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DECES DE LADJI YORO


L’année s’achève comme elle avait commencé au Burkina Faso, c’est-à-dire dans la violence. C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, 41 personnes ont péri le 23 décembre dernier dans une embuscade tendue par des hommes armés non identifiés, entre Titao et Ouahigouya dans le Nord du pays. Parmi les victimes, se compte le leader des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) du Loroum qu’est Soumaïla Ganamé connu sous le sobriquet de Ladji Yoro. Cet homme très redouté n’avait de cesse de donner du fil à retordre aux terroristes qui, on le sait, cherchaient à tout prix à l’éliminer. Vaillant combattant devant l’Eternel, Ladji Yoro ne reculait pas devant l’adversaire. Tant et si bien qu’il était présenté comme  un sauveur par les populations du Loroum qui souffrent le martyre. Maintenant qu’il s’en est allé, que deviendra le Loroum ? Qui pour défendre désormais cette localité qui, comme bien d’autres à travers le pays, est abandonnée à elle-même ? Autant de questions que l’on peut se poser au regard du rôle, ô combien, important que jouait Ladji Yoro dans la lutte contre l’insécurité. En tout cas, le Burkina Faso lui doit une fière chandelle pour l’engagement et la détermination dont il a fait montre dans le cadre de la lutte  contre le terrorisme au point de payer le prix de sa vie. On comprend  pourquoi le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, en hommage au «  guerrier du Loroum » et ses  hommes tombés sur le champ de bataille, a décrété un deuil national de 48 heures. C’est tout simplement mérité.

 

 

Il faut briser les murs de la peur

 

 

Cela dit, cette nouvelle attaque meurtrière vient rappeler aux autorités burkinabè, la nécessité de trouver une solution à l’insécurité liée au terrorisme qui, depuis six  bonnes années, n’a de cesse d’endeuiller des familles. Il faut, dans l’urgence, s’intéresser au cas de Titao qui est devenue pratiquement l’épicentre  du terrorisme pour ne pas dire qu’elle est sous la coupe réglée des groupes armés. Il en est de même pour d’autres localités comme Dablo, Barsalgho, Logobou, Toéni, etc. , considérées depuis longtemps comme des zones rouges et qui échappent pratiquement au contrôle de l’Etat. On espère donc que les changements opérés au sein de l’armée en vue d’une meilleure réorganisation des troupes, produiront des résultats concrets sur le terrain afin que les milliers de déplacés devenus des sans-abris, puissent regagner leurs localités respectives. Pour cela, il faudra que nos Forces de défense et de sécurité (FDS) mouillent davantage… le treillis en allant davantage à l’assaut des groupes armés plutôt que de rester, comme c’est très souvent le cas, sur la défensive. Car, les terroristes, contrairement à ce qu’ils laissent croire, ne sont pas invincibles. Ils ont aussi peur de la mort si bien  qu’ils n’hésitent pas à prendre le large quand ils sentent qu’ils perdent du terrain. Il faut donc briser les murs de la peur. Car, comme le dit si bien le ministre de la Défense, « un soldat ne doit jamais fuir devant l’ennemi » au risque de se faire trucider.

 

Boundi OUOBA  

 


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