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CREATION DU NOUVEAU PARTI DE LAURENT GBAGBO

Combien pèsera « le contenu de l’enveloppe  FPI » ?

Le 9 août dernier, au palais de la culture d’Abidjan, l’ancien pensionnaire de la prison de La Haye et ancien président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, annonçait son départ du Front populaire ivoirien (FPI). A l’entendre, il partait avec le « contenu » du parti dont il a été, rappelons-le, le co-fondateur, pour en laisser « l’enveloppe » à Pascal Affi N’Guessan, le « Judas » du Gbagboland. Par la même occasion, Laurent Gbagbo annonçait la création d’un nouveau parti. Le Congrès constitutif de cette nouvelle formation politique s’ouvre demain, 16 octobre 2021, à Abidjan, plus précisément au Sofitel Hôtel Ivoire. Selon Sébastien Dano Djédjé, président de ce congrès, près de 1 650 personnes, choisies en tenant compte des mesures-barrières liées à la Covid-19, y sont attendues. Le 17 octobre prochain, en principe, l’identité du nouveau parti sera connue des Ivoiriens et du reste du monde. D’ores et déjà, l’on sait, foi de Sébastien Dano Djédjé, que le bébé sera d’obédience « socialiste, progressiste, panafricaniste et souverainiste ». C’est donc l’identité politique et idéologique du FPI que le nouveau parti affichera le 17 octobre prochain. De ce point de vue, l’on peut dire qu’il se présentera comme le sosie politique et idéologique du FPI. La différence est que, désormais, l’on aura deux frères jumeaux qui se vouent réciproquement une animosité hors norme. Et cela, certainement, à la grande satisfaction de l’Enfant de Kong, c’est-à-dire Alassane Dramane Ouattara. Cela dit, la création de ce nouveau parti battant exclusivement pavillon « Gbagbo », vient davantage apporter la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, qu’entre le « Christ de Mama » et la politique, c’est une affaire de  compagnonnage à vie.  Pour lui donc, peut-on dire, il n’y a pas de vie en dehors de la politique.

 

Alassane Dramane Ouattara et son RHDP auront désormais face à eux « garçon »

 

Néanmoins, l’on peut se permettre de se poser la question de savoir quel rôle il jouera au sein de ce nouveau parti. Va-t-il se contenter d’un rôle de gardien du dogme du temple, tout en travaillant à faire émerger un dauphin qui défendra les couleurs du parti en 2025 ? Ou va-t-il travailler à la promotion de sa candidature à la présidentielle de 2025 ? L’avenir nous dira laquelle des deux hypothèses sera privilégiée par Laurent Gbagbo. Mais connaissant l’attachement congénital de l’homme à la politique et le culte quasi divin que lui vouent les  habitants du « Gbagboland », l’on peut prendre le risque de dire que la probabilité est grande pour qu’il opte pour la deuxième hypothèse, c’est-à-dire celle selon laquelle, Gbagbo s’appuierait sur le nouveau parti pour travailler à la promotion de sa propre candidature. Ce qui  pourrait le contrarier à aller dans ce sens, c’est la nature ou bien une manœuvre du camp présidentiel pour limiter à 75 ans, l’âge maximum pour se présenter à la présidentielle. Cette clause, on le sait, dans l’hypothèse où elle serait introduite, exclurait automatiquement les trois têtes de gondole de l’échiquier politique ivoirien que sont Henri Konan Bédié, Alassane Dramane Ouattara et justement Laurent Gbagbo. Cela dit, la personne dont l’absence ou la présence à ce congrès sera remarquée et commentée abondamment, est sans aucun doute, Simone Gbagbo. Des observateurs de la politique ivoirienne croient qu’elle sera aux abonnés absents. Et à l’appui de ce point de vue, ils invoquent le fait que son nom ne figurait pas sur la liste réactualisée du bureau du congrès constitutif du nouveau parti, publiée le 5 octobre dernier. Un autre argument avancé est le communiqué que Simone Gbagbo a publié le 7 septembre dernier. Dans celui-ci, elle dénonçait sa mise à l’écart dans la désignation des membres des organes en charge des préparatifs du congrès. Et les mots choisis pour le dire, sont sans équivoque. Extrait : « Mes anciens camarades de parti utilisent des méthodes d’approche pour le moins surprenantes : aucune convocation de réunion, aucune consultation…

 

Je suis peu encline à m’associer à ce type d’initiative, car je mérite un minimum de respect et de considération ».

 

Le ton employé permet de conclure à la rupture. Mais sait-on jamais ! Dame Gbagbo peut répondre présente au congrès et occuper un poste important. La grande question que l’on peut se poser pour finir, est la suivante : combien pèsera « le contenu de l’enveloppe  FPI » ? Tout porte à croire que ce nouveau-né vagira  haut et fort sur l’échiquier politique ivoirien dès sa naissance. Car, Laurent Gbagbo, malgré son long éloignement de la mère-patrie à cause de son emprisonnement à La Haye, demeure populaire en Côte d’Ivoire. De ce point de vue, l’on peut affirmer qu’Alassane Dramane Ouattara et son RHDP auront désormais face à eux « garçon », pour parler comme les Ivoiriens. Il reste à souhaiter que la rivalité qui se profile, ne déborde pas le cadre de la démocratie.

 

Pousdem PICKOU

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