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ARRESTATION DE BOUBEYE MAÏGA AU MALI

Volonté d’assainissement politique ou chasse aux sorcières ?

Un ancien Premier ministre d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a été mis aux arrêts le jeudi 26 août à Bamako. Il est reproché à Soumeylou Boubeye Maïga,  puisque c’est de lui qu’il s’agit, sa gestion entachée d’irrégularités dans l’achat de l’avion de commandement du président de la République ainsi que sa gestion suspecte liée à l’achat d’équipements militaires. L’ancien Premier ministre malien a été placé sous mandat de dépôt par la Chambre d’accusation de la Cour suprême du Mali. Rappelons qu’à l’époque des faits, l’homme était ministre de la Défense. Il n’est pas inutile de rappeler aussi qu’à l’époque où tout le Mali bruissait de cette affaire, Karim Keïta, fils de l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéita, était président de la Commission « Défense » de l’Assemblée nationale. L’affaire, rappelons-le, avait été portée à la connaissance des Maliens grâce aux rapports de la Cour des comptes et du Vérificateur général. Des acteurs de la société civile ainsi que certains opposants avaient dénoncé,  on se rappelle encore, une connexion mafieuse entre les deux hommes pour se remplir les poches dans ces deux opérations, au moyen de surfacturation et d’achats de matériels militaires de moindre qualité. Partant du postulat selon lequel, personne n’est au-dessus de la loi, l’on ne peut que saluer l’arrestation de l’ancien Premier ministre et surtout souhaiter vivement que tous ses droits soient respectés pour que, in fine, la vérité,  rien que la vérité, soit connue dans l’affaire pour laquelle un mandat de dépôt a été décerné contre lui. Le principal concerné lui-même, a intérêt à laver son honneur, pour autant qu’il n’ait rien à se reprocher, en faisant face à la Justice de son pays.

 

 

L’arrestation de  Soumeylou Boubeye Maïga peut être    décryptée comme un stratagème pour neutraliser politiquement un rival potentiel

 

 

 

En tout cas, l’occasion lui est donnée de le faire. Toutefois, l’on peut se poser la question de savoir si son arrestation ne répond pas plus à une volonté de la junte au pouvoir à Bamako, de nuire à un potentiel et sérieux présidentiable qu’à celle d’assainir véritablement la politique malienne. L’on peut être enclin à croire à la première hypothèse. Car, si l’on devait véritablement traquer tous les hommes et les femmes qui ont profité des nombreuses failles de la gouvernance IBK pour frauder, magouiller et ruser avec la République pour faire fortune, l’on peut prendre le risque d’affirmer que toutes les maisons d’arrêt et de correction de Bamako refuseraient du monde ; tant la corruption et autres prédations de biens de l’Etat étaient les choses les mieux partagées dans ce pays. Et très probablement, certains parmi ceux qui sont aux affaires  aujourd’hui, seront inquiétés. De ce point de vue, l’arrestation de  Soumeylou Boubeye Maïga peut être    décryptée comme un stratagème, pour « les transitaires », pour neutraliser politiquement un adversaire, un rival potentiel qui peut sérieusement les contrarier dans les urnes, dans l’hypothèse où ils organiseraient une présidentielle à laquelle ils prendront part. Et plus les jours passent au bord du fleuve Djoliba, plus cette hypothèse a des chances de se réaliser. En tout cas, le plus sûr moyen de renvoyer aux calendres… maliennes la prochaine présidentielle ou de mettre hors-jeu d’éventuels et sérieux rivaux politiques, est d’initier une pseudo-opération « mains propres » avant la tenue des futures échéances électorales. Dans bien des pays du continent noir, cette stratégie a déjà fait la preuve de son efficacité. Et Assimi Goïta  et ses camarades pourraient volontiers s’en inspirer ; eux qui déjà ont apporté la preuve que leur destin se trouve au palais de Koulouba et nulle part ailleurs, en réalisant, en l’espace d’une année, deux putschs.

 

Pousdem PICKOU

 

 

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