HomeA la uneCRISE AU SEIN DU PDCI/RDA : « L’Eléphant » se cassera-t-il une deuxième patte ?

CRISE AU SEIN DU PDCI/RDA : « L’Eléphant » se cassera-t-il une deuxième patte ?


Orphelin de feu l’ancien président Henri Konan Bédié qui en fut la figure tutélaire durant des décennies avant de tirer sa référence en août 2023, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire/Rassemblement démocratique africain (PDCI/RDA) traverse une crise qui ne manque pas de soulever des questions sur son avenir. Une crise de légitimité liée à l’élection contestée de Tidjane Thiam à la tête du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, qui a vu le parti de l’Eléphant laver son linge sale devant les tribunaux. Et ce 22 octobre 2026, la Justice ivoirienne devait se pencher sur la requête de militants de ce parti qui contestent la légalité de l’ancien banquier, à la tête du parti. L’objectif pour ces derniers, étant de faire annuler la réélection du successeur du Sphinx de Daoukro à la présidence du PDCI/RDA, à la faveur d’un congrès extraordinaire tenu en mai 2025.

 

Le PDCI/RDA est dans une zone de fortes turbulences

 

En rappel, dans un verdict initialement rendu en 2025, la Justice ivoirienne avait déclaré irrégulière l’élection, en décembre 2023, du magnat des finances, à la présidence du PDCI/RDA. En cause : sa double nationalité au moment du vote, jugée contraire aux textes internes du parti qui imposent la nationalité ivoirienne exclusive aux candidats à la présidence. Une sentence qui a obligé l’intéressé à revoir sa copie en démissionnant à la mi-mai 2025 puis en renonçant à sa nationalité française. Dans la foulée, il organisera un congrès extraordinaire pour se faire reconduire et c’est cela qui pose encore problème aujourd’hui. Le moins que l’on puisse dire, est que le PDCI/RDA est dans une zone de fortes turbulences et traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Déjà fragilisé par la perte subite de celui qui en fut la colonne vertébrale après la disparition du père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, feu le président Félix Houphouët Boigny, le PDCI/RDA survivra-t-il à ses querelles intestines qui contribuent à creuser le fossé de la division au sein du parti ? Rien n’est moins sûr. On est d’autant plus fondé à s’interroger que cette crise interne liée au choix contesté de Tidjane Thiam après le décès d’Henri Konan Bédié, est symptomatique des tensions profondes qui mettent à mal l’unité du parti. Et l’on peut craindre que ces procédures judiciaires contre son leader, ne contribuent à accélérer le déclin du parti de l’Eléphant qui peine depuis lors à tenir sur pied, la cohésion de ce parti historique ayant visiblement du mal à résister au choc des ambitions. Tant ils sont nombreux les cadres qui attendaient leur heure et qui ne manquent pas de griefs contre Tidjane Thiam à qui ils reprochent aussi son absence prolongée du pays. Toujours est-il que si le parti peine aujourd’hui à retrouver son équilibre, c’est qu’après avoir perdu son pilier principal en la personne de l’ancien président Henri Konan Bédié, le contentieux de la succession de ce dernier semble encore loin d’être vidé, avec ces querelles intestines à n’en pas finir qui contribuent à fragiliser le parti, au grand bonheur de ses adversaires politiques.

 

Le PDCI/RDA n’est pas à l’abri d’une implosion

 

Ce qui n’est pas de bon augure pour un parti qui a dirigé le pays pendant près de quatre décennies, et qui aspire à revenir aux affaires après avoir perdu le pouvoir suite au coup d’Etat de Noël du Général Robert Guéi en 1999. En tout état de cause, le PDCI/RDA qui végète dans l’opposition depuis près de vingt-sept ans, doit savoir tirer leçon de sa propre histoire en lavant son linge sale en famille, s’il veut se donner des chances de mieux rebondir. Et plus tôt le parti résoudra ses propres contradictions, mieux cela lui permettra de se concentrer sur l’essentiel en se préparant efficacement à affronter les prochaines échéances électorales. Au-delà, cette crise au sein du PDCI/RDA est révélatrice d’un profond malaise auquel n’échappent pas bien des formations politiques sous nos tropiques. Quand le parti ne se résume pas à son fondateur, il tourne généralement autour de certains noms et cela finit très souvent par des frustrations qui conduisent parfois au clash. C’est dire si dans cette crise, le PDCI/RDA n’est pas à l’abri d’une implosion. Toute chose qui le fragiliserait davantage.  Quant à Tidjane Thiam, il doit se résoudre à moins jouer les présidents fantômes, en se montrant aussi proche du terrain que de ses militants. Car, s’il se rêve d’un destin national, c’est sur les bords de la lagune Ebrié que tout se joue, et nulle part ailleurs.

 

 « Le Pays »


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