIE A BUJUMBURA

Et tant pis pour le peuple burundais et la démocratie !

Ça y est ! Le président burundais, Pierre N’kurunziza, peut continuer à disposer de son pays comme il l’entend. Il peut même renoncer à la promesse qu’il avait faite à la face du monde, de ne plus se présenter pour un troisième mandat en 2020. Et au pays du Gondwana, gare à celui qui se mettra en travers de son chemin vers une éventuelle présidence à vie ! Il lui en cuira, au sens propre comme au figuré. En tout cas, le dirigeant burundais sait désormais pouvoir compter sur un allié de taille : la puissante Russie qui dispose d’un droit de veto à l’ONU.  A quelques mois des élections générales dans son pays, Ezekiel Nibigira, le chef de la diplomatie burundaise, a été reçu par son homologue russe, Sergueï Lavrov. Ce dernier l’a assuré du soutien entier de son pays aux autorités burundaises.  C’est dire si Moscou continuera d’être à leurs côtés, n’en déplaise aux chancelleries occidentales.  On se souvient, en effet, que face aux multiples atteintes aux droits de l’Homme et à la violente répression qui s’était abattue sur l’opposition lors de la crise socio-politique de 2015, l’Europe et les USA avaient pris des sanctions contre ce pays et lui avaient quasiment tourné le dos.  Pour Moscou,  l’argument de « la souveraineté » suffit pour justifier son hostilité « à toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Burundi ». Mais personne n’est dupe ; car on sait bien que derrière cet alibi, se cache un enjeu crucial : les attraits que présente la jolie demoiselle Burundi aux yeux du soupirant Russie.  Et sans aucun doute, dans ce grand jeu de séduction, chacun sait pouvoir y trouver son compte.  

 

Ce sera toujours ainsi tant que Moscou aura des intérêts à défendre au Burundi

 

La réaction du ministre burundais des Affaires étrangères, à l’issue du tête-à-tête, en dit long à ce sujet, lui qui a lâché ces mots : « Je voudrais exprimer ma profonde gratitude au gouvernement et au peuple russe. Ici, je voudrais souligner les différents soutiens dont le Burundi bénéficie de la part de la Russie ; ce qui se fait à travers différentes actions, témoigne que nous avons les relations les plus profondes.» Cette nouvelle donne produite par le nouveau soutien russe, poussera-t-elle Pierre N’kurunziza à se lancer dans une nouvelle course à la présidence en 2020 ?  On attend de voir, même si la probabilité semble de plus en plus forte qu’il fasse le grand saut.  Et si c’était effectivement le cas, ce serait, hélas, tant pis pour l’alternance et la démocratie, et tant pis pour le peuple burundais ! Mais après tout, aux yeux du Klemlin, que des Burundais s’entretuent pour des élections, en quoi cela peut-il empêcher la Russie de dormir ? Et ce sera toujours ainsi tant que Moscou aura des intérêts à défendre au Burundi qui, du reste, fait en ce moment les yeux doux aux investisseurs russes. A ces derniers, le ministre Ezekiel Nibigira a lancé : « Venez constater par vous-mêmes que tout va bien dans notre pays ». Avant d’ajouter que les élections générales de 2020 « seront de véritables élections démocratiques et transparentes ». On attend de voir pour juger sur pièces.

 

Cheick Beldh’or SIGUE

 

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer