A la uneLa chronique du fou

APPELS AU REPORT DES ELECTIONS MUNICIPALES

 Eviter à tout prix les délégations spéciales

Face à la grave crise sécuritaire sur fond de recrudescence d’attaques terroristes que connaît notre pays, des voix et pas des moindre s’élèvent pour exiger la révision du calendrier électoral. D’aucuns ne passent même pas par quatre chemins pour demander l’annulation pure et simple des municipales de mai 2022. Ils plaident pour la mise en place des communes sous délégation spéciale. Je suis d’accord avec les uns et les autres pour dire que le Burkina a d’autres priorités que de se lancer dans l’organisation de ces élections. Certes, je sais que l’organisation d’élections est une exigence de la démocratie. Mais pour une nation en péril et menacée dans son existence, je pense qu’il y a mieux à faire. Je me demande d’ailleurs comment l’on peut organiser des élections dans un pays où les 2/3 du territoire sont contrôlés par des groupes armés. Ce n’est pas moi qui le dis. Les faits parlent d’eux-mêmes. Car, les régions de l’Est, du Sahel, du Centre-Nord, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades et du Sud-Ouest ont enregistré et continuent d’enregistrer des attaques meurtrières et ce, presque chaque jour que Dieu fait. Comment, dans ces conditions, peut-on y organiser des élections quand on sait que dans certaines localités, on ne voit désormais aucun symbole de l’Etat ? C’est en cela que je suis d’accord avec ceux qui estiment que l’organisation des municipales n’est pas actuellement une priorité pour le Burkina pris entre plusieurs feux.

 

Nous avons vu où cela nous a conduits en 2015

 

Toutefois, je diverge avec ceux-là qui appellent à la mise en place de délégations spéciales. Je ne sais franchement pas à quoi cela répond. Je le dis parce que je sais qu’aucun préfet ne réside dans les zones dites rouges. La plupart ont quitté leur poste pour se retrouver dans les chefs-lieux de régions si certains n’ont tout simplement pas regagné Ouagadougou. Pourquoi alors faut-il qu’un préfet dirige une commune depuis près de 400 à 500km ? Tant qu’à faire, je préfère encore que l’on prolonge le mandat des maires sortants qui, non seulement ont l’avantage d’avoir été élus, mais aussi sont le plus souvent des natifs des communes qu’ils dirigent. Même s’il est aussi vrai que la quasi-totalité des maires ne réside pas non plus dans leurs communes respectives, ils ont, contrairement aux préfets, des attaches qui leur permettront de diriger à distance. Voyez-vous ? Je n’ai rien contre les préfets. Mais je suis très réservé quant à la solution des délégations spéciales dans le contexte qui est le nôtre. Si nous étions en situation normale, il n’y aurait pas de problème. Mais en période de crise sécuritaire, je me pose des questions sur la pertinence de ce choix. Encore que nous avons vu où cela nous a conduits en 2015 sous la Transition où de nombreuses dérives ont été constatées. On a vu comment les ressources de certaines mairies ont été littéralement pillées ou siphonnées.  

 

« Le Fou »

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