VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE : Où allons-nous avec ça ?

VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE : Où allons-nous avec ça ?

 

J’aurais bien voulu passer sous silence le fait, mais j’avoue que je suis tellement dépassé que je ne puis m’empêcher d’ouvrir ma bouche. De quoi s’agit-il ? Je veux parler de l’élève qui a poignardé mortellement son camarade dans une bourgade de Gourcy, dans le Nord du Burkina. Je suis d’autant plus choqué que l’auteur de ce crime, à ce qu’on dit, est un mineur. Les estimations lui donnent une douzaine d’années, tout comme sa victime qui, du fond de sa tombe, continue encore de se demander ce qu’elle a pu bien faire pour mériter pareil sort. Voyez-vous ? Le monde est « gâté ». Et je parie qu’à l’allure où vont les choses, il y a péril en la demeure. Je le dis d’autant plus volontiers que je n’avais jamais entendu ni vu acte d’une telle atrocité, posé par un gamin. Je suis d’autant plus inquiet qu’il s’agit là d’un élève qui était appelé à devenir un cadre pourquoi pas quelqu’un qui présidera aux destinées de notre nation. Sait-on jamais ! Ce qui m’amène à me poser les questions suivantes : pourquoi la délinquance s’est-elle beaucoup juvenilisée ces dernières années ? Pourquoi la violence a-t-elle désormais pignon sur rue en milieu scolaire ? Rappelons-nous ce qui s’est passé l’année dernière à Nagaré, dans la commune de Logobou où des élèves, tous des adolescents à peine, s’en étaient pris, avec une colère inouïe, à leurs enseignants, les obligeant à trouver refuge chez le chef coutumier dudit village. La même scène s’était produite à Gounghin, dans le Kouritenga où des élèves, sous le prétexte qu’il n’y avait pas d’examen blanc, avaient incendié les montures de leurs professeurs. J’oublie volontiers cet élève mal inspiré, qui avait assommé son enseignante au lycée Yennenga ; tout comme ce galapiat qui avait administré une belle raclée à l’un de ses surveillants dans un établissement scolaire de la place. Je crois, si je ne m’abuse, que c’était au lycée Bambata. On peut encore multiplier les exemples, tant les actes de délinquance scolaire, il y en a eu à travers le territoire national. Pourquoi ? Je ne comprends plus rien. Même moi, fou, j’avoue que je suis très préoccupé, surtout quand je sais qu’autrefois, en général un élève donnait toujours le bon exemple. Et quand il voyait son maître en circulation, il se pliait en quatre pour le saluer. En tout cas, tel était le cas à notre époque. Un élève n’avait jamais eu raison devant son maître, contrairement à ce qui se passe  aujourd’hui.

Il y a lieu de revoir les curricula pour redonner à l’éducation, civique et morale, toute sa place dans le système éducatif

Faisons donc attention ! Car,  comme le disait si bien un de mes enseignants, « la jeunesse est le soleil d’aujourd’hui et la tempête de demain ». Mais quand je regarde ce qui se passe, je me rends compte que notre jeunesse, avant de commencer à briller comme le soleil, a débuté comme une tempête qui secoue parfois même les fondements de notre société. Où allons-nous avec ça ? C’est une question à laquelle nous nous devons de trouver une réponse urgente. Car, il y va même de notre devenir. C’est pourquoi, chacun en ce qui le concerne, doit jouer sa partition. De l’Etat aux parents d’élèves en passant par les enseignants, tout le monde est interpellé. Il y a lieu de revoir les curricula pour redonner à l’éducation, civique et morale, toute sa place dans le système éducatif. Quant aux parents d’élèves, je veux en appeler à leurs responsabilités. Car je vois des parents qui, par naïveté, paient des jouets sous forme de fusils ou de pistolets pour leurs rejetons ; oubliant l’effet que cela provoque en eux : la culture de la violence. L’enfant grandira avec le sentiment qu’avec une arme, il peut faire du mal aux autres. Et le jour où il commettra l’irréparable, ses parents ne sauront plus qu’ils y sont pour quelque chose. Car, comme disait bien quelqu’un, l’homme se fait par l’éducation. Chacun de nous est aujourd’hui ce que nos géniteurs ont voulu que l’on devienne. Donc, sachons raison garder.

« Le Fou »

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4 Commentaires

  1. Lamou

    En toute sincérité l système éducatif actuel est raté,.il n s’agit pa d’avoir un grand taux de scolarisation pendant que la délinquance prend de l’ampleur.Renvoyer. ceux qui ne veulent pas travailler.Dans ce mois aussi à Saaba,une élève à egorger une autre qui etait même sa cousine et vivait ensemble.C’est vraiment triste.Où allons-nous?

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  2. BADIEL NAZAIRE

    Felicitation à vous pour le travail effectué.Aujourd’hui au burkina les gens ont du mal à definir le mot education,nous perdons notre valeur culturelle.

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