La chronique du fou

INAUGURATION D’UN CENTRE DE RADIOTHERAPIE AU BURKINA

Une révolution qui vaut son pesant … de sauvetage

Le Burkina Faso dispose désormais d’un centre de radiothérapie. Il a été inauguré le 9 avril dernier par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. D’un coût global estimé à 8 milliards de F CFA, cette structure sanitaire devra permettre de soigner les cas de cancers du col de l’utérus, de la prostate, du poumon, du rectum, de l’œsophage et de l’estomac. Réalisé avec le soutien du Qatar, le centre de radiothérapie, à  en croire le ministre de la Santé, « va contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux cancers ». Une véritable révolution, s’il en est, que vient de connaître le monde médical dans notre pays. Je le dis parce que je sais que jusqu’à l’inauguration de ce centre, les cas de cancers faisaient l’objet d’évacuations sanitaires à l’étranger. Et   très peu de gens pouvaient se payer ce luxe ; les moyens financiers faisant défaut. Les statistiques indiquent que sur 100 cas diagnostiqués, pas plus de deux arrivaient à se faire évacuer. C’est pourquoi je tire mon chapeau au gouvernement qui a fait œuvre utile. Car, très souvent, on reproche aux dirigeants africains de ne pas travailler à relever les plateaux techniques sanitaires dans leurs pays respectifs. Si fait qu’au moindre malaise, ils se font évacuer à l’extérieur pour des soins appropriés. Mais avec l’inauguration de ce centre, le président Roch ôte un argument à ses contempteurs. Surtout que la plupart de ceux qui y travaillent sont des Burkinabè. Preuve, s’il en est, du renforcement des bases de la valorisation du capital humain. En tout cas, comme vous le savez, je suis loin d’être un griot. Je n’en ai d’ailleurs pas les capacités. Mais je suis de ceux-là qui savent reconnaître la juste valeur des choses.

 

 

Si l’on ne travaille pas à réduire les prix d’accès au centre, il restera un éléphant blanc

 

 

Je m’efforce d’être objectif si fait que quand c’est bien, je le dis. Quand ce n’est pas bien aussi, je n’hésite pas à monter au créneau pour me faire entendre. Je n’aime pas la critique pour la critique. Cela dit, une chose est d’obtenir un centre de radiothérapie dans notre pays, une autre est de veiller à l’entretien des équipements ou matériels. C’est un défi qui est loin d’être gagné dans ce pays-là où les gens n’ont pas toujours le souci de l’entretien du bien public. C’est la caractéristique première des Burkinabè qui pensent qu’ils n’ont seulement que des droits et pas de devoirs. Sachons donc civisme garder. Car, très peu de pays dans la sous-région, disposent de pareil ouvrage de référence. C’est donc peu de dire qu’ils nous envient.  Autre défi à relever et qui semble déjà préoccuper,   c’est l’accessibilité au centre de radiothérapie. Car, comme ou le sait, la pauvreté est tellement partagée au Burkinabè Faso que si l’on ne travaille pas à réduire les prix d’accès au centre, il restera un éléphant blanc, c’est-à-dire une réalisation qui ne sert  rien. Et là, je me réjouis d’entendre le président du Faso dire qu’une réflexion sera menée dans ce sens afin de « permettre à ceux qui ont les moyens et à ceux qui n’en ont pas, de pouvoir se soigner dans ce centre ». Je souhaite donc que les choses aillent vite au grand bonheur des patients et de leurs familles respectives. Car, n’oublions surtout pas que l’accès aux soins de santé, est un droit reconnu à chaque citoyen, qu’il soit de Koumbri dans le Yatenga ou de Nampoanli dans le Gulmu ou encore de Ouakara dans le Mouhoun.

 

« Le Fou »

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