ZEPHIRIN DIABRE A PROPOS DE LA DELOCALISATION DE LA TENUE DU CONSEIL DES MINISTRES : « C’est une campagne électorale avant l’heure »

ZEPHIRIN DIABRE A PROPOS DE LA DELOCALISATION DE LA TENUE DU CONSEIL DES MINISTRES   :  « C’est une campagne électorale avant l’heure »

 

 

 Chaque mardi, l’Opposition politique burkinabè se mettra désormais à la disposion de la presse. La première rencontre du genre a eu lieu ce mardi 8 mai 2018 au siège du Chef de file de l’Opposition sis au quartier Zone du bois de Ouagadougou.  Ce cadre d’échanges qui se veut hebdomadaire, permettra à l’Opposition, d’une part, de  donner ses positions sur toutes les questions qui   touchent à la vie de la Nation, et, d’autre part, de communiquer sur ses activités en vue de mieux informer la population. Le terrorisme au Burkina, la vente des parts sociales de l’Etat au niveau de  l’Office national des télécommunications (ONATEL) à Maroc Télécom, les conseils des ministres tournants dans les régions du Burkina, le déficit céréalier, la création de la banque agricole ont été, entre autres, les points inscrits à l’ordre du jour.

 

 Le Chef de file de l’Opposition politique burkinabè, Zéphirin Diabré, a animé, comme annoncé, le 8 mai 2018, son premier point de presse hebdomadaire. La question du terrorisme au Burkina, la vente des actions que  l’Etat burkinabè détient  à l’Office national des télécommunications (ONATEL), les conseils des ministres tournants dans les régions du Burkina, le déficit céréalier ont été, entre autres, les questions sur lesquelles le CFOP a donné son point de vue.  En ce qui concerne les Conseils des ministres tournants à l’intérieur du Burkina, les partis membres de l’Opposition estiment que c’est du gaspillage de ressources financières, au regard de ce que cela va nécessiter comme dépenses. Et ce, dans un contexte de rareté de ressources et d’attaques terroristes.  Pour  Zéphirin Diabré et les siens, ce n’est ni plus ni moins qu’une campagne déguisée.   « Nous avons compris que c’est une campagne électorale qu’ils veulent commencer avant l’heure. Mais ils veulent le faire aux frais du contribuable, parce que ce sont nos impôts qui serviront à commencer la campagne du MPP.  Cela  pose problème et  il faut que le gouvernement revoie sa copie », a déploré Zéphirin. Sur la question des attaques terroristes dont le Burkina fait l’objet, le CFOP a donné sa lecture. Pour lui, c’est une question nationale qui va au-delà des questions partisanes.  C’est pourquoi l’opposition invite le président du Faso à nommer des hommes compétents  au  ministère de la Sécurité et celui de la Défense nationale.  « Nous avons dit que nous sommes en guerre.  Quand c’est comme cela,  il faut que les deux ministères qui sont à la pointe soient gérés par les meilleures compétences  que l’on peut avoir », a-t-il dit. Ce fut l’occasion, pour lui, de saluer la bravoure des Koglewéogo qui ont mis aux arrêts de présumés terroristes la semaine dernière à Boulsa.  La vente d’une partie des actions que détient l’Etat burkinabè à l’Office national des télécommunications (ONATEL) à Maroc Télécom, actionnaire majoritaire, pose problème, selon Zéphirin Diabré.   Pour lui, il n’est pas normal que ces parts sociales soient vendues à Maroc Télécom qui est déjà actionnaire majoritaire.  Il pouvait, à la limite, permettre aux Burkinabè d’acquérir des parts sociales.  Pire, la société Maroc Télécom n’a pas tenu ses engagements qui consistaient à octroyer 6% des actions aux travailleurs, alors que le gouvernement ne fait rien pour la contraindre à tenir cet engagement.  La création de la banque agricole a également retenu l’attention du CFOP. Pour lui, l’idée est bonne parce qu’elle permettra de donner un coup de fouet aux activités agricoles au Burkina.  Mais le hic, a déploré le CFOP, c’est que le processus de création de cette banque se fait dans une opacité totale, notamment le manque de transparence.  En effet, selon certaines informations, en plus de l’Etat, 13 associations rurales, 8 entreprises privées, 70 personnes physiques et 3 sociétés  d’Etat inconnues détiennent des actions dans cette banque en création.   Et le problème est que ni les personnes physiques ni les entreprises privées ne sont connues.  Pour avoir les identités de ces personnes, l’Opposition politique entend, a indiqué Zéphirin Diabré, rencontrer le chef du gouvernement ou le chef de l’Etat. Si elle n’a pas gain de cause, elle écrira à la commission bancaire pour avoir toutes les informations dont elle a besoin.  Au cours de ce premier point de presse, le CFOP a déploré l’implication de certaines Organisations de la société civile (OSC) dans la chose politique. Il en veut pour preuve les meetings de soutien aux actions du gouvernement, organisés par certaines OSC.  Pour éviter que de telles situations se reproduisent, le CFOP a suggéré que les OSC soient soumises au même contrôle que les partis politiques.   A noter qu’avant d’aborder les questions  inscrites  à l’ordre du jour, Zéphirin  Diabré a  félicité  la presse burkinabè  pour son rang honorable en matière de liberté de presse en Afrique, selon le dernier classement de Reporters sans frontière.   Il a invité les hommes et les femmes de médias à se battre davantage pour préserver ces acquis puisque, selon lui, la liberté de la presse, c’est la presse elle-même qui doit se l’arracher.  A noter que Zéphirin Diabré avait à ses côtés, Adama Séré, président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF). Il a annoncé la tenue du 4e congrès des verts qui va se dérouler à Ouagadougou dans les jours à venir. Placés sous le Thème « politique verte pour une Afrique durable », ces assises réuniront, dans la capitale burkinabè, 25 pays membres de la Fédération des verts d’Afrique.  Lequel congrès permettra de réviser les textes statutaires de l’organisation et de renouveler ses instances dirigeantes. Le CFOP sera au Mali pour prendre part à l’investiture du CFOP du Mali le samedi 12 mai prochain, comme candidat à l’élection présidentielle de son parti. Etaient également au point de presse, de gauche à droite, Jean Hubert Bazié de la Convergence de l’espoir,  Amadou  Diemdoda Dicko de l’Union pour un Burkina nouveau (UBN)  et  Victorien Tougouma du Mouvement africain des peuples (MAP).

Issa SIGUIRE

 

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