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VISITE DU PREMIER MINISTRE BELGE EN RDC

VISITE DU PREMIER MINISTRE BELGE EN RDC

A couteaux tirés avec le régime de l’ex-président Joseph Kabila , à la suite des tensions préélectorales consécutives à la volonté de l’ex-homme fort de Kinshasa de se maintenir au pouvoir après ses deux mandats constitutionnels, Bruxelles, à la faveur de l’alternance politique intervenue au sommet de l’Etat congolais au sortir de la présidentielle de décembre 2018, s’est montrée disposée à renouer ses relations de coopération avec Kinshasa. C’est dans le cadre du réchauffement de ces relations diplomatiques que la Première ministre belge, Sophie Wilmès, à la tête d’une forte délégation, a entrepris, le 5 février dernier, une visite officielle de trois jours qui la conduira, outre la capitale congolaise, à Lubumbashi où est prévue la réouverture du Consulat de la Belgique dans le chef-lieu de la province du Haut-Katanga, après deux ans de fermeture liée à la crise électorale qui a brouillé les relations entre les deux pays. Pour une victoire diplomatique, c’en est une pour le président Félix Tshisékédi qui, un an seulement après son accession au pouvoir, a réussi à rétablir la confiance de son pays avec l’ancienne puissance coloniale.

En tournant la page des relations orageuses de son pays avec la capitale européenne, le nouveau président congolais se dote d’un partenaire stratégique

Cela est d’autant vrai que c’est la première fois, depuis près de dix ans, qu’un chef du gouvernement belge se rend à Kinshasa. Mais, en tournant la page des relations orageuses de son pays avec la capitale européenne, le nouveau président congolais dont tout porte à croire qu’il cherche à sortir de l’ombre de son prédécesseur devenu, par la force des choses, son allié de circonstance et à s’affranchir de sa tutelle plutôt étouffante, se dote d’un partenaire stratégique qui peut se révéler aussi un soutien de poids dans ses efforts de redressement de son pays. Et cela est d’autant plus vrai qu’en faisant le déplacement de Kinshasa, la cheffe de l’Exécutif belge qui inscrit sa visite dans la dynamique d’un partenariat gagnant-gagnant et de confiance, n’est pas venue les mains vides. Deux tonnes de matériel humanitaire ont suivi la délégation bruxelloise, pour la circonstance. Un geste qui vaudra certainement son pesant … de soulagement pour ces populations victimes de violences au quotidien . C’est dire toute la disposition des autorités belges à accompagner les nouvelles autorités de Kinshasa. Et cela est un bon point pour Tshisékédi fils, quand on sait ce que vaut, aujourd’hui encore, le soutien de bien des capitales européennes aux dirigeants africains.  Cela dit, si cette normalisation des relations diplomatiques entre la Belgique et la RDC peut sonner comme un camouflet pour Joseph Kabila, le souhait est qu’au-delà des dividendes politiques que le président Tshisékédi pourrait légitimement en tirer, la reprise de ces relations de coopération puisse pleinement profiter au peuple congolais. Car, les hommes politiques passent, les nations demeurent.

La reprise de ces relations diplomatiques est une aubaine qui pourrait marquer un nouveau départ entre les deux pays

Déjà, la reprise des activités du consulat belge de Lubumbashi qui recevait, avant sa fermeture en février 2018, annuellement près de 2000 demandes de visas pour l’Europe, se présente comme un soulagement pour de nombreux Congolais pour qui la recherche du précieux sésame était devenue un véritable calvaire. Obligés qu’ils étaient de se déplacer dans des pays voisins ou de débourser près de 1000 dollars supplémentaires pour un voyage et un séjour à Kinshasa, la capitale. Sous cet angle, l’on est porté à croire que bien plus que de simples formalités politiques et diplomatiques, la reprise des rapports de coopération entre Kinshasa et Bruxelles était une nécessité, dans ce pays-continent où outre la question de la relance économique, la problématique sécuritaire reste aussi un défi permanent pour les autorités centrales. Et en la matière, il y a des raisons de croire que la Belgique, qui a toujours eu des relations privilégiées avec la RDC, pourra être d’un soutien considérable pour son ancienne colonie. C’est dire si la reprise de ces relations diplomatiques, au moment où la RDC, visiblement à la recherche d’un second souffle, amorce la deuxième année de l’ère Tshisékédi, est une aubaine qui pourrait marquer un nouveau départ entre les deux pays. Car, in fine, c’est la coopération dans bien des domaines qui sera relancée. Et Dieu seul sait si au sortir de l’ère Kabila, la RDC en avait besoin.

« Le Pays »

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