DEBACLE DES ETALONS A LA CAN MAROC 2025 : Se poser les bonnes questions
La Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025, a viré à l’humiliation pour les Etalons du Burkina Faso. En effet, après une phase de groupes qui n’a pas du tout dissipé les doutes des supporters sur leur équipe, la bande à Brama Traoré a été stoppée dans son avancée dès les huitièmes de finale. Dans un derby palpitant contre la Côte d’Ivoire, déjà lancé sur la toile depuis l’annonce de cette affiche, l’équipe nationale burkinabè n’a pas été à la hauteur de l’évènement. Sous le ciel de Marrakech, les Etalons n’ont pas vu la lumière. Ils se sont fait piétiner par des Eléphants champions d’Afrique dominateurs, cohérents et d’une efficacité redoutable. L’addition a été salée. Un cinglant 3-0 au bout des 90 minutes du temps règlementaire.
L’élimination des Etalons s’est déjà jouée bien avant leur arrivée au Maroc
Ce score, loin d’être volé, est même flatteur; tant les pachydermes n’ont pas eu d’opposition véritable en face. Et c’est cette facilité avec laquelle les poulains de Brama Traoré ont été mis hors course, qui fait mal côté burkinabè. En tout cas, cette défaite humiliante, contre le rival historique, dans un contexte géopolitique particulièrement tendu entre les deux voisins ouest- africains, fait bouillonner de colère les supporters burkinabè. Ces derniers sont d’autant plus amers qu’ils reprochent à nos joueurs, de n’avoir pas suffisamment mouillé le maillot pour défendre dignement l’honneur de la Patrie. En tout cas, dans ce huitième de finale, les joueurs burkinabè ont paru parfois tétanisés, à la limite complexés, devant leurs adversaires ivoiriens, dès l’entame de la partie. Et au-delà des choix des hommes et du schéma tactique controversé de Brama Traoré, l’équipe a vite plié l’échine, en partie, à cause de son manque d’engagement. Les joueurs n’ont pas montré cette rage de vaincre comme ont su le faire certaines équipes au cours de cette compétition. C’est donc dire que les Etalons ont été rattrapés dans ce match par une réalité cruelle et impitoyable du football : celle de dire que, dans ce sport, tout comme dans bien d’autres disciplines, le talent à lui seul ne suffit pas pour arriver à ses fins. Il faut, en plus, de la grinta et du don de soi. Ce qui a manqué au Onze national dans ce rendez-vous. Mais, visiblement, le mal de notre équipe nationale était plus profond. Et sa contreperformance frustrante au Maroc, n’a été que le résultat logique d’un ensemble d’incohérences bien visibles. En effet, l’élimination des Etalons s’est déjà jouée bien avant leur arrivée au Maroc. Les carottes étaient déjà cuites depuis la composition de la liste des joueurs retenus pour la compétition, avec des choix d’hommes qui n’ont pas toujours mis en avant la performance du moment. Sur ce point, la non-sélection de certains éléments comme le jeune latéral Ismaëlo Ganiou, brillant avec le RC Lens en France, ou encore de Josué Tiendrébéogo qui a fait toute la campagne des éliminatoires du Mondial avec le groupe, a laissé nombre d’observateurs sceptiques. Au-delà de la liste concoctée, l’équipe burkinabè est arrivée au Maroc sans certitude. Le milieu de terrain n’a jamais retrouvé ses marques.
Le moment est peut-être venu de procéder à une véritable révolution au sein de la sélection nationale
La preuve, tout au long de la compétition, le technicien burkinabè est resté dans des essais. Il n’a jamais aligné les mêmes hommes dans ce secteur du jeu au cours des quatre matchs disputés. C’est dire si on voyait venir la débâcle au Maroc. Suite à cette énième contreperformance, il serait donc temps de marquer une halte et de se poser les bonnes questions. Car, deux éliminations successives en huitième de finale de la plus grande compétition du football africain, c’est une statistique indigne d’une équipe classée parmi les 10 meilleures du continent. C’est d’autant plus inquiétant que depuis la demi-finale jouée à la CAN Cameroun 2021, les Etalons ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, alignant des performances décevantes. Le naufrage au Maroc constitue donc la meilleure occasion pour repartir sur de nouvelles bases. L’équipe est clairement à la fin d’un cycle avec des joueurs qui n’ont plus leurs jambes de jeunesse. Deux ont déjà pris les devants, Issoufou Dayo et Steeve Yago en l’occurrence, en annonçant leur retraite internationale. Le moment est peut-être venu de procéder à une véritable révolution au sein de la sélection nationale pour aller à la conquête de l’Afrique et du monde. Certains n’ont pas hésité à le faire, et cela semble bien leur réussir. Le Cameroun de Samuel Eto’o l’a fait et les Lions indomptables sont aujourd’hui en quarts de finale de la CAN 2025. Ce changement s’impose au sein de notre sélection. Et ce ne sont pas les talents qui manquent pour ne pas prendre ce risque nécessaire. Aussi, au-delà du choix des joueurs, il est également crucial de revoir la gouvernance d’ensemble de notre football. Il est important de prendre les bonnes décisions, d’accepter la critique et surtout de remettre le football aux footballeurs. Les dirigeants de notre football le verront-ils de cet œil? On attend de voir.
« Le Pays »
