ZUMA ET LA PROBLEMATIQUE DE L’IMPUNITE ACCORDEE A DES CHEFS D’ETAT AFRICAINS : Ça commence à bien faire !

ZUMA ET LA PROBLEMATIQUE DE L’IMPUNITE ACCORDEE A DES CHEFS D’ETAT AFRICAINS : Ça commence à bien faire !

Jacob Zuma joue-t-il avec les nerfs des Sud-africains ? C’est la question que l’on pourrait se poser, au regard du scénario du film de sa supposée démission qui se déroule depuis quelques jours, mais dont l’épilogue tarde à se dessiner. Tout semble prêt pour le feu d’artifice, mais le gong de son départ du pouvoir tarde toujours à sonner. Et ce 8 février 2018, ce sont des Sud-africains quelque peu désabusés, presque résignés, commençant à perdre patience et qui ne cachent pas leur amertume face à la tournure des événements, qui attendaient de savoir ce que l’avenir leur réserve. Morceau choisi : « C’est à cause de toutes ses affaires. Maintenant, on veut lui dire « au revoir, il est temps de partir ». Mais il est têtu, je pense qu’il ne croit pas lui-même avoir commis des erreurs », soutient une retraitée. C’est à croire que le chef de l’Etat sud-africain prend un malin plaisir à faire durer le suspense, question de montrer qu’il a encore le contrôle de la situation.

Il est temps de mettre fin au deal nauséeux de l’impunité

Sinon, comment comprendre qu’un président   qui est supposé être sur le départ dans les conditions que l’on sait, puisse réunir son gouvernement comme si de rien n’était, en affichant une mine pour le moins décontractée ? Mais il ne faudrait pas s’y tromper. Car, il y a seulement quelque deux mois, Robert Mugabe affichait la même apparente assurance alors qu’en coulisses, il négociait fort son départ du pouvoir. Va-t-on assister au même scénario avec Jacob Zuma ? Si on ne peut l’affirmer tout de go avec certitude, une telle possibilité n’est cependant pas à écarter. Car, à en croire plusieurs sources, l’homme négocierait les conditions de son départ qui achopperaient sur certains points. Or, en pareilles circonstances, la question de l’impunité pour eux et certains de leurs proches revient souvent chez les partants, comme l’une des conditions pour lâcher prise. On l’a vu avec le satrape gambien, Yahya Jammeh, qui a poussé le ridicule et la gourmandise jusqu’à vouloir partir avec des véhicules du parc automobile de la Présidence de la république. Récemment, c’est le nonagénaire ex-président zimbabwéen, Robert Mugabe, qui a opéré une coupe claire dans le budget de son pays pour s’assurer une retraite tranquille et à l’abri de toute poursuite judiciaire, avant de lâcher la barre du navire à laquelle il se cramponnait avec ce qui lui restait comme dernières forces, tel un naufragé agrippé à sa planche de salut. Si Jacob Zuma doit aussi passer par là alors qu’il traîne, tout comme ses homologues déchus, de lourdes casseroles, l’on pourrait se demander à qui le tour. Ça commence donc à bien faire !  Heureusement que le président de l’ANC a coupé court aux spéculations, affirmant qu’il n’y aura pas d’impunité pour Zuma. Toute chose qui pourrait rassurer tous les Sud-africains épris de justice. Mais où va l’Afrique avec ça ?  Il est temps de mettre fin à ce deal nauséeux qui commence à faire son  petit bonhomme de chemin sur le continent et qui est potentiellement porteur de dangers pour nos démocraties en construction. Car, si elle devient la règle, tous les satrapes du continent n’hésiteront pas à s’engouffrer dans la brèche au soir de leur règne, après avoir fait vivre l’enfer à leurs compatriotes. On ne peut pas les absoudre à si peu de frais en passant par pertes et profits tous leurs crimes. Et la justice dans tout ça ? La logique voudrait que chacun réponde de ses actes, quelle que soit la situation. Oui donc aux négociations pour une sortie honorable des chefs d’Etat en délicatesse avec leur peuple, mais non à l’impunité !

Il revient aux chefs d’Etat africains de travailler à ne pas commettre de gaffes pour ne pas avoir peur de l’après-pouvoir

Autrement, ce serait une prime à la mal gouvernance pour des présidents en fin de règne, si ce n’est un encouragement aux dictateurs du continent à s’accrocher de toutes leurs forces au pouvoir pour ensuite monter les enchères au moment de partir, en posant l’immunité comme condition sine qua non de leur départ du pouvoir, comme si le pouvoir était leur propriété privée. En tout cas, ce serait trop facile pour un dirigeant qui s’est longtemps assis sur la dalle d’une fosse remplie de pourritures, que de    demander des garanties avant de partir sans devoir en répondre de quelque manière que ce soit devant le peuple.  Il est temps, pour les  chefs d’Etat africains, de comprendre que la seule alternative qui s’offre à eux pour ne pas être inquiétés après le pouvoir, est d’attacher du prix aux règles de la bonne gouvernance dans leurs actes quotidiens.  C’est une exigence de notre temps et il leur appartient de s’y conformer. Car, si ailleurs dans le monde, des chefs d’Etat quittent leurs fonctions sans se faire du souci ni poser des conditions à leur départ de peur d’être alpagués, pourquoi n’en serait-il pas de même en Afrique ? Par conséquent, il revient aux chefs d’Etat africains de travailler à ne pas commettre de gaffes pour ne pas avoir peur de l’après-pouvoir. En tous les cas, ils doivent s’assumer jusqu’au bout, car nul n’est parvenu au pouvoir sous l’effet de la contrainte.

« Le Pays »

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