VICTOIRE DE RAJOELINA A LA PRESIDENTIELLE

VICTOIRE DE RAJOELINA A LA PRESIDENTIELLE

 La Grande île saura-t-elle éviter le feu ? 

Ça y est ! Le candidat n°13, l’autre appellation de Andry Rajoelina, a remporté largement la présidentielle malgache avec 55,66% à l’issue du second tour de la présidentielle, qui s’est déroulé le 19 décembre dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette victoire était prévisible. Car, en duel avec Marc Ravalomanana son frère ennemi, Rajoelina, au regard des tendances annoncées par la Commission électorale, était bien parti pour poser, de nouveau, ses valises au Palais d'Iavoloha, du nom de la résidence officielle du président malgache. Il s’agit là d’un air de revanche pour Andry Rajoelina qui, après avoir, par le soutien de militaires, chassé Ravalomanana du mythique et convoité Palais  en mars 2009, l’empêche, cette fois-ci, par des voies constitutionnelles et démocratiques, d’y accéder de nouveau.

Toutefois, il faut éviter que ce parfum de revanche ne dégage une odeur pestilentielle de règlement de comptes au point de réveiller les vieux djins qui ont longtemps éprouvé la Grande Ile. Autrement dit, il appartient à l’ex-disc joker, de se mettre dans une posture de rassembleur pour réconcilier les Malgaches avec eux-mêmes. C’est dire s’il doit éviter tout esprit de revanche quand on sait que Madagascar revient de très loin. En rappel, ces deux anciens chefs d’Etat avaient, au nom de leurs propres intérêts, plongé le pays dans une violente crise post-électorale, courant 2001-2002, faisant une centaine de morts. Andry Rajoelina, tout comme son challenger Ravalomanana dont l’état-major de campagne rue déjà dans les brancards en exprimant des doutes sur le processus de proclamation des tendances par la Commission électorale (CENI), doivent se laisser habiter par la sagesse.

Les Malgaches aspirent au bonheur et à la paix avec le nouveau dirigeant

Autant ils ont mené une campagne électorale globalement civilisée qui n’a enregistré ni couac ni dérapage, autant ils doivent savoir digérer la défaite et se donner la main, d’autant qu’ils sont perçus comme ceux-là qui pourrissent la scène politique malgache. Ils ne doivent pas rater l’occasion de se défaire de leur mauvaise réputation de pyromanes de la République.

En tous les cas, les Malgaches n’ont pas le droit de décevoir, surtout qu’ils ont donné un bel exemple de démocratie au reste du monde, après que le président sortant, candidat à sa propre succession, a cédé son sceptre au président du parlement et ce, deux mois avant le scrutin. D’ailleurs, Andry Rajoelina doit se le tenir pour dit, le peu d’engouement des électeurs, au second tour de cette présidentielle, est  le signe d’un désenchantement qui traduit un malaise profond sur la Grande Ile.  «  Les gens sont à bout de souffle, la misère à Madagascar est insoutenable et inacceptable, c’est une honte, ce n’est pas possible. Pourquoi les fait-on souffrir ? Ce peuple a manqué de dirigeants  honnêtes, patriotes et humanistes. Celui qui va être choisi, je pense qu’il est conscient qu’il faut faire quelque chose. J’espère… sinon, on fait des élections pourquoi ? », a pesté, le jour du scrutin, un habitant du quartier d’Andavamamba. C’est donc clair. Les Malgaches profondément déçus, aspirent au bonheur et à la paix avec le nouveau dirigeant. C’est la preuve qu’Andry Rajoelina a du grain à moudre.

« Le Pays »

 

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