HomeOmbre et lumièreGUY OLIVIER OUEDRAOGO, PRESIDENT DU MOIS DES CENTRALES SYNDICALES : « Nous reconnaissons à nos populations le droit de s’organiser et de se défendre contre les malfaiteurs »

GUY OLIVIER OUEDRAOGO, PRESIDENT DU MOIS DES CENTRALES SYNDICALES : « Nous reconnaissons à nos populations le droit de s’organiser et de se défendre contre les malfaiteurs »


Faire le point de la mise en œuvre des engagements du gouvernement ; c’était l’objectif de la rencontre des syndicats, le 8 juillet 2016, à la Bourse du travail à Ouagadougou. A cette occasion, les centrales syndicales ont annoncé que sur quelques points de leurs revendications, des avancées sont à noter mais sur beaucoup d’autres, le gouvernement « traîne les pieds ».

 

Les centrales syndicales réunies au sein de l’Unité d’action syndicale (UAS), ne sont pas encore satisfaites du traitement réservé à leurs revendications et elles l’ont fait savoir au cours d’une conférence de presse tenue le 8 juillet dernier. Pour elles, en effet, en dehors de quelques mesures dont l’annulation des « zones rouges », la relecture de l’arrêté portant procédures de traitement et modalités de liquidation de la retenue pour fait de grève, nombreux sont les engagements qui tardent à être concrétisés. Il s’agit, entre autres, pour Guy Olivier Ouédraogo, président de mois des centrales syndicales, de l’application de la loi 081, la relecture de la loi 028 portant Code du travail. Sur ce dernier point, les syndicats ont indiqué que le processus était entravé par la réticence du patronat. Mais, les syndicats se veulent très clairs face à la nonchalance du patronat car, préviennent-ils, une correspondance sera adressée au gouvernement pour attirer son attention sur la lenteur du patronat et lui donner des ultimatums concernant les engagements qui découlent du patronat. « Pour les syndicaux permanents, la date du 28 juillet est une date buttoir. Pour le Code du travail, nous allons exiger que les travaux au niveau de la commission consultative, commencent le 30 ou le 31 août, mais pas au-delà. Nous n’allons pas accepter encore des reports de la part du patronat, sinon nous prendrons nos responsabilités », a martelé Guy Olivier Ouédraogo. Quant à la mise en œuvre effective de la loi 081, les syndicats disent attendre sa concrétisation en fin juillet comme promis par les autorités. En attendant, les centrales syndicales ont souligné que des actions de sensibilisation et d’information seront entreprises dans toutes les régions du Burkina afin de mettre tous leurs camarades au même niveau d’information. En dehors des aspects liés aux revendications syndicales, l’UAS a donné son appréciation sur les questions d’actualité. D’abord, s’agissant des Koglwéogo, a introduit le président du mois des centrales syndicales, il faut noter que tout citoyen a le droit de se défendre. « Nous reconnaissons à nos populations le droit de s’organiser et de se défendre contre les malfaiteurs. Mais, nous condamnons les exactions, les brebis galeuses qui portent atteinte aux droits humains », a-t-il indiqué. 

 

« Il ne faut pas qu’on ait un comportement en fonction de la tête de l’individu qui est en face de nous »

 

A son avis, il faut que les exactions cessent et pour cela, le gouvernement doit mettre en œuvre des mesures pour encadrer ces groupes d’autodéfense en leur donnant des formations adéquates et en les sensibilisant sur leurs droits et devoirs. « Sinon, les Kolgwéogo ne sont pas à nos yeux des parias », a précisé Guy Olivier Ouédraogo. Pour Bassolma Bazié, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B), les autorités sont inscrites dans une démarche qui dénote d’une certaine remise en cause des libertés et des acquis de la Transition. « Nous constatons une hausse des licenciements abusifs et même au niveau de la Justice, il y a des décisions qui ne sont jamais appliquées alors que ces décisions donnent raison aux travailleurs », s’est-il indigné. Alors que, a-t-il ajouté, dans le même temps, l’Etat dit que force doit rester à la loi. Si tel est le cas, selon Bassolma Bazié, c’est que cette loi est faite juste pour protéger les intérêts de certains  individus et du patronat. « Il y  a aussi la liberté d’aller et venir. Aujourd’hui, on peut dire que cela concerne des acteurs politiques mais demain, ce sera le tour de qui ? Nous avons suivi en filigrane les excuses du chef de l’Etat aux membres du CDP qui ont été empêchés de voyager. Et on dit que ce sont des erreurs d’appréciation. En tant que citoyen, on ne peut pas admettre cela. Quand on empêche quelqu’un de circuler, on doit être en mesure de dire pourquoi on l’a fait. Il ne faut pas que dans ce pays, on ait un comportement en fonction de la tête de l’individu qui est en face de nous », fustige Bassolma Bazié. Outre ces aspects, pour les syndicats, il y a également une remise en cause des acquis de la Transition, notamment dans sa composante justice. « On ne doit pas fabriquer des textes en fonction des humeurs des gens qui viennent au pouvoir. Une Constitution engage la vie d’une Nation, y compris les générations futures. Donc, elle doit refléter les aspirations de ce peuple et non les desiderata d’un certain nombre d’individus qui passent », a-t-il souligné. Car, pour lui, il y va de la cohésion des fils et filles du Burkina et de la paix sociale. Et d’ajouter que sur les questions qui touchent à la paix et à la cohésion, les syndicats seront aptes à interpeller toujours les autorités. « Une chose est d’augmenter les salaires, mais une autre et la plus importante, c’est d’avoir une paix sociale qui puisse nous permettre de jouir de ces salaires », a-t-il conclu. 

 

Adama SIGUE

 

 


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