CONDAMNATION DU PASTEUR PAUL MACKENZIE AU KENYA : L’enfer terrestre en attendant la sanction divine
L’affaire avait défrayé la chronique et provoqué une véritable onde de choc au-delà des frontières du Kenya. Il s’agit du massacre de Shakahola dans lequel est impliqué un pasteur qui prêchait un jeûne extrême afin de rejoindre Jésus-Christ. Ce sont au total 429 corps qui ont été exhumés des fosses communes. Mais des Organisations de la société civile, quant à elles, évoquent un chiffre plus élevé. Parmi les victimes, se comptent essentiellement des femmes et des enfants. Certains adeptes qui ont été arrachés des griffes de Lucifer racontent que le pasteur Paul Mackenzie, puisque c’est de lui qu’il s’agit, et ses co-accusés n’hésitaient pas « à flageller et à violer leurs ouailles ». « Beaucoup viendront en mon nom… (…) et ils séduiront beaucoup de gens », avait déjà prévenu Jésus- Christ qui alertait ainsi sur la venue de faux prophètes.
Ils ne pouvaient pas s’en tirer à bons comptes
Il mettait ainsi en garde ses disciples contre des imposteurs qui, s’appuyant sur la Bible, égareront grand nombre de personnes. Et il ne pensait pas si bien dire ; tant les fausses doctrines et les dérives spirituelles courent aujourd’hui les rues. Le cas de ce pasteur kényan est des plus édifiants. En fait, il s’agit d’un criminel ou si vous préférez, d’un diable qui s’est déguisé en homme de Dieu et ce, dans le souci de se repaître du sang d’innocentes personnes. C’est encore plus révoltant de savoir que dans le cas d’espèce, il s’agit plus de femmes et d’enfants qui ont payé le prix de leurs vies respectives en croyant aveuglément à un illuminé. Au nom de quelle religion, peut-on choisir d’affamer des gens au point de les voir mourir les uns après les autres tout en leur faisant subir des sévices corporels ? C’est le lieu d’en appeler au discernement des uns et des autres. On n’empêche personne de croire en une religion pour peu que l’on estime être en phase avec les principes édictés. Mais lorsque l’on se rend compte que l’on est en train de franchir la ligne rouge au point de tomber dans des excès, il y a lieu de faire valoir la raison. Loin d’être une négation de la foi, comme le pensent certains, la raison constitue une boussole qui guide et qui oriente. Du reste, d’où le pasteur Paul Mackenzie détenait-il la preuve que le jeûne extrême permet d’aller à la rencontre de Jésus-Christ ? Avait-il, dans son entourage, des proches qui, à force de jeûner, en sont morts et qui sont revenus lui faire des témoignages concrets ? Assurément, non ! En tous les cas, lui et ses co-accusés ont plaidé non coupables à la barre ; une manière de dire qu’ils n’y sont pour rien dans le meurtre des centaines de personnes pour lequel ils sont poursuivis. Mais s’ils pensaient pouvoir ainsi se tirer d’affaire, ils en ont pris pour leurs grades, dans la mesure où les témoignages des survivants les accablent à tout point de vue, quand ils ne mettent pas en évidence leur manque d’empathie en tant qu’Hommes de Dieu. Ils ne pouvaient pas et ne devaient donc pas s’en tirer à bons comptes.
Shakahola doit servir de leçon à tous
Ce qu’ils ont fait, est une forme de terrorisme religieux. Et la condamnation dont ils écopent n’est ni plus ni moins qu’un enfer terrestre en attendant la sanction divine qui interviendra lors du « dernier jugement ». Cela dit, en plus de ce procès qu’on espère qu’il servira de leçons à tous les autres apprentis sorciers, il revient aux pouvoirs publics de s’attaquer au mal à la racine, notamment en travaillant à réguler les religions. Le mal est si profond qu’il nécessite une thérapie de choc. Surtout que presque chaque jour, surgissent de nulle part, des illuminés et des imposteurs qui se disent investis de pouvoirs messianiques et qui, sans aucun scrupule, continuent à faire de nombreuses victimes. Cela dit, à la suite du massacre de Shakahola, le sénat kényan, prenant toute la mesure de la situation, avait mis en place une commission d’enquête. Les recommandations issues de ce rapport d’enquête, ne doivent donc pas rester lettre morte pour autant que l’on ne souhaite pas voir émerger d’autres Paul Mackenzie. Shakahola doit servir de leçon à tous !
« Le Pays »