DEMANDES D’APPUIS EXTERIEURS FACE A LA CRISE EN RDC : Tshisekedi tel un naufragé qui s’accroche à tout
D’où viendra la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ? Question à plusieurs inconnues au regard de la floraison d’initiatives de paix en cours. Et qui, de Doha à Washington en passant, entre autres, par l’Union africaine (UA) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), ont mobilisé de multiples médiateurs autour des parties prenantes au conflit, sans qu’une issue de sortie de crise ne permette jusque-là au pays de retrouver la tranquillité. C’est dans ce contexte de persistance de la guerre que le chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, qui ne sait plus où donner de la tête avec cette crise devenue un véritable serpent de mer, a sollicité l’appui de Moscou, pour mettre fin au conflit. Une attitude qui se comprend d’autant plus qu’au-delà des attentes et autres implications diplomatiques, la sagesse africaine enseigne que « trop de viande ne gâte pas la sauce ». Une façon, comme une autre, de dire que dans le combat contre un incendie, l’eau n’a jamais été de trop. Bien au contraire ! Mais quand on regarde le contexte international dans lequel intervient une telle sollicitude, la demande du président congolais sonne comme l’attitude d’un naufragé qui s’accroche à tout pour espérer se sauver d’une situation difficile. On est d’autant plus porté à le croire que la demande de Fashi auprès de Moscou, intervient dans un contexte où la médiation américaine est toujours en cours, sachant la rivalité historique et légendaire entre ces deux grandes puissances qui jouent rarement sur le même terrain.
Un éventuel compromis politique comme une alternative crédible de sortie de crise
Si l’on ajoute à cela, le fait que la Russie a sa propre équation et pas des moindres à résoudre en Ukraine, on a de quoi se convaincre que le président Tshisekedi est désespéré par la situation de son pays au point de lancer des SOS tous azimuts. Mais cela est de bonne guerre. Et l’on ne peut pas reprocher au chef de l’Etat congolais d’explorer toutes les pistes de solutions possibles à cette crise qui met son peuple au supplice depuis que les rebelles du M23 ont repris les armes contre son pouvoir en novembre 2021. Mais une chose est de demander des appuis extérieurs dans une volonté de trouver une solution diplomatique ou militaire à la crise, une autre est de se résoudre à accepter un éventuel compromis politique comme une alternative crédible de sortie de crise. Et de ce point de vue, le président Tshisekedi doit se remettre aussi en cause. Lui qui refuse obstinément de discuter avec les rebelles de l’AFC/M23 qui évoluent en maîtres incontestés dans l’Est du pays où, en plus du soutien du Rwanda voisin, viennent d’être rejoints par l’ancien président Joseph Kabila. Son prédécesseur qui a annoncé, pas plus tard que le 12 octobre dernier, la création du Front pour la refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire qui entend fédérer dans un même combat, les énergies de toutes les forces opposées au régime de Kinshasa. C’est dire si depuis que le locataire du palais de la Nation fait la sourde oreille à la proposition des religieux, qui prêchent l’évangile d’un dialogue national véritablement inclusif, la base des adversaires déclarés de Félix Tshisekedi s’est considérablement élargie.
Le chef de l’Etat congolais gagnerait aussi à mettre de l’eau dans son vin
Toujours est-il qu’aujourd’hui, l’on se demande à quoi serviraient de telles assises nationales si les principaux acteurs du conflit que sont le M23 et ses alliés, doivent en être exclus, suivant les exigences du chef de l’Etat. Et ce n’est pas tout. Puisque, de son côté, l’opposition congolaise est farouchement debout contre le projet de réforme constitutionnelle qui tient à cœur le chef de l’Etat qui tente le diable d’un troisième mandat. C’est dire combien la situation sociopolitique est aujourd’hui à la fois délétère et explosive en RDC où la gouvernance du président Félix Tshisekedi est au centre des critiques. C’est à se demander si, au même titre que ses adversaires, il n’est pas lui aussi une partie du problème. Quoi qu’il en soit, à l’heure où l’avenir de son pays interroge fortement, tout porte à croire que le chef de l’Etat congolais gagnerait aussi à mettre de l’eau dans son vin en tendant la main à ses adversaires. Autrement, le risque est grand que la RDC continue de compter ses morts dans cette guerre sans fin à laquelle ne semblent pas étrangères les immenses richesses minières de ce vaste pays d’Afrique centrale.
« Le Pays »