VIIEME CONGRES ORDINAIRE DU CDP : Eddie Komboïgo élu président, Blaise Compaoré président d’honneur

VIIEME CONGRES ORDINAIRE DU CDP   :  Eddie Komboïgo élu président, Blaise Compaoré président d’honneur

 

 

Ouvert le 5 mai dernier, le 7e congrès ordinaire du Congrès pour la démocratie et progrès CDP a refermé ses portes  le 6 mai 2018.  Ce rendez-vous, placé sous le thème : « Place et rôle du CDP dans l’évolution socio-politique récente du Burkina Faso », a permis à l’ancien parti au pouvoir de renouveler son  instance dirigeante  et les textes qui régissent sa vie.  Ainsi, Eddie Komboïgo a été  élu président avec 39 voix contre 32  pour son challenger, Boureima Badini. L’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, est désormais le Fondateur et président  d’honneur du CDP. Les nouveaux textes font de lui un acteur de premier plan de la vie du parti.  Il a le  dernier mot quant au choix du  candidat du parti  à l’élection présidentielle. Il peut convoquer toute les instances du parti et a le dernier mot en ce qui concerne la fusion avec un autre parti ou regroupement politique. Sa place est irrévocable.

 

Eddie Komboïgo est le  président du Congrès pour  la  démocratie et le progrès (CDP).  Ainsi en a décidé le VIIe congrès ordinaire  de l’ex-parti au pouvoir. En effet, sur les dix-neuf candidats de départ, sept  ont  désisté  à la dernière minute. 10 ont fait consensus pour soutenir deux candidats : Boureima Badini et Eddy Komboïgo. En l’absence de consensus, les hommes  sont allés en confrontation directe par  un  vote à bulletin secret dont le collège électoral était composé de 72 membres.  A l’issue de ce vote, Eddy  Komboïgo a obtenu 39   voix, laissant à son adversaire 32.  Aussitôt réélu, Eddy Komboïgo a appelé les militants au rassemblement, pour la construction d’un Burkina Faso plus fort et plus solidaire. «Beaucoup d’encre et de salive ont coulé sur la stabilité de notre parti.  Au soir de ce congrès  réussi, je tiens à  vous dire que le CDP est un parti fort, qui a beaucoup de ressources, qui a la capacité de résilience que vous n’imaginez pas.  Nous sommes satisfaits de ce qui s’est passé.  Nous sortons avec une équipe plus grande   et plus conquérante. Nous souhaitons qu’il y ait la paix au Burkina Faso, l’apaisement des cœurs et que l’ensemble des Burkinabè exilés  puissent regagner le bercail afin qu’ensemble on  puisse construire un  Burkina Faso fort », a lancé Eddy Komboïgo.  En plus du renouvellement de l’instance dirigeante du CDP, les congressistes ont opéré des modifications sur les textes  règlementaires  pour les adapter aux réalités du moment. C’est ainsi que  Blaise Compaoré a été fait président d’honneur et fondateur du CDP. Il est le garant de l’unité du parti et  a le dernier mot sur un certain nombre de décisions qui concernent la vie du parti. Il s’agit, entre autres, du  choix du candidat du parti à l’élection présidentielle, de la collaboration du CDP avec d’autres formations ou regroupements politiques. Il peut également, s’il le souhaite,  entendre  tout membre ou  instance du parti.  Signalons que  dans la nouvelle  équipe dirigeante,  on trouve toujours des anciens comme des nouveaux. Achille Tapsoba, Blaise Sawadogo,  Michel Ouédraogo, Ambroise Tapsoba, Alpha Yago,  Marin  Casimir Ilboudo,  Salam Dermé pour ne citer que ceux-là, restent dans le nouveau Bureau exécutif national. Léonce Koné est désormais membre du haut conseil.  Juliette Bonkougou et  Boureima Badini   ne figurent dans aucune des instances. Il peut convoquer toutes les instances du parti. C’est à lui de valider les éventuelles fusions du parti avec d’autres partis politiques. Les congressistes ont formulé des recommandations parmi lesquelles  la  réhabilitation   du   siège du parti saccagé en octobre 2014 pendant l’insurrection populaire.A noter que c’est dans une ambiance des grands  jours que le congrès a  débuté,  le 5 mai dernier. En effet, prévu pour  9h, c’est finalement vers 10h que les choses ont véritablement commencé. Un  peu plus tôt, les militants venus des quarante-cinq provinces et de plusieurs pays étrangers, avaient pris d’assaut le Palais des sports de Ouaga 2000. Une  mascotte, le fidèle maître de cérémonie Ambroise Tapsoba, les choristes, les messages de soutien scandés par les militants, le Palais des sports plein comme un œuf, transformé aux couleurs jaune et rouge.  C’est dans cette ambiance aux allures de meeting politique  que le président sortant du CDP avait pris la parole pour ouvrir officiellement les hostilités. Ce fut l’occasion, pour lui, de relever les  quatre exigences  qui s’imposaient  aux militants, durant ce congrès. Il s’agit, notamment, de leur  aptitude à évaluer leurs propres ressources et à redonner au CDP son rayonnement d’antan, la capacité des membres à transcender leurs divergences pour asseoir les bases d’une unité qui fait face aux défis du moment, de l’audace à innover et à entreprendre des actions fortes. Enfin, le courage à persévérer, malgré les obstacles.

