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AXE PARIS-KIGALI

Un rapport qui vaut son pesant… de réchauffement

C’est parti pour les commémorations du génocide des Tutsis au Rwanda. Depuis le 7 avril dernier, et ce durant 100 jours, Kigali s’animera et se rappellera au mauvais souvenir de son lourd et tragique passé qui aura profondément choqué la conscience humaine. Voilà, en effet, vingt-sept ans déjà que survenait l’une des pires abominations qui aura marqué au fer rouge, le siècle écoulé. Une tragédie dont la France porte désormais « des responsabilités lourdes et accablantes », selon le rapport de la commission Duclert qui écarte toutefois, « toutes complicités » de Paris à l’égard des génocidaires.  En tous les cas, la publication de ce rapport devrait marquer un tournant dans la normalisation entre Kigali et Paris longtemps accusée d’avoir joué un rôle extrêmement néfaste dans le drame rwandais de 1994. Quel a été le rôle de la France de Edouard Balladur, avant, pendant et après le génocide rwandais ? Face à cette violente et terrible question, on ne peut que se féliciter des conclusions des travaux de la commission Duclert qui s’est gardée de dédouaner l’Hexagone dans la responsabilité qui a pu être la sienne dans les massacres à grande échelle au Rwanda.

 

On peut s’attendre à voir s’ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre Kigali et Paris

 

 Et du coup, c’est l’image de la gouvernance de François Mitterrand, qui en a pris un sérieux coup et l’homme mince de Kigali qui réagissait publiquement et pour la première fois audit rapport, à Kigali, s’est fait fort de dire tout le mal qu’il pense de l’Exécutif français de l’époque. Un gouvernement qui, selon ses dires, était bel et bien au courant de ce qui se préparait et pire, a soutenu l’élan génocidaire.  C’est tant mieux donc si la France reconnaît sa part de manquements dans ce drame et qui plus est, s’engage dans une dynamique de déclassification des archives liées à cette affaire.  En tout état de cause, après le rapprochement amorcé de part et d’autre, si le rythme est maintenu, Paris et Kigali devraient pouvoir avoir une « compréhension commune » du passé, dans l’intérêt bien compris des deux capitales qui ne verraient pas d’un mauvais œil, l’élaboration de nouvelles et heureuses perspectives pour les deux Etats. On peut donc s’attendre, à la suite de la publication de ce rapport qui réjouit sans doute l’homme fort de Kigali, à voir s’ouvrir une nouvelle ère dans les rapports entre Kigali et Paris.  Si son voyage dans la capitale rwandaise, prévu pour le mois prochain comme annoncé, se confirmait, nul doute que le président Emmanuel Macron débarquerait au pays des Mille collines, plutôt moins angoissé, que si pas grand-chose n’avait été jusque-là fait pour baliser le terrain et  faciliter le dégel. En somme, le rapport Duclert vaut son pesant… de réchauffement entre les deux nations.

 

CBS

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