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VISITE D’EDOUARD PHILIPPE ET NEUTRALISATION DE DJIHADISTES AU MALI

 Simple coïncidence ou calcul stratégique ?

Le Premier ministre français, Edouard Philippe, en compagnie de la ministre des Armées, Florence Parly, était en séjour au Mali, pour, dit-on, non seulement rendre visite aux soldats français de l’opération Barkhane « engagés dans la lutte contre le terrorisme », mais aussi pour approfondir le partenariat économique entre Paris et Bamako. Tout en exprimant son soutien aux autorités maliennes, le chef du gouvernement malien n’a pas manqué d’assener ses  vérités. «C’est la mise en œuvre de l’accord d’Alger qui permettra la lutte contre le terrorisme  et la stabilisation du Nord. Nous savons depuis longtemps et nous avons parfaitement conscience que la mise en œuvre d’un tel accord ne peut pas se faire dans  un délai de temps incroyablement réduit », a-t-il laissé entendre avant d’ajouter : « La France sera aux côtés du Mali aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le Mali le souhaitera ». C’est donc clair. La France dont on dit qu’elle ne joue pas franc jeu dans le conflit malien, a conscience que ce n’est pas demain la veille que la mise en œuvre de l’accord d’Alger qu’elle appelle de tous ses vœux, aura lieu. Ce d’autant que certains signataires font preuve d’insincérité et de mauvaise foi. En témoignent les récentes turpitudes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui, pour donner la preuve qu’ils n’ont pas renoncé à leur projet indépendantiste, avait édicté des mesures règlementaires pour la sécurisation de la ville de Kidal. Certes, elle a battu en retraite face à la clameur qui, sans cesse, montait. Mais c’est tout de même la preuve que ce groupe armé comme c’est le cas pour certains autres, ne ménagera aucun effort pour qu’échoue l’accord d’Alger dans sa mise en œuvre, tant il semble tirer profit de cette situation de ni paix ni guerre qui dure depuis maintenant quatre ans. Et c’est peu dire.

Le pays d’Emmanuel Macron veut marquer les esprits

En tout cas, même les sanctions prises par le Conseil de sécurité des Nations unies à l’encontre de certains signataires de l’accord d’Alger, n’ont pas permis de faire bouger les lignes au Mali. Pendant ce temps, les terroristes gagnent du terrain ; eux qui ont encore fait parler d’eux, hier, à Koulikoro, localité située à environ 70km au nord-est de Bamako. Heureusement que grâce à Barkhane, la peur est en train de changer de camp. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, en l’espace d’une année, trois principaux chefs djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont été neutralisés. La dernière des victimes en date s’appelle Djamel Okacha. Cet Algérien d’origine, nommé Yahya Abou El Hammane, était le numéro deux de l’alliance djihadiste dirigée par le Touareg malien, Iyad Ag Ghaly. Il a été tué en compagnie de dix autres terroristes par l’armée française. L’annonce a été faite quelques heures seulement avant l’arrivée du Premier ministre français, Edouard Philippe, d’où la question suivante : s’agit-il d’une simple coïncidence ou d’un calcul stratégique ? Pour certains, la question ne se pose pas. Il s’agit, tout simplement, pour eux, d’un calcul stratégique dans la mesure où la France n’a jamais eu de cesse de justifier sa présence au Sahel en proie à des attaques terroristes répétées et ce, depuis près de six ans. Le pays d’Emmanuel Macron veut donc marquer les esprits, en montrant à l’opinion que ses troupes font du bon boulot dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Cela est d’autant plus vraisemblable que se mènent actuellement, sous les auspices des Etats-Unis d’Amérique, de grandes manœuvres militaires  que l’on appelle Flintock, au Burkina Faso et en Mauritanie. Il apparaît donc clair que la France veut, à travers des actions d’éclat, marquer sa présence pour ne pas se laisser ravir la vedette par les Américains.

Boundi OUOBA

 

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