15e COMMISSION MIXTE ENTRE DAKAR ET RABAT :Un rendez-vous qui tombe à pic
Une semaine après la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025 de football, disputée à Rabat entre les Lions de la Teranga et leurs homologues de l’Atlas, se tient, dans la même ville et capitale du Royaume chérifien, la 15e Grande Commission mixte de coopération entre le Sénégal et le Maroc. Un rendez-vous qui ne pouvait pas mieux tomber, au regard des vives tensions qui ont entouré le sacre des Sénégalais en terre marocaine, au terme d’une rencontre de football qui a laissé des traces en raison de l’épilogue chaotique et des bagarres et autres échauffourées qui l’ont émaillée. Toujours est-il que, selon certaines sources, plusieurs supporters sénégalais ont été arrêtés et placés en garde à vue après la finale, pour des actes de « hooliganisme » et d’envahissement de terrain lors de cette finale jouée sous haute tension.
La diplomatie vient à point pour colmater les brèches
C’est dans ce contexte qu’une forte délégation sénégalaise conduite par le Premier ministre, Ousmane Sonko, est arrivée, le 26 janvier dernier, dans la capitale marocaine, pour ce rendez-vous de deux jours qui se tient régulièrement entre les Exécutifs des deux pays. Une rencontre qui témoigne de la solidité d’une coopération qui résiste au temps, au-delà des dimensions économiques, religieuses et humaines qui fondent cette relation. Une réunion de haut niveau qui tombe aussi à pic. Car, ce sera l’occasion pour les deux parties, de mettre balle à terre pour travailler à la décrispation et au renforcement des relations entre deux pays qui se vouent un respect et une confiance mutuels. Et la tenue de cette quinzième Commission mixte, devrait permettre de mettre fin aux supputations et d’atténuer les effets de cette crise liée à ce match de football qui n’en finit pas d’opposer les supporters des deux pays qui ne se font pas de cadeau sur les réseaux sociaux. Une finale qui a quelque peu débordé du cadre sportif, suite aux incidents qui ont éclaté dans les ultimes minutes de jeu. Tout est parti d’un pénalty sifflé en faveur du Maroc dans les dernières minutes du temps réglementaire, après consultation de la VAR, juste après un but refusé au Sénégal. Il n’en fallait pas plus pour que la situation dégénère aussi bien sur la pelouse que dans les tribunes, avant que les Sénégalais qui avaient regagné les vestiaires en signe de protestation, ne reviennent sur le terrain pour terminer le match qui a finalement penché en leur faveur dans les prolongations, après que le Maroc a raté son pénalty. Mais là où la passion du sport a entraîné des débordements et provoqué des lézardes dans l’édifice des relations entre les deux peuples, la diplomatie vient à point pour colmater les brèches. C’est tout le sens et toute l’importance de cette quinzième Grande Commission mixte qui était certes programmée de longue date. Mais qui vise à présent non seulement à désamorcer la crise de ces tensions sportives, mais aussi à consolider une coopération bilatérale multisectorielle vieille de plusieurs décennies, et qui couvre des domaines aussi divers que l’économie et l’agriculture en passant, entre autres, par l’énergie, la santé, l’enseignement supérieur et la sécurité.
La raison a pris le pas sur l’émotion
C’est dire le degré de solidité des liens qui unissent les deux pays engagés dans un partenariat stratégique ; le Maroc étant, à ce jour, le premier partenaire économique africain du Sénégal. En tout état de cause, il est heureux que les deux pays aient opté pour l’apaisement, en relativisant ces tensions et en invitant les populations à la retenue. Toute chose qui permettra de travailler dans un climat de confiance et de sérénité dans une volonté commune de préserver les acquis et de donner un nouvel élan à un partenariat qui se distingue sur le continent noir. Toujours est-il que même s’il n’y avait pas eu le cadre formel de cette Grande Commission mixte, la tension, à l’issue de cette rencontre âprement disputée et remportée par le Sénégal sur fond de décisions arbitrales controversées, était telle que des démarches visant à apaiser les esprits et à aplanir les divergences, n’auraient pas été de trop. Et fort heureusement, la raison a pris le pas sur l’émotion. Et cela est à l’honneur des autorités des deux pays qui ont su faire preuve de sagesse et de réalisme en prenant les devants par des décisions responsables visant à baisser les tensions. Pour le reste, avec la tenue effective de cette rencontre de haut niveau, tout porte à croire que l’on est bien parti pour que les intérêts des deux pays priment, au regard des enjeux économiques et politiques.
« Le Pays »
