TOURNEE DE LA MINISTRE FRANÇAISE DES ARMEES DANS LE SAHEL : Une visite sur fond de violence au Nord-Mali  

TOURNEE DE LA MINISTRE FRANÇAISE DES ARMEES DANS LE SAHEL : Une visite sur fond de violence au Nord-Mali   

Emmanuel Macron, depuis son arrivée à l’Elysée, semble avoir mis un point d’honneur à casser du djihadiste et du trafiquant dans le Sahel africain. En effet, après s’y être rendu en personne pour doper le moral des soldats français de l’opération Barkhane, il a pesé de tout son poids pour la mise en place de la force du G5 Sahel. Mieux, il s’est engagé fermement à appuyer cette force en termes d’équipement et de formation. En outre, le président français entend mobiliser les partenaires européens et internationaux, en soutien à l’action de la force du G5 Sahel. Et pour donner, peut-on dire, une cohérence à son œuvre au Sahel, Macron a fait l’option politico-diplomatique de remettre la Libye sur ses deux pieds en mettant en place l’attelage Sarraj/Haftar. Et  comme pour signifier qu’il a de la suite dans les idées et qu’il ne fait pas dans la démagogie à propos de son plan pour le Sahel africain, Emmanuel Macron vient de dépêcher la ministre française des Armées dans 3 pays de la région.

Les deux locomotives de l’UE regardent dans la même direction en matière de lutte contre le djihadisme

En effet, Mme Florence Parly, puisque c’’est d’elle qu’il s’agit, est, depuis le 29 juillet, en tournée au Tchad, au Niger et au Mali. Sa mission  s’est achevée le 2 août 2017. Elle s’est entretenue au Tchad avec le président Idriss Deby, au Niger avec le président Mahamadou Issoufou et au Mali avec le président Ibrahim Boubacar Kéita. (IBK). Il faut préciser que la ministre a effectué une partie de ce déplacement, conjointement avec son homologue allemande, Ursula Van der Leyen. C’est la preuve que les deux locomotives de l’UE (Union européenne) que sont la France et l’Allemagne, regardent dans la même direction en matière de lutte contre le djihadisme et les trafics dans le Sahel africain. La France y est présente avec un contingent impressionnant de 4 000 hommes engagés dans l’opération anti- djihadiste Barkhane. Mais l’Allemagne n’est pas en reste. Ses soldats, en effet, opérèrent dans la région et plus particulièrement au Mali, dans le cadre de la MINUSMA (Mission des Nations unies de soutien au Mali). Très récemment, on se souvient, deux d’entre eux ont perdu la vie dans ce pays dans un accident d’avion qui n’a pas encore livré tous ses mystères. Bref, le tandem France/Allemagne semble fonctionner à merveille dans la riposte au djihadisme et aux trafics nauséeux dans l’espace sahélo-saharien. Et il ne pouvait pas en être autrement. Car, les deux pays ont compris que de l’éradication de ces deux fléaux dans cette partie de l’Afrique, dépend la réussite de leurs efforts  au plan domestique, pour briser les  reins des barbus et pour se donner toutes les chances de venir à bout du péril migratoire ou, du moins, le réduire de manière significative. D’ailleurs, il n’est pas exclu  que la ministre française, au cours de cette tournée, fasse le plaidoyer  de ces fameux centres de traitement des dossiers des candidats à l’émigration que Macron envisage d’installer au Niger, au Tchad et en Libye. Cela dit, la ministre française des armées met les pieds dans le Sahel africain au moment où au Mali, notamment dans sa partie Nord, le crépitement des armes a repris.

La CMA et le Gatia se font la guerre par procuration

En effet, depuis le 26 juillet, de violents affrontements ont opposé combattants du Gatia (Groupe armé des Touaregs de la tribu des  Imerades et alliés) mouvement progouvernemental à ceux de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’ex-rébellion. Et comme on le sait, chaque partie voit midi à sa porte en rejetant sur l’autre la responsabilité du déclenchement des hostilités. Ce dont on peut être certain, c’est que c’est une énième violation du cessez-le-feu dans la région de Kidal, plus précisément au Sud-Est. Des sources indépendantes sur le terrain, ont fait état de nombreuses victimes après les combats. Pour un nouveau coup de canif dans le processus de paix au Mali, c’en est un. Et la poudre était toujours dans l’air au moment où Florence Parly entamait sa tournée dans le Sahel dont justement le Mali. De ce point de vue, l’on peut qualifier cette visite de baptême de feu sous des feux nourris au Nord-Mali. Et cela est le pire des messages que la CMA et  le Gatia  puissent envoyer à tous ceux qui sont en train de s’échiner pour aider le Sahel africain à mettre en place, au plus vite, la force du G5 Sahel et à la rendre surtout opérationnelle. Car, il n’est pas permis d’aller avec succès à l’assaut des djihadistes et autres trafiquants qui écument le Nord-Mali, tant que les protagonistes de la crise  malienne ne cesseront pas de se parler à coups de sabres et de kalachnikovs. De manière générale, la lutte contre le djihadisme et les trafiquants dans l’espace sahélo-saharien, endossée actuellement par la MINUSMA et Barkhane, et qui est la motivation première de la création de la force du G5 Sahel, sera vouée à l’échec si le Nord-Mali n’est pas véritablement débarrassé de tous les ennemis  de la paix. Tous ceux qui sont épris de paix et de développement dans cette partie en danger de mort de l’Afrique, sont donc interpellés. Ils sont d’autant plus interpellés qu’une certaine opinion soutient la thèse selon laquelle la CMA et le Gatia se font la guerre par procuration. Si  cette thèse est avérée, l’on peut parier que c’est pain bénit pour la  galaxie des djihadistes et des trafiquants qui sont actuellement très actifs dans le Sahel africain. Et au rythme ou vont les choses, si l’on n’y prend garde, les djihadistes qui sont en train d’être boutés hors de Benghazi par les forces du général Khalifa Haftar, peuvent être tentés d’y déposer leurs bagages.

« Le Pays »

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