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TOURNEE DU PAPE FRANCOIS DANS TROIS PAYS AFRICAINS

Une visite pour redonner l’espoir  

Le Pape François a entamé depuis hier, 4 septembre, une tournée africaine qui le mènera, tour à tour, au Mozambique, à Madagascar et à Maurice qui se voient ainsi doublement honorés, le Pape Jean Paul II y ayant déjà mis les pieds, il y a une trentaine d’années. Reste que pour le pape François, l’Afrique n’est pas une  terra incognita puisqu’en 2015, il y avait effectué un premier voyage dans sa partie subsaharienne, précisément au Kenya, en Ouganda, en République centrafricaine.  Mais à la liste des pays visités, il faudra ajouter l’Egypte et le Maroc, en Afrique du Nord. Bien sûr, la présente tournée en Afrique australe, donnera une belle occasion au Saint-Père, de promouvoir l’Eglise plus proche des fidèles, comme l’a si bien réussi l’un de ses illustres prédécesseurs, le Pape Jean Paul II. Et l’on peut déjà imaginer une belle moisson, tant les semis que l’actuel souverain pontife projette d’enfouir, devraient pousser sur ces terreaux fertiles de foi et de dévotion sur lesquels il a porté son choix. On sait, par exemple, que l’ex-colonie portugaise et la Grande Ile sont à majorité chrétienne et pour ne parler que de sa visite à Madagascar, l’on annonce quelque 800 000 fidèles à la messe de dimanche prochain, sur un terrain de 60 hectares de la capitale Antananarivo. Si cela peut faire plaisir, il y a bien plus : face au basculement du centre de gravité de l’Eglise catholique vers l’Afrique où la poussée démographique est la plus forte au monde et où la population est l’une des plus jeunes du globe, pour le Vatican, le potentiel à conquérir est un enjeu de taille et l’on peut comprendre que l’Eglise soit à l’offensive. Que François aille donc à la rencontre des fidèles catholiques, c’est de bonne guerre. Quid à présent du discours qui sera délivré ?  Au Mozambique, l’essentiel du discours devrait être axé sur la paix et la réconciliation, deux points cruciaux sur lesquels il se fera fort d’insister, et on le comprend : ce pays, comme on le sait, revient de loin, après de longues années de guerre civile auxquelles un traité de paix historique aura mis fin.  L’appel du Saint-Père, la veille de son arrivée, à « renforcer la réconciliation fraternelle au Mozambique et en Afrique, seule espérance pour une paix solide et durable », témoigne du prix qu’il accorde à cette paix obtenue sous l’égide de la communauté Sant’Egidio.

 

Il faudra bien se garder de croire que la détermination et le volontarisme du Pape, suffiront à eux seuls à produire le miracle partout

 

 

Dans l’ex-colonie portugaise tout comme dans la Grande Ile, deux des pays les plus pauvres au monde où il entend plaider pour plus de justice sociale, «le Pape des pauvres» devrait pouvoir apporter du baume béni au cœur des couches sociales les plus vulnérables auxquelles il aura l’occasion de s’adresser. Et nul doute que le discours qu’il adressera aux personnes défavorisées, retiendra particulièrement l’attention au Mozambique et pour cause :  le passage sur la ville de Beira (Centre du Mozambique), du cyclone Idaï, qui a fait 600 morts et 2 millions de sinistrés, a laissé de profondes séquelles.  L’ouragan a créé de nombreux nouveaux réfugiés climatiques toujours en quête de toit et tenaillés par la faim. Certes, l’agenda de François ne lui a pas offert la possibilité de se rendre à Beira, au grand dam des catholiques de la ville sinistrée. Mais les mots minutieusement choisis, produiront sans aucun doute de l’effet et susciteront de l’espoir. Quant à Madagascar où trois quarts des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour, du fait, en partie, des nombreuses crises politiques et des turpitudes de sa classe politique, là-bas aussi, Jorge Mario Bergoglio apportera un message de foi et d’espérance. Sur l’île touristique de Maurice, dernière étape de son périple, où François effectuera une visite-éclair, l’on peut dire que la durée du séjour n’est pas étrangère au modèle de gouvernance que représente aujourd’hui ce pays reconnu comme l’un des plus prospères et des plus exemplaires du continent. Cela dit, il faudra bien se garder de croire que la détermination et le volontarisme du Pape, suffiront à eux seuls à produire le miracle partout où il passera.  Dans les pays qu’il parcourt, il éveille des consciences, trace des voies pour une humanité plus juste et plus en paix, certes.  Mais pour le reste, tout est une affaire de stratégies et de génie de chaque peuple pour aller véritablement de l’avant. Mais aussi de volonté politique.  Certes, on peut toujours continuer de dénoncer les égoïsmes invétérés des grandes puissances occidentales et le manque de solidarité internationale. Mais un pays doit avant tout apprendre à compter sur lui-même s’il veut véritablement se hisser au sommet de l’excellence.

« Le Pays »

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