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ENLEVEMENTS MASSIFS REGULIERS   AU PAYS DE BUHARI

Faut-il désespérer du Nigeria ?

Décidément, le Nigeria ne finira pas de surprendre avec ses enlèvements d’écoliers à répétition. En effet, pas plus tard que le 26 février dernier, 317 écolières ont été kidnappées par des hommes armés  à Zamfara dans le Nord-Ouest du pays. De décembre 2020 à février 2021, ce sont plus de 650 écoliers qui ont été enlevés. Et si l’on n’y prend garde, ces enlèvements risquent de devenir, si ce n’est déjà le cas, un fait banal au Nigeria, tout comme les attaques terroristes. Dire aujourd’hui qu’une attaque terroriste a coûté la vie à dix ou vingt personnes au Nigeria, relève désormais quasiment du non-évènement. Cela dit, on en vient à se poser des questions face à ces kidnappings répétés. S’agit-il de l’œuvre de Boko Haram ou de celle de simples bandits ? En effet, on le sait, les enfants, surtout les jeunes filles, constituent une cible privilégiée pour Abubakar Shekau et sa bande de criminels. Et cela ne saurait étonner outre mesure, puisque ces dernières ont une valeur marchande. Non seulement elles peuvent être vendues comme des esclaves sexuelles, mariées de force à des combattants, mais aussi   être endoctrinées et utilisées plus tard comme des kamikazes. L’exemple des 276 lycéennes enlevées en 2014 à Chibok, en est illustratif. Toutefois, de simples bandits pourraient aussi être à l’origine de ces enlèvements. On est d’autant plus fondé à le penser que le paiement de rançons pour obtenir la libération d’otages,  est devenu un business florissant au Nigeria.  En tout état de cause, que ces prises d’otages en masse régulières soient l’œuvre de terroristes ou de bandits, le résultat est le même : c’est l’expression d’un Etat failli. Cela est d’autant plus vrai qu’en dépit des changements opérés à la tête de l’armée, on fait le constat que le cycle des enlèvements se poursuit au grand dam des parents d’élèves. Y a-t-il encore un capitaine aux commandes du navire nigérian ?

 

On ne saurait lutter efficacement contre l’insécurité et le terrorisme dans un pays où la corruption est devenue le sport favori

 

En tout cas, le président Muhammadu Buhari devrait en avoir honte. L’on se rappelle que ce dernier avait promis, en 2015, d’en finir avec Boko Haram en 90 jours, s’il accédait au pouvoir. Six ans après, le bilan est bien décevant. Même si la conjugaison des efforts a permis de réduire la voilure de la bête immonde, force est de constater qu’elle est loin d’être vaincue. Et ce ne sont pas les parents des pauvres fillettes enlevées à Zamfara, qui diront le contraire ; eux qui ne savent plus à quel saint se vouer.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces enlèvements de scolaires constituent un coup dur pour le monde éducatif nigérian. Car, la scolarisation des jeunes filles et c’est peu de le dire, risque d’en prendre un sérieux coup. Pour autant, faut-il désespérer du Nigeria ? Il y a bien des raisons de  le penser. En effet, tant que la corruption, cet autre mal qui gangrène le pays, ne sera pas vaincue, le Nigeria ne finira pas avec ses spasmes sociaux. Car,  on ne saurait lutter efficacement contre l’insécurité et le terrorisme dans un pays où la corruption est devenue le sport favori de la majorité des citoyens. Cela dit, en attendant que le pays sécrète une nouvelle race d’hommes plus soucieux de la vie humaine, les autorités nigérianes doivent faire de la sécurisation des enceintes  scolaires, l’une de leurs priorités centrales. Certes, ce n’est pas chose aisée au regard de la démographie et de la taille du Nigeria. Mais le jeu en vaut la chandelle, d’autant qu’il y va de l’avenir de l’éducation pour ne pas dire de la survie de ce géant aux pieds d’argile.

 

Dabadi ZOUMBARA

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