A la uneLa chronique du fou

FRAUDES FISCALES AU BURKINA

Il faut sanctionner pour l’exemple

A l’occasion de la 6e rentrée fiscale, le Directeur général des impôts (DGI) a fait des révélations fracassantes. En effet, malgré les mesures prises pour renforcer la lutte contre la fraude fiscale, le phénomène a la peau dure ; tant les faits parlent d’eux-mêmes. Selon le Directeur général des Impôts, Moumouni Lougué, 1091 vérifications de comptabilité ont été effectuées par ses services en 2020 contre 952 en 2019. Ces opérations, dit-il, ont permis de recouvrer 87,16 milliards de F CFA contre 59,6 milliards en 2019. L’intensification des enquêtes a permis de débusquer 62 entreprises impliquées dans des déductions de TVA sur la base de fausses factures pour un montant de plus d’un milliard de F CFA. Et ce n’est pas tout. Car, 23 entreprises impliquées dans le faux enregistrement, ont été épinglées alors que près de 900 numéros IFU ont été purement et simplement désactivés. Voyez-vous ? On est encore loin du civisme fiscal en vigueur dans d’autres pays. Car, je fais le constat que, chez nous, au Burkina, la tricherie est en passe de devenir une norme au point que tout le monde veut s’y essayer. Et ça, je le dis parce que je sais que ceux qui fraudent sont ceux qui ont les moyens.  D’ailleurs, moi, Fou, je n’ai rien à déclarer; je ne postule pas aux marchés publics tant et si bien que je ne suis pas imposable. A moins que l’on ne dise que ce que les uns et les autres me donnent pour ma pitance quotidienne, mérite aussi d’être imposé. Et je sais qu’ils sont nombreux, les Burkinabè qui ne sont pas fous comme moi, mais qui tirent aussi le diable par la queue.

Les gens préfèrent protéger leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général

Pour moi, ceux qui trichent avec le fisc sont surtout des gens d’un certain rang social, qui se permettent de ruser avec les textes. Et très souvent, ils le font malheureusement avec la complicité d’agents des impôts qui leur montrent les moyens de contours contre quelques billets de banques. C’est la triste réalité. Car, comme vous le savez, chez nous, au pays des Hommes intègres, les gens préfèrent protéger leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. C’est ce qui fait qu’un agent des Impôts ou des douanes préfère empocher deux ou trois millions contre 10 milliards de F CFA que l’Etat pourrait perdre. Et ce n’est pas tout. Car, je ne serai pas surpris d’entendre que parmi ces dizaines d’entreprises épinglées par les services des Impôts, certaines appartiennent à des gourous de la République. En fait, des sociétés-écran. A ce propos, je me rappelle d’ailleurs que beaucoup de hauts placés qui devaient à l’Etat, avaient émis au profit du Trésor public, des chèques sans provisions. Et sauf erreur ou omission, ils n’ont pas été inquiétés, en tout cas, pas à ma connaissance. C’est pourquoi je souhaite que les entreprises qui se sont rendues coupables de fraudes, soient sanctionnées pour l’exemple. Il faut que leur soit opposée la rigueur de la loi. C’est à ce prix que l’on peut espérer l’avènement du civisme fiscal dans notre pays.

« Le Fou »

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