CANDIDATURE DE MACKY SALL : C’est le consensus qui manque le plus
Le projet de l’ancien président sénégalais Macky Sall, de briguer le poste du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), a pris du plomb dans l’aile. En effet, sa candidature n’a pas requis le consensus nécessaire au sein de l’Union africaine (UA). Une vingtaine d’Etats membres dont son pays, le Sénégal, se sont opposés à cette décision, tant et si bien que l’ancien président du Sénégal n’a pas obtenu le quitus de l’UA comme il l’aurait souhaité. On se rappelle que ce projet avait été chapeauté par le président burundais, Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’UA. Une situation qui avait suscité des interrogations sur la nature réelle des relations entre Macky Sall et les nouvelles autorités de son pays. Et la note verbale du 27 mars dernier, adressée à l’UA, par la mission permanente du Sénégal à Addis-Abeba, est plus qu’explicite puisqu’elle précise que le pays n’a, « à aucun stade, endossé » cette initiative et n’a pas été « associé » aux démarches menées par le Burundi. Mais bien que l’UA ait douché les espoirs de Macky Sall, ce dernier n’est pas prêt à renoncer à ses ambitions. Loin s’en faut ! Il entend se maintenir dans la course à la succession du Portugais Antonio Guterres. Mais quelles chances a-t-il de triompher face aux autres candidats dont l’ancienne présidente chilienne, Michelle Bachelet, le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, l’ancienne vice-présidente du Costa Rica Rebeca Grynspan et la diplomate argentine Virginia Gamba? Les jours à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c’est le soutien qui manque le plus à Macky Sall.
Le choix du futur Secrétaire général de l’ONU revient aux cinq grandes puissances qui disposent de droit de veto
C’est d’autant plus vrai que pendant que certains Etats comme le Nigeria maintiennent leur objection, estimant que la candidature de Sall viole la règle de rotation qui veut que le poste revienne à l’Amérique latine, d’autres à l’image de l’Egypte et du Libera, quant à eux, se sont retirés de la liste des pays ayant émis une objection ou demandé une extension du délai de la procédure silencieuse. Preuve, s’il en est, que le soutien de l’UA à la candidature de Maky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambition de l’ex-président sénégalais divise le continent, y compris son pays, le Sénégal. En effet, là où un collectif de syndicats, de partis politiques et de la société civile voit une opportunité à saisir et demande à l’Etat sénégalais de soutenir officiellement la candidature de Sall, d’autres comme le groupe Familles des martyrs, estiment qu’il ne le mérite pas, l’accusant de « crime économique et de sang ». C’est dire si l’ancien dirigeant sénégalais semble aujourd’hui rattrapé par ses propres turpitudes. Car, on le sait, sa gouvernance a été émaillée de violences qui ont laissé sur le carreau, des dizaines de morts, suite à sa volonté de briguer un troisième mandat à la tête du pays. Et ce n’est pas tout. Les successeurs de Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, pour ne pas les nommer, l’accusent d’avoir maquillé des comptes en dissimulant une partie de la dette du pays. Pour autant, tout ne semble pas perdu pour le natif de Fatick. Car, en vérité, le choix du futur Secrétaire général de l’ONU revient aux cinq grandes puissances qui disposent de droit de veto. Et, à ce que l’on dit, Macky Sall serait en bons termes avec l’ensemble de ces pays. Il pourrait donc créer la surprise en succédant à Antonio Guterres.
Dabadi ZOUMBARA
