NOUVEAU ROUND DES NEGOCIATIONS SUR LE SAHARA OCCIDENTAL SOUS L’EGIDE DES USA : La médiation calculée de Donald Trump
Dans la continuité de la rencontre de Madrid qui s’est tenue le 8 février dernier à l’ambassade des Etats-Unis en Espagne, sur le Sahara occidental, Washington remet le couvert les 23 et 24 février 2026, en réunissant dans la capitale américaine, les principaux acteurs que sont le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario et la Mauritanie. Objectif : donner un coup d’accélérateur aux négociations qui peinent à bouger dans ce dossier emblématique qui oppose depuis près d’un demi-siècle, Rabat et le Front Polisario soutenu par l’Algérie dans sa lutte pour l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole qui reste sous contrôle du Royaume chérifien.
L’iconoclaste président américain n’est pas loin d’être dans une logique d’échange de bons procédés
Une implication de la Maison Blanche qui entend peser sur les négociations en vue de parvenir à un résultat en essayant de concilier des positions diamétralement opposées. Mais qui est loin d’être anecdotique quand on sait que l’activisme du locataire du Bureau ovale dans ces dossiers sensibles, répond souvent à des impératifs de se faire valoir quand il ne cache mal, la plupart du temps, certains intérêts. Toujours est-il que quand ce ne sont pas les « terres rares » de l’Ukraine qui font courir Donald Trump derrière Volodymyr Zelinsky pour conditionner son soutien, ce sont les minerais rares de la République démocratique du Congo (RDC) qui l’amènent à trouver un accord au forceps entre Kinshasa et Kigali. Peu importe que cela parvienne à faire taire les armes dans ce conflit qui déchire l’Est de la RDC depuis que les rebelles du M23 sont retournés dans le maquis en novembre 2021. Et dans le cas du Sahara occidental, tout porte à croire qu’au-delà de son image de faiseur de paix qu’il cherche à consolider dans sa quête obsessionnelle du Prix Nobel de la paix, l’iconoclaste président américain n’est pas loin d’être dans une logique d’échange de bons procédés, voire de renvoi de l’ascenseur à son partenaire marocain. Ce dernier venant d’intégrer son fameux Conseil de la paix créé pour aider à la stabilisation et à la reconstruction du territoire palestinien de Gaza et doté d’une mission plus large de résolution des conflits. Comment peut-il en être autrement quand on voit comment dans ce dossier épineux, les faveurs du dirigeant républicain semblent aller pour Rabat qui exclut toute solution d’autodétermination et propose plutôt un plan d’autonomie, au grand dam d’Alger et du Front Polisario qui ne jure que par l’indépendance de ce territoire qu’il considère comme étant le sien ? Autant dire que la médiation de Donald Trump semble plutôt calculée dans ce conflit vieux de plusieurs décennies et où les protagonistes continuent de camper sur leurs positions. La question qui se pose est de savoir si les négociations de Washington, permettront de faire bouger les lignes dans le sens de la décrispation et du consensus, en amenant les protagonistes à parler le même langage.
Le successeur de Joe Biden a plus d’une fois, montré qu’il ne fait rien pour rien
La question est d’autant plus fondée que les médiations de Donald Trump dans les dossiers emblématiques dont il s’est jusque-là saisi, peinent à se traduire en accords solides de sortie de crise. Un des exemples les plus éloquents de cette diplomatie de saupoudrage, est le cas de la RDC où les accords de Washington n’ont pas réussi à arrêter le crépitement des armes dans l’Est de ce vaste pays d’Afrique centrale dont les immenses richesses minières font l’objet de toutes les convoitises, à commencer par celles de Washington qui ne s’en cache pas du reste. C’est à se demander si cet accord entre Kigali et Kinshasa, comme tant d’autres dont se glorifie le patron de la Maison Blanche qui n’a aucun mal à les comptabiliser parmi ses hauts faits de paix malgré les résultats mitigés, ne vise pas d’autres intérêts dont seul Donald Trump a le secret. De quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent que le but ultime de cet accord signé tambour battant dans la capitale américaine par les présidents rwandais, Paul Kagame, et congolais, Félix Tshisekedi, sous l’œil vigilant de l’hôte des lieux, est de favoriser in fine l’accès des Etats-Unis aux minerais rares de la RDC. En tout état de cause, le successeur de Joe Biden a plus d’une fois, montré qu’il ne fait rien pour rien et qu’il est prêt à tout, dans sa volonté de « rendre à l’Amérique, sa grandeur d’antan ». Et d’entrer définitivement dans l’Histoire en laissant une image indélébile de faiseur de paix. Même si les médiations qu’il multiplie à foison, sont loin de briller par les succès attendus.
« Le Pays »
