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DECES DE PAPA WEMBA : Une étoile totémique tombe du firmament

La nouvelle a été foudroyante ! Aussi fulgurante que ce maudit malaise dont il ne se relèvera plus jamais !  Papa Wemba est mort !  Terrassé, le talent et la passion en bandoulière, sur son dernier champ de bataille… artistique.  En effet, Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba alias Papa Wemba, a définitivement dit adieu à la scène hier,  après avoir été victime d’un malaise. C’était lors  d’un concert en Côte d’Ivoire samedi dernier, organisé dans le cadre du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA). Il avait 67 ans.  Mort sur  scène !  Sans doute, l’artiste-musicien  disparu, ressent-il une fierté post-mortem, d’avoir tiré sa révérence en restant artiste-chanteur… jusqu’à la mort, à l’image du vaillant soldat qui tombe, les armes à la main !  Car, c’est peu dire que l’artiste croquait la musique à pleines dents.  La musique lui était visiblement chevillée à l’âme.   Une sorte de fil à la patte dont on a du mal à se défaire. Mieux, ce monument de la musique aimait la vie. Cette  vie qu’il aura du reste magnifiée dans le film « La vie est belle »,  sorti en 1987, qui met en scène les aventures rocambolesques d’un jeune paysan, Kourou (Papa Wemba), qui vient à la ville, y faire de la musique et s’essayer à tous les métiers.  Autant il aimait la vie, autant il s’aimait et avait une haute estime de lui-même. Et il savait toujours rester jeune dans la tête. Ne lui doit-on pas la création de  la SAPE (la société des «ambianceurs» et personnes élégantes) ?  Oui,  «La vie est belle», cher M’zée, (l’un de ses multiples surnoms). Mais elle a aussi, hélas, une fin.  Fin de parcours terrestre ! Mission achevée. Et bien remplie, peut-on dire.  L’heure est à présent venue de rejoindre le panthéon des illustres et talentueux devanciers de la génération  Franco, Nico, Joseph Kabasélé,  Tabu Ley Rochereau et autres qui auront autant fait les belles pages et la gloire de la musique africaine.  C’est tout mérité ! Car, tout comme ses devanciers, Papa Wemba aura tout aussi donné au continent et au reste du monde.  Et c’est peu dire que l’Afrique et le reste du monde  perdent un grand homme.  Un baobab de la musique africaine voire universelle, vient donc de s’écrouler.

Papa Wemba n’appartenait plus seulement au Congo-Kinshasa qui l’a vu naître

Bien plus, c’est une étoile totémique de la musique qui vient de tomber du firmament. L’homme avait du génie ; il était de ce  génie qui habite les grands talents. Brillant,  ce musicien charnière, cette figure emblématique aura su se positionner au confluent du passé et de la modernité, et le succès n’en a été que toujours plus éclatant.  Dans les années 1950, la Rumba congolaise dominait la scène musicale continentale. Et si elle est toujours aussi présente sur la scène africaine, c’est notamment grâce à Papa Wemba qui en sera passé « Roi ».  On lui doit plus tard « Maria Valencia » ou « Yolele », emblèmes de la «world music ». Certes, l’artiste  avait connu des démêlées judiciaires, lesquelles avaient plutôt révélé un homme au grand cœur, soucieux de l’avenir de la génération montante à laquelle il avait toujours voulu prêter main-forte. De fait, il était habité par le désir d’aider bien des jeunes artistes-musiciens  à se faire eux aussi une place au soleil.  Soi-dit en passant, on peut relever qu’il aura formé un certain… Koffi Olomidé alias Mopao, attendu à Ouagadougou vendredi prochain pour les Kundé 2016. Hélas, le destin a voulu que Papa Wemba meure  de cette mort-là, de celle qui vient bruyamment frapper à la porte sans crier gare, et loin des siens.   Mais après tout, l’artiste n’avait-il pas acquis une stature universelle ? Sans doute a-t-il voulu laisser comme souvenir à la postérité, ceci : il n’appartenait plus seulement au Congo-Kinshasa qui l’a vu naître. Il était plutôt devenu une propriété artistique du monde.

Par Cheick Beldh’or SIGUE

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