« Terrasser le troisième baobab »

 « le CDP ne garde pas de  rancœur ». «Venant donc de loin » et déterminé « à aller très loin », le CDP, au nom de son fondateur, prône «le pardon, l’apaisement, la réconciliation, la tempérance, la modération dans le langage et exclut tout ce qui est méchant ». Ce fut, selon lui,  le message de l’ancien président  Blaise Compaoré à ses camarades. Dans cette dynamique, Eddie Komboïgo avoue : « Le CDP reconnaît que tout n’a pas été parfait lorsqu’il exerçait le pouvoir d’Etat. Il assume sa part de responsabilités dans ce qui n’a pas répondu aux exigences des populations». Puis de poursuivre : « Par ma voix, le CDP demande humblement pardon à notre peuple pour tous les actes posés et qui ont contrarié leurs aspirations quotidiennes». Toutefois, cette demande de pardon, selon monsieur Komboïgo, «n’est pas du fait forcément que le CDP a tort. C’est une volonté manifeste de dire à l’autre qu’on est prêt à s’asseoir autour d’une même table et discuter pour qu’il y ait une réconciliation sérieuse».    Relevons que des partis amis étaient présents à la cérémonie d’ouverture du VIIe congrès ordinaire du CDP. Il s’agit, entre autres, du président de  Le Faso autrement, Ablassé Ouédraogo, Zéphirin Diabré,   Issa Balima de l’Union des Forces Centristes (UFC).  Prenant la parole, le président de l’Union pour le progrès et le changement, Zéphirin Diabré, a félicité les militants du   CDP pour leur capacité de résilience. Ce qui pourrait être une  leçon d’endurance à la classe politique burkinabè. «Comme le disent les anciens, ce sont les cailcédrats et les baobabs qui rehaussent la beauté de la forêt. Le CDP est un baobab fort, qui renforce l’opposition politique burkinabè» a-t-il noté.  Il ira plus loin pour lancer un clin d’œil au CDP. «Le pays compte trois baobabs. Si deux baobabs se mettent ensemble, le troisième est terrassé ». A ce propos, le président du CDP confie : «Nous souhaitons que l’opposition soit unie. Nous avons reçu, avec beaucoup d’attention, l’appel lancé par le chef de file de l’opposition »,    a-t-il dit. Par ailleurs, soutenant que le CDP a fait preuve d’endurance et de constance dans son combat politique, le président de l’UPC estime que c’est à l’honneur des militants d’être « fidèles à leur parti et au fondateur malgré la défaite. (…) C’est très important de le souligner, dans un pays où le retournement de veste est devenu un sport national ». Ainsi, autrefois divisés ou mêmes opposés dans le passé, le président de l’UPC exhorte aujourd’hui le CDP à redoubler d’efforts dans son combat politique. Cela, « pour ramener dans ses rangs, ceux de ses camarades et sympathisants qui s’étaient laissés flatter par les enfants rebelles sortis de ses entrailles à l’aube de l’an 2014 ». « Si on doit dire les choses comme il se doit, tout le monde sait que ce n’est pas vous, ici présents, qui avez le plus bénéficié du règne de Blaise Compaoré.  Je n’aurai jamais honte de dire que j’ai servi ce pays aux cotés de Blaise Compaoré», a rappelé Zephirin Diabré.

Issa SIGUIRE

 

 

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