ACCORD SUR UNE FEUILLE DE ROUTE ENTRE KINSHASA ET LE M23 : A petits pas vers la paix ?
Sous l’égide de la Suisse, et à la demande des facilitateurs que sont le Qatar et les Etats-Unis, des discussions se sont tenues du 17 au 21 août dernier à Montreux en Suisse, entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles du M23. Des discussions qui entrent dans le cadre de la mise en œuvre du processus de Doha engagé en octobre 2025, et qui visent à trouver un terrain de conciliation pour le retour d’une paix durable en RDC où les belligérants tiennent toujours fermement la hache de guerre, sans qu’aucune solution crédible de sortie de crise ne pointe pour le moment à l’horizon.
Ces discussions de Montreux constituent une avancée importante dans la recherche de la paix en RDC
Des discussions qui suscitent aussi l’espoir, d’autant plus qu’à en croire la diplomatie helvétique dont on peut saluer au passage l’implication aux côtés de la médiation du Togo et de l’Union africaine qui sont parties prenantes de ces discussions, les protagonistes se sont accordés sur une feuille de route pour la poursuite des négociations. S’achemine-t-on alors à petits pas vers la paix en RDC ? La question mérite d’autant plus d’être posée que dans cette crise inter congolaise, tout porte à croire que c’est la sincérité qui manque le plus entre les parties au conflit qui se regardent toujours en chiens de faïence en ne cessant de se rejeter la balle des différentes violations de la trêve qu’elles étaient censées observer, aux termes des accords de paix signés en octobre 2025, à Doha au Qatar. Toujours est-il que dans le prolongement de ces discussions menées en terre suisse, une mission d’évaluation et de vérification du cessez-le-feu était prévue pour se tenir le 24 août dernier, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Une région connue pour être l’une des zones les plus risquées de l’Est de la RDC où, entre tensions communautaires et affrontements armés, les accusations réciproques de violations des engagements, restent fréquentes. C’est dire si ces discussions de Montreux constituent une avancée importante dans la recherche de la paix en RDC. Et c’est déjà une bonne chose que les protagonistes aient accepté de se retrouver sous l’arbre à palabre et soient parviennus à s’accorder sur une feuille de route qui ouvre des perspectives pour la bonne tenue de ces pourparlers de paix. Mais pour autant, le chemin reste encore long et parsemé d’embûches. Car, une chose est de prendre des engagements, une autre est de pouvoir les respecter. Et c’est là que les protagonistes sont attendus au tournant par les observateurs et les partenaires internationaux qui multiplient les initiatives visant à rapprocher les frères ennemis congolais. Et, au-delà des discussions, les enjeux sont d’autant plus importants qu’il s’agit d’instaurer un climat de confiance autour du cessez-le-feu conclu dans les accords de Doha, et dont l’application connaît des difficultés sur le terrain. Autant dire qu’il y a encore beaucoup d’efforts à fournir.
Avec de l’engagement et de la volonté, le dialogue est à même de faire bouger les lignes dans ce conflit fratricide
Et la démarche qui a abouti à cet accord sur une feuille de route commune, est d’autant plus à saluer qu’elle est la preuve matérielle qu’avec de l’engagement et de la volonté, le dialogue est à même de faire bouger les lignes dans ce conflit fratricide qui dure depuis bientôt cinq ans. Et qui déchire l’Est de la RDC depuis que le M23 a repris les armes en novembre 2021, contre le pouvoir de Kinshasa. La question qui se pose toutefois, est de savoir si les protagonistes sont engagés dans le processus de façon sincère, ou s’ils y sont plutôt poussés par les médiateurs. Une précision qui a d’autant plus son importance que ce conflit dans l’Est de la RDC, est encore loin de livrer tous ses dessous. Quand ce ne sont pas les rebelles du M23 qui ont des revendications maximalistes, c’est Kinshasa qui semble traîner le pas dans le secret espoir de pouvoir tirer ses marrons du feu au grand dam des rebelles soutenus par le Rwanda voisin. Pendant ce temps, c’est le pauvre peuple congolais qui paie le lourd tribut d’une guerre qu’il n’a pas demandée. Et qui est loin de pouvoir profiter des immenses richesses naturelles qui sont l’objet de toutes les convoitises, et qui semblent faire le malheur de ce vaste pays d’Afrique centrale en proie à une guerre sans fin, depuis plus de trois décennies.
« Le Pays »